Maroc : éclairage LED, IA et interconnexion électrique, les avancées discrètes de juillet

Le Maroc accélère sa transition énergétique et numérique : Fès réduit de moitié sa consommation d'électricité grâce aux LED, tandis qu'un projet d'interconnexion électrique avec la France se précise.

Maroc : éclairage LED, IA et interconnexion électrique, les avancées discrètes de juillet
Photo de Raúl Cacho Oses sur Unsplash

Fès, ville pionnière de l’éclairage public intelligent

La ville de Fès a réduit de près de 50 % sa consommation d’électricité dédiée à l’éclairage public, selon les données présentées par la commune lors d’une rencontre sur le développement des villes intelligentes. Ce résultat, obtenu grâce au remplacement progressif des anciens lampadaires par des équipements LED, place la capitale spirituelle du Maroc en tête des municipalités engagées dans la transition énergétique.

Hadaf Bennis, chef du service de l’éclairage public, a indiqué que plus de 90 % des quartiers de Fès sont désormais équipés de cette technologie. L’objectif est d’étendre cette modernisation à l’ensemble de la ville d’ici la fin de l’année 2026, avec une généralisation totale prévue au plus tard en 2027. Outre les économies d’énergie, la commune met en avant une amélioration de la qualité de l’éclairage, avec des bénéfices directs pour la sécurité et le cadre de vie des habitants.

Ce projet s’inscrit dans une dynamique plus large de développement des smart cities au Maroc, où plusieurs villes, dont Casablanca et Rabat, expérimentent déjà des solutions similaires. À Fès, l’initiative s’accompagne d’une réflexion sur la gestion intelligente des réseaux, avec l’introduction progressive de capteurs et de systèmes de télégestion pour optimiser la consommation en temps réel.


L’interconnexion électrique Maroc-France franchit une étape clé

Le Premier ministre français, Sébastien Lecornu, a annoncé jeudi le lancement d’un appel à manifestation d’intérêt pour le projet d’interconnexion électrique entre le Maroc et la France. Baptisé « Pont de la Méditerranée », ce chantier vise à créer un lien direct entre les réseaux électriques des deux pays, permettant des échanges d’énergie renouvelable à grande échelle.

Lors de la 15ᵉ Réunion de haut niveau maroco-française, M. Lecornu a présenté ce projet comme l’un des « grands projets économiques destinés à intégrer les deux pays dans les mêmes chaînes de valeur ». Il a également souligné les investissements stratégiques réalisés par les entreprises françaises au Maroc, notamment dans les secteurs des transports, de l’énergie et des technologies de pointe.

Pour le Maroc, cette interconnexion représente une opportunité de valoriser son potentiel en énergies renouvelables, en particulier l’éolien et le solaire, tout en renforçant sa position de hub énergétique régional. Le projet s’inscrit dans la continuité des accords de coopération signés entre les deux pays ces dernières années, qui incluent déjà des partenariats dans le domaine de l’hydrogène vert et des infrastructures portuaires.


Le Maroc, 19ᵉ mondial pour sa préparation à l’externalisation de l’IA

Le Maroc se classe au 19ᵉ rang mondial dans l’indice Global Outsourcing AI Readiness Index 2026, publié par le cabinet Ataraxis. Ce classement évalue la capacité des pays à tirer parti de l’intelligence artificielle dans les activités d’externalisation, un secteur en pleine expansion à l’échelle internationale.

Le Royaume devance des pays comme le Ghana et le Kenya, et se positionne comme le 4ᵉ acteur africain dans ce domaine, derrière l’Afrique du Sud (8ᵉ), l’Égypte (16ᵉ) et le Nigeria. Ce résultat reflète les efforts déployés par le Maroc pour développer son écosystème numérique, avec des investissements ciblés dans les infrastructures, la formation et la régulation.

Plusieurs facteurs expliquent cette performance. D’une part, le Maroc dispose d’un vivier de talents dans les technologies de l’information, avec des écoles d’ingénieurs et des universités formant chaque année des milliers de diplômés en data science et en intelligence artificielle. D’autre part, le pays a mis en place des incitations fiscales et des zones franches dédiées aux entreprises technologiques, attirant des acteurs internationaux comme IBM, Microsoft et Oracle.

Enfin, le cadre réglementaire marocain, qui encadre progressivement l’utilisation de l’IA, offre une sécurité juridique aux investisseurs. Le gouvernement a lancé en 2025 une stratégie nationale pour l’intelligence artificielle, visant à positionner le Maroc comme un leader régional d’ici 2030.


Ce qu’il faut retenir

  1. Transition énergétique locale : Fès montre l’exemple en matière d’efficacité énergétique, avec une réduction de 50 % de sa consommation d’électricité grâce aux LED. Ce projet, presque achevé, pourrait servir de modèle à d’autres villes marocaines.
  2. Coopération franco-marocaine : Le projet d’interconnexion électrique « Pont de la Méditerranée » marque une nouvelle étape dans les relations économiques entre les deux pays. Il ouvre la voie à des échanges d’énergie renouvelable et renforce l’intégration des chaînes de valeur.
  3. Positionnement dans l’IA : Le Maroc confirme sa place parmi les leaders africains de l’externalisation de l’intelligence artificielle. Son classement au 19ᵉ rang mondial témoigne d’une stratégie ambitieuse, mais aussi des défis à relever pour attirer davantage d’investissements étrangers.

Ces avancées, bien que moins médiatisées que d’autres sujets d’actualité, dessinent les contours d’un Maroc en mouvement, où les enjeux énergétiques et technologiques occupent une place centrale.