Maroc : football féminin, mobilité électrique et patrimoine en mouvement
Le Maroc accélère dans la mobilité électrique et le football féminin, tandis que Marrakech renforce son attractivité touristique. Trois dynamiques qui dessinent les contours culturels et environnementaux du pays.
Le Malawi et le Nigeria redessinent la CAN féminine à Rabat
La Coupe d’Afrique des nations féminine, qui se déroule au Maroc jusqu’au 23 août, a connu un week-end décisif pour les ambitions des équipes en lice. Le Malawi, souvent considéré comme un outsider, s’est imposé face à l’Égypte (3-1) samedi au stade Moulay El Hassan de Rabat, prenant la tête du groupe C avec six points. Une performance d’autant plus remarquée que les Malawites avaient déjà battu le Nigeria lors de la première journée. Leur attaquante Temwa Chawinga, auteure d’un but, confirme son statut de joueuse à suivre dans ce tournoi.
Le Nigeria, finaliste malheureux de l’édition 2022, a quant à lui remporté une victoire étroite contre la Zambie (1-0), grâce à un but d’Asisat Oshoala dès la 8e minute. Malgré ce succès, les Super Falcons restent à la traîne dans un groupe où le Malawi semble avoir pris une longueur d’avance. Pour le Maroc, pays hôte, ces résultats compliquent la donne : les Lionnes de l’Atlas, qui entament leur campagne mardi contre l’Égypte, devront composer avec une concurrence accrue pour espérer dépasser les quarts de finale, un objectif déjà ambitieux.
La Fédération royale marocaine de football (FRMF) a salué, dans un communiqué publié samedi, la décision de la FIFA de retirer son projet Forward Entreprise, une réforme controversée des programmes de développement. Une prise de position qui reflète la volonté du Maroc de préserver les acquis du football africain, tout en évitant les divisions au sein de la confédération. "L’unité de la grande famille du football prime", a souligné Fouzi Lekjaa, président de la FRMF, rappelant que les progrès réalisés ces dernières années – notamment en matière d’infrastructures et de formation – doivent être consolidés.
L’industrie automobile marocaine mise sur la mobilité électrique
Le Maroc accélère sa transition vers les segments haut de gamme de la mobilité électrique, selon une analyse de l’organisme espagnol ICEX. Le Royaume ne se contente plus d’être un hub d’assemblage pour les constructeurs européens : il ambitionne désormais de maîtriser des composants stratégiques comme les batteries, les cathodes, les systèmes électroniques et les câblages haute tension. Une évolution qui pourrait renforcer son poids dans la chaîne de valeur automobile, alors que l’Europe prépare l’interdiction des moteurs thermiques à l’horizon 2035.
Avec 15 milliards d’euros de recettes à l’export en 2024, le secteur automobile représente déjà un tiers des exportations marocaines. Mais cette montée en gamme industrielle s’accompagne de défis logistiques et technologiques. Le pays devra notamment attirer des investissements dans la recherche et développement, tout en formant une main-d’œuvre qualifiée pour répondre aux exigences des nouveaux marchés. Les annonces récentes de partenariats avec des équipementiers internationaux laissent entrevoir une accélération de cette dynamique, même si le Maroc reste encore dépendant des transferts de technologie étrangers.
Cette stratégie s’inscrit dans une vision plus large de transition énergétique, où le Royaume mise à la fois sur les énergies renouvelables (hydrogène vert, solaire) et sur une industrie automobile décarbonée. Un pari qui pourrait positionner le Maroc comme un acteur clé de la mobilité durable en Afrique et en Méditerranée.
Marrakech, porte d’entrée touristique du Maroc
L’aéroport Marrakech-Menara a enregistré une hausse significative de son trafic pendant l’été 2026, confirmant son statut de première destination touristique du pays. Selon les données officielles de l’Office national des aéroports (ONDA), le nombre de vols internationaux a augmenté de 11 % entre juin et juillet par rapport à la même période en 2025, avec 546 rotations hebdomadaires. La capacité en sièges a quant à elle progressé de près de 10 %, pour atteindre 108 348 places par semaine.
La France reste le premier marché émetteur, mais d’autres pays européens – comme l’Allemagne, le Royaume-Uni et l’Espagne – contribuent à cette dynamique. Les vols intérieurs, bien que moins nombreux, ont également connu une progression, avec 51 rotations par semaine contre 42 l’an dernier. Cette croissance s’explique en partie par la diversification de l’offre touristique marocaine, qui mise désormais sur des segments comme l’écotourisme, le bien-être et les événements culturels.
Le Conseil régional du tourisme de Marrakech-Safi a salué ces résultats, tout en soulignant les défis à relever pour absorber cette affluence. Les infrastructures hôtelières et les transports urbains devront suivre le rythme, sous peine de voir la qualité de l’accueil se dégrader. Une équation complexe, alors que la ville prépare déjà l’accueil de grands événements internationaux, comme la COP33 sur le climat prévue en 2027.
Ce qu’il faut retenir
Trois dynamiques se dégagent ce dimanche, chacune illustrant une facette des priorités marocaines. Sur le plan sportif, la CAN féminine 2026 offre au pays une vitrine pour son football, mais aussi pour son modèle d’organisation. Les performances du Malawi et du Nigeria rappellent que le continent africain regorge de talents, souvent sous-estimés. Pour le Maroc, l’enjeu est double : réussir son tournoi à domicile tout en consolidant sa place dans le paysage footballistique africain.
Sur le front industriel, la montée en puissance de la filière automobile électrique confirme que le Royaume ne se contente plus d’être un sous-traitant. En misant sur des composants à haute valeur ajoutée, il cherche à s’imposer comme un partenaire incontournable de l’Europe dans la transition énergétique. Une stratégie risquée, mais qui pourrait payer à long terme si les investissements suivent.
Enfin, Marrakech incarne la résilience du tourisme marocain, malgré les tensions géopolitiques et les défis climatiques. La ville, qui a su se réinventer après la pandémie, mise désormais sur une offre diversifiée pour attirer une clientèle internationale. Reste à savoir si les infrastructures locales pourront absorber cette croissance sans sacrifier la qualité de l’expérience touristique.