Dawajine 2026 : le Maroc mise sur l'innovation avicole pour 2030
Le salon Dawajine 2026 à El Jadida réunira 200 exposants et 12 000 visiteurs pour préparer la filière avicole marocaine aux défis de 2030. Focus sur les enjeux technologiques et économiques.
Un salon stratégique pour l'autosuffisance alimentaire
Le Maroc s'apprête à accueillir la 27ᵉ édition du Salon international de l'aviculture (Dawajine 2026) du 3 au 5 novembre à El Jadida, sous le Haut Patronage du Roi Mohammed VI. Cet événement, organisé par la Fédération interprofessionnelle du secteur avicole (FISA), s'annonce comme un tournant pour une filière confrontée à des défis structurels. Avec 200 exposants et 12 000 visiteurs attendus, le salon se positionne comme un laboratoire d'innovations pour atteindre les objectifs fixés à l'horizon 2030.
La filière avicole marocaine, qui représente près de 50 % de la consommation nationale de protéines animales, fait face à une pression croissante. Entre volatilité des prix des matières premières, concurrence internationale et exigences sanitaires, les acteurs du secteur doivent repenser leurs modèles. "Le thème 'Le secteur avicole marocain au rendez-vous de 2030' n'est pas anodin", souligne un responsable de la FISA. "Il s'agit de préparer la filière à une transformation profonde, où la technologie et l'innovation joueront un rôle clé."
L'innovation au cœur des enjeux économiques
Parmi les innovations attendues à Dawajine 2026, plusieurs axes se dégagent. D'abord, l'automatisation des processus de production, qui permettrait de réduire les coûts et d'améliorer la traçabilité. Des entreprises marocaines et internationales présenteront des solutions de monitoring en temps réel des élevages, utilisant l'intelligence artificielle pour prévenir les maladies et optimiser l'alimentation des volailles.
Ensuite, la question de l'alimentation durable des volailles sera centrale. Avec des prix des céréales soumis aux aléas climatiques et géopolitiques, les professionnels cherchent des alternatives locales. "La substitution partielle des importations de soja par des protéines végétales produites localement est un enjeu majeur", explique un expert du secteur. Des start-ups marocaines devraient présenter des solutions à base de légumineuses ou d'insectes, moins gourmandes en eau et en terres arables.
Enfin, la digitalisation de la chaîne de valeur sera mise en avant. De la gestion des stocks à la logistique, en passant par la relation avec les consommateurs, les outils numériques pourraient permettre une meilleure résilience face aux chocs externes. "L'objectif est de créer un écosystème plus intégré, où chaque maillon de la chaîne communique et s'adapte en temps réel", précise un exposant.
Un secteur clé pour la souveraineté alimentaire
Le choix d'El Jadida comme ville hôte n'est pas fortuit. La région de Doukkala-Abda, dont elle est la capitale, est l'un des principaux bassins de production avicole du pays. Elle illustre les défis auxquels fait face le secteur : une concentration géographique qui expose aux risques sanitaires, une dépendance aux importations de matières premières, et une concurrence accrue des produits étrangers.
Le salon intervient dans un contexte particulier. Les élections législatives du 23 septembre ont placé la question de la souveraineté alimentaire au cœur des débats. Le Parti Authenticité et Modernité (PAM), arrivé en tête, a fait de l'agriculture un pilier de son programme économique. "La filière avicole est un levier essentiel pour réduire notre dépendance aux importations de viande et d'œufs", estime un économiste. "Son développement passe nécessairement par l'innovation et la modernisation."
Ce qu'il faut retenir
Dawajine 2026 ne sera pas un simple salon professionnel. Il marquera une étape dans la transformation d'une filière stratégique pour le Maroc. Entre défis climatiques, pression sur les ressources et exigences des consommateurs, l'innovation apparaît comme la seule voie pour assurer la pérennité du secteur.
Les attentes sont élevées : des solutions concrètes pour réduire les coûts de production, améliorer la qualité sanitaire et répondre aux nouvelles normes environnementales. Si le salon tient ses promesses, il pourrait donner un coup d'accélérateur à une filière qui emploie directement et indirectement plus de 300 000 personnes.
Reste à savoir si ces innovations parviendront à se diffuser rapidement auprès des petits et moyens éleveurs, qui représentent une part importante du secteur. C'est l'un des défis que devront relever les organisateurs et les pouvoirs publics dans les mois à venir.