Maroc : emploi itinérant, langue arabe et déchets, les territoires en mouvement

Le Maroc déploie des dispositifs innovants pour l'emploi dans le Haut Atlas, tandis que l'Andalousie met fin à un programme d'enseignement de l'arabe. Gestion des déchets et dynamiques territoriales complètent le tableau.

Maroc : emploi itinérant, langue arabe et déchets, les territoires en mouvement
Photo de Sohaib Ghyasi sur Unsplash

Un dispositif itinérant pour l'emploi dans le Haut Atlas

Le Maroc expérimente une approche concrète pour réduire les fractures territoriales en matière d'emploi. Un dispositif itinérant dédié à l'entrepreneuriat et au recrutement sera déployé dans les provinces du Haut Atlas, ciblant particulièrement les jeunes et les femmes éloignés des bassins d'emploi traditionnels. Cette initiative, qui combinera ateliers pratiques et rencontres avec des entreprises locales, sillonnera Taroudant, Al Haouz, Chichaoua et la préfecture de Marrakech.

Selon les informations recueillies, cette caravane itinérante vise à apporter des services d'orientation, de formation et de recrutement directement dans les zones rurales et montagneuses. L'objectif est double : rapprocher les opportunités économiques des populations locales et stimuler l'activité entrepreneuriale dans des territoires souvent marginalisés.

Cette approche s'inscrit dans une dynamique plus large de rééquilibrage territorial. Comme le soulignait récemment un éditorial d'Aujourd'hui le Maroc, les cartes économiques du pays sont en train de se redessiner. Des provinces comme Al Haouz, El Jadida ou Rehamna, traditionnellement moins associées aux grands projets, figurent désormais parmi les bénéficiaires des investissements validés par la Commission nationale des investissements.


L'Andalousie tourne la page de l'enseignement de l'arabe

L'Espagne marque un tournant dans sa relation avec la langue arabe et la culture marocaine. L'Andalousie a annoncé la fin du Programme de langue arabe et de culture marocaine (PLACM) dans les écoles publiques à partir de la rentrée 2027-2028. Cette décision, actée dans l'accord politique ayant permis la formation du nouvel exécutif régional, met un terme à un dispositif en place depuis 1985.

Le PLACM, issu d'un accord de coopération culturelle signé entre le Maroc et l'Espagne en 1980, permettait aux élèves d'origine marocaine - ainsi qu'à tout élève intéressé - de suivre des cours d'arabe et de culture marocaine en dehors du cursus scolaire classique. Ce programme, unique en Europe, représentait un pont culturel et linguistique entre les deux pays.

La suppression de ce dispositif intervient dans un contexte politique particulier. Le gouvernement andalou, formé par le Parti populaire avec le soutien de Vox, semble vouloir rompre avec certaines politiques d'intégration mises en place par les précédents exécutifs. Cette décision pourrait avoir des répercussions sur les communautés marocaines installées en Andalousie, qui représentent une part importante de la population immigrée dans la région.


Marrakech face à ses déchets : un défi environnemental et social

La gestion des déchets urbains à Marrakech révèle les tensions entre développement touristique et qualité de vie des habitants. Dans le quartier d'Askjour, les riverains dénoncent une situation devenue "intolérable" autour du collège Atlas, où les déchets s'accumulent et les odeurs nauséabondes persistent. Une association locale a adressé une plainte officielle à l'omda de la ville, pointant du doigt les défaillances de la société chargée de la collecte.

Ce problème n'est pas isolé. Il reflète des enjeux plus larges de gouvernance urbaine et de répartition des ressources dans une ville en pleine expansion. Le cas d'Askjour illustre particulièrement les défis posés par la croissance rapide de certains quartiers, où les infrastructures peinent à suivre le rythme de l'urbanisation.

Parallèlement, Marrakech s'apprête à tourner une page importante de son histoire urbaine avec l'ouverture prochaine de la nouvelle gare routière d'El Azzouzia. Ce projet, d'un coût de 60 millions de dirhams, vise à remplacer l'ancienne station de Bab Dekkala, critiquée pour son manque d'organisation et son impact négatif sur l'image touristique de la ville. L'ouverture, prévue pour mi-juillet, coïncidera avec le pic de la saison estivale, un test crucial pour cette infrastructure moderne.


Ce qu'il faut retenir

  1. L'emploi itinérant : Le Maroc teste une approche innovante pour rapprocher les opportunités économiques des populations rurales et montagneuses. Cette initiative s'inscrit dans une dynamique plus large de rééquilibrage territorial, où des provinces traditionnellement marginalisées deviennent des pôles d'investissement.
  2. La langue arabe en Andalousie : La suppression du programme d'enseignement de l'arabe dans les écoles publiques andalouses marque un tournant dans les relations culturelles entre le Maroc et l'Espagne. Cette décision politique pourrait affecter les communautés marocaines installées en Andalousie.
  3. Les défis urbains de Marrakech : Entre gestion des déchets et modernisation des infrastructures, la ville ocre illustre les tensions entre développement touristique et qualité de vie des habitants. Ces enjeux reflètent des problématiques plus larges de gouvernance urbaine au Maroc.
  4. Une géographie économique en mutation : Les investissements récents dans des provinces comme Al Haouz ou Rehamna montrent que le Maroc cherche à diversifier ses pôles économiques, au-delà des traditionnels centres urbains et industriels.

Ces évolutions dessinent un pays en mouvement, où les dynamiques territoriales, culturelles et sociales s'entremêlent pour façonner le Maroc de demain.