Hydrogène vert et Tbourida : le Maroc cultive ses atouts culturels et énergétiques

Le Maroc se positionne comme leader africain de l'hydrogène vert, tandis que la Tbourida suscite des débats sur son instrumentalisation politique. Deux facettes d'un pays en mouvement.

Hydrogène vert et Tbourida : le Maroc cultive ses atouts culturels et énergétiques
Photo de Philip Strong sur Unsplash

L’hydrogène vert, nouveau pilier de la souveraineté énergétique marocaine

Le Maroc confirme son ambition de devenir un acteur majeur de la transition énergétique en Afrique. Selon un rapport de l’Unité de recherche sur l’énergie, le royaume figure parmi les trois pays du continent appelés à produire plus de 80 % de l’hydrogène propre africain d’ici à 2030. Une projection qui s’appuie sur les 31 projets actuellement en développement sur le territoire, avec un objectif de production estimé à 1,2 million de tonnes par an.

Cette dynamique s’inscrit dans une stratégie plus large de diversification énergétique, alors que le pays mise déjà sur les énergies renouvelables pour réduire sa dépendance aux hydrocarbures. Le rapport souligne cependant que cette transition ne sera effective qu’à condition que les infrastructures nécessaires soient déployées dans les délais. Une équation complexe, alors que les investissements internationaux affluent mais que les disparités territoriales persistent.

Pour le Maroc, l’enjeu est double : sécuriser son approvisionnement énergétique tout en se positionnant comme un fournisseur clé pour l’Europe, en quête d’alternatives au gaz russe. Une opportunité économique, mais aussi géopolitique, qui pourrait redessiner les équilibres régionaux.


Tbourida : entre patrimoine et instrumentalisation politique

La Tbourida, cet art équestre traditionnel marocain, est au cœur d’une polémique qui dépasse le cadre culturel. Un festival prévu fin juillet dans la commune d’Akfaï, près de Marrakech, a été dénoncé par la Fédération Al Manara pour la fantasia et l’élevage équin, qui y voit une manœuvre électorale déguisée. Dans une lettre adressée au wali de la région Marrakech-Safi, la fédération demande l’annulation de l’événement, arguant qu’il pourrait servir de tribune politique à l’approche des prochaines échéances électorales.

Le débat révèle les tensions autour de la patrimonialisation des traditions marocaines. La Tbourida, inscrite au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO depuis 2021, est devenue un symbole de fierté nationale, mais aussi un enjeu de pouvoir local. Les associations organisatrices, comme celle des cavaliers d’Akfaï Aït Imour, bénéficient du soutien des autorités communales, ce qui alimente les suspicions d’instrumentalisation.

Cette controverse pose une question plus large : comment concilier préservation du patrimoine et neutralité politique ? Dans un contexte où les festivals culturels se multiplient, la frontière entre célébration traditionnelle et calcul électoral devient de plus en plus floue.


Mondial 2026 : la chaleur, adversaire invisible des Lions de l’Atlas

La qualification historique du Maroc pour les quarts de finale de la Coupe du monde 2026 a été saluée par la presse internationale, mais les défis qui attendent les Lions de l’Atlas dépassent le cadre sportif. À Houston, Atlanta ou Miami, les températures dépassent régulièrement les 35 degrés, avec un taux d’humidité élevé qui transforme chaque match en épreuve physique.

Pour les préparateurs physiques, la gestion du stress thermique est devenue une priorité. Déshydratation, fatigue prématurée, risques de coup de chaleur : les staffs médicaux doivent adapter leurs protocoles pour préserver les joueurs. Un défi d’autant plus complexe que les conditions varient d’une ville à l’autre, obligeant les équipes à des stratégies sur mesure.

Cette problématique climatique n’est pas nouvelle pour le Maroc, habitué aux étés caniculaires. Mais elle prend une dimension particulière dans un Mondial organisé en Amérique du Nord, où les infrastructures sportives ne sont pas toujours conçues pour atténuer les effets de la chaleur. Pour les Lions de l’Atlas, la bataille se jouera autant sur le terrain que dans les vestiaires.


Ce qu’il faut retenir

Le Maroc se trouve à la croisée de plusieurs dynamiques. Sur le plan énergétique, son leadership dans l’hydrogène vert pourrait lui offrir une place centrale dans la transition écologique africaine, à condition de surmonter les défis logistiques et territoriaux. Sur le plan culturel, la Tbourida illustre les tensions entre préservation du patrimoine et récupération politique, un équilibre délicat à maintenir. Enfin, sur la scène sportive, la Coupe du monde 2026 met en lumière les nouveaux enjeux climatiques du football, où la performance dépend désormais autant de la tactique que de la résistance physique.

Ces trois fronts reflètent les contradictions d’un pays en pleine mutation, où tradition et modernité se heurtent parfois, mais où les opportunités restent immenses.