Maroc : LED, IA et interconnexion électrique, les innovations qui transforment
Le Maroc accélère sa transition énergétique et numérique avec des projets concrets : éclairage LED à Fès, classement mondial en IA, et un pont électrique avec la France.
Fès divise par deux sa consommation d’énergie grâce aux LED
La ville de Fès a réduit de près de 50 % sa consommation d’électricité en modernisant son éclairage public. Selon les données communiquées par la commune, plus de 90 % des quartiers sont désormais équipés de lampadaires LED, un chantier présenté comme un modèle pour les villes intelligentes marocaines. Hadaf Bennis, chef du service de l’éclairage public, a indiqué que cette transition devrait être achevée d’ici fin 2026, avec une généralisation totale prévue au plus tard en 2027.
Ce projet s’inscrit dans une dynamique plus large de développement urbain durable. La technologie LED, en plus de réduire la facture énergétique, améliore la qualité de l’éclairage et limite la pollution lumineuse. Pour Fès, ces économies représentent un pas concret vers les objectifs nationaux de réduction des émissions de CO₂, alors que le Maroc mise sur les énergies renouvelables pour couvrir 52 % de ses besoins électriques d’ici 2030.
Le Maroc, 19ᵉ mondial pour l’outsourcing de l’IA
Le Maroc se positionne comme un acteur clé de l’intelligence artificielle en Afrique. Selon le Global Outsourcing AI Readiness Index 2026, publié par Ataraxis, le Royaume occupe la 19ᵉ place mondiale parmi les pays les plus préparés à exploiter l’IA dans les activités d’externalisation. Il devance le Ghana et suit le Kenya dans ce classement, qui évalue les infrastructures, les compétences et l’environnement réglementaire.
Ce résultat confirme les efforts du Maroc pour se doter d’un écosystème numérique compétitif. Le pays figure parmi les cinq leaders africains, aux côtés de l’Afrique du Sud (8ᵉ), de l’Égypte (16ᵉ) et du Nigeria. Cette performance s’explique par des investissements dans la formation, la connectivité et les partenariats internationaux, comme ceux annoncés avec des entreprises françaises dans le cadre de la 15ᵉ Réunion de haut niveau maroco-française.
Pourtant, des défis persistent. Si le Maroc attire des centres de données et des startups spécialisées, il doit encore renforcer son vivier de talents locaux et accélérer la digitalisation des PME. L’Agence de développement du digital (ADD) a d’ailleurs lancé plusieurs programmes pour former 10 000 experts en IA d’ici 2028, une étape cruciale pour consolider cette position.
Un pont électrique entre le Maroc et la France
La France et le Maroc ont franchi une étape majeure dans leur coopération énergétique. Sébastien Lecornu, Premier ministre français, a annoncé jeudi le lancement d’un appel à manifestation d’intérêt pour le projet d’interconnexion électrique Pont de la Méditerranée. Ce câble sous-marin, qui reliera les deux rives, vise à intégrer les réseaux électriques et à faciliter les échanges d’énergie renouvelable.
Le projet s’inscrit dans une stratégie plus large de sécurisation des approvisionnements et de transition écologique. Pour le Maroc, il représente une opportunité d’exporter son surplus d’électricité verte, notamment issu des centrales solaires et éoliennes. La France, de son côté, cherche à diversifier ses sources d’énergie dans un contexte de sortie progressive des énergies fossiles.
Les défis techniques et financiers restent importants. Le coût estimé du projet dépasse le milliard d’euros, et sa réalisation nécessitera des accords sur les tarifs et la régulation des flux. Pourtant, les deux pays y voient un levier pour renforcer leur souveraineté énergétique et accélérer leur décarbonation. Une première mise en service partielle est envisagée d’ici 2030, avec une capacité initiale de 700 MW.
Ce qu’il faut retenir
Le Maroc mise sur trois leviers pour moderniser son économie : l’efficacité énergétique, l’intelligence artificielle et les infrastructures transnationales. À Fès, la transition vers l’éclairage LED montre que les villes peuvent réduire leur empreinte carbone tout en réalisant des économies. Sur le plan numérique, le classement du Maroc dans l’outsourcing de l’IA reflète une ambition, mais aussi la nécessité de former davantage de talents locaux. Enfin, le projet Pont de la Méditerranée illustre une volonté de positionner le Royaume comme un hub énergétique régional, capable d’exporter son savoir-faire en énergies renouvelables.
Ces initiatives s’inscrivent dans une vision à long terme, où innovation et durabilité se renforcent mutuellement. Reste à voir comment le Maroc parviendra à concilier ces avancées avec les défis sociaux et économiques du pays, notamment en matière d’emploi et d’inclusion numérique.