Maroc : inondations, pouvoir d’achat et réseaux sociaux, les défis du 15 septembre
Entre travaux de protection à Taza, tensions sur les prix à Marrakech et domination de WhatsApp, le Maroc affronte des enjeux climatiques, économiques et numériques ce 15 septembre.
Taza se protège contre les inondations : 27,6 millions de dirhams pour un projet urgent
La ville de Taza va bénéficier d’un investissement de 27,6 millions de dirhams (MDH) pour renforcer sa protection contre les inondations, annonce l’Agence du Bassin Hydraulique du Sebou (ABHS). Ce projet, lancé via un appel d’offres, vise à sécuriser les berges de l’Oued Jaouna et à réhabiliter les ouvrages existants, dans le cadre d’une convention multipartite. Les travaux incluront la construction d’ouvrages en béton armé et l’aménagement des berges, des mesures jugées indispensables après des années de vulnérabilité face aux crues.
Pour les habitants de Taza, cette initiative représente un soulagement. La ville, située dans une zone exposée aux précipitations intenses, a subi à plusieurs reprises des dégâts matériels et des perturbations majeures. L’ABHS, maître d’ouvrage du projet, souligne que ces aménagements s’inscrivent dans une stratégie plus large de gestion des risques climatiques, alors que le Maroc fait face à une multiplication des phénomènes extrêmes.
Marrakech : les prix des denrées alimentaires sous surveillance
À Marrakech, des citoyens dénoncent une hausse des prix de certains produits de base dans les épiceries, avec des augmentations allant jusqu’à 1,5 dirham par article. Les plaintes se concentrent particulièrement autour du Centre hospitalier universitaire Mohammed VI et du quartier de Chrifia, où les consommateurs réclament un renforcement des contrôles. Selon les témoignages recueillis par Kech24, ces hausses, bien que modestes, pèsent sur des budgets déjà fragilisés par l’inflation.
Les appels à l’intervention des autorités se multiplient, avec des demandes de vérification des factures et des marges bénéficiaires. Les habitants suggèrent la création de commissions de surveillance pour éviter les abus, dans un contexte où le pouvoir d’achat reste une préoccupation majeure. Si aucune hausse généralisée n’a été officiellement confirmée, ces signalements rappellent la sensibilité des Marocains aux fluctuations des prix, surtout dans les zones urbaines où les dépenses alimentaires représentent une part importante du budget familial.
WhatsApp domine toujours, mais TikTok progresse rapidement
Au Maroc, WhatsApp conserve sa place de réseau social le plus utilisé, avec 83 % des internautes déclarant l’utiliser en 2026, selon le Baromètre des réseaux sociaux publié par Sunergia. Facebook suit, mais avec un taux d’usage en baisse (68 %), tandis que TikTok et Snapchat gagnent du terrain, reflétant une préférence croissante pour les formats courts et visuels.
Cette évolution des usages numériques illustre un changement dans les habitudes de communication. WhatsApp, utilisé pour les échanges privés et professionnels, reste incontournable, mais les plateformes comme TikTok séduisent une jeunesse en quête de divertissement et d’interactions plus dynamiques. Pour les entreprises et les acteurs politiques, cette diversification des canaux impose une adaptation des stratégies de communication, alors que les élections législatives du 23 septembre approchent.
Campagne électorale : le RNI mise sur le terrain
À quelques jours du scrutin législatif, le Rassemblement national des indépendants (RNI) intensifie sa campagne, avec des meetings dans tout le pays. Aziz Akhannouch, chef du gouvernement et membre du bureau politique du parti, a récemment souligné les réalisations des cinq dernières années lors d’un déplacement à Mazouda (province de Chichaoua). Le RNI met en avant ses réformes sociales et économiques, tout en insistant sur leur impact local, comme à Chichaoua, où des projets de développement ont été menés.
Cette stratégie de proximité vise à mobiliser les électeurs en rappelant les avancées concrètes, dans un contexte où les enjeux économiques et sociaux dominent les débats. Le parti, qui cherche à conserver sa majorité, mise sur une campagne axée sur les résultats plutôt que sur les promesses, une approche qui contraste avec celle d’autres formations, comme le Parti démocratique national (PDN), qui défend une ligne libérale-sociale et une rupture avec les pratiques politiques traditionnelles.
Ce qu’il faut retenir
Le Maroc fait face à des défis multiples ce 15 septembre, entre urgence climatique, tensions économiques et mutations numériques. Les travaux de protection contre les inondations à Taza montrent une prise de conscience des risques liés aux phénomènes extrêmes, tandis que les signalements de hausses de prix à Marrakech rappellent la fragilité du pouvoir d’achat. Sur le plan numérique, WhatsApp reste dominant, mais l’essor de TikTok et Snapchat reflète une évolution des usages, avec des implications pour la communication politique et commerciale. Enfin, la campagne électorale bat son plein, avec des partis comme le RNI et le PDN qui misent sur des stratégies distinctes pour convaincre les électeurs.