Maroc : élections, mobilité et crise yéménite, les équilibres sociétaux du 19 septembre
À quatre jours des législatives, le PPS appelle au "vote sanction" tandis que Marrakech enregistre une hausse de 10% des nuitées touristiques. La crise humanitaire au Yémen s'aggrave avec 112.000 déplacés en deux semaines.
Législatives 2026 : le PPS mise sur le "vote sanction" pour bousculer les rapports de force
À quatre jours du scrutin législatif du 23 septembre, le Parti du progrès et du socialisme (PPS) a lancé vendredi un appel vibrant à la mobilisation électorale. Son secrétaire général, Mohammed Nabil Benabdallah, a exhorté les électeurs à transformer leur mécontentement en "vote sanction", lors d'une intervention dans l'émission "La voie vers les élections 2026" de Hespress. "Votez, votez, votez", a-t-il martelé, soulignant que l'abstention ne ferait que perpétuer les dynamiques politiques existantes sans modifier les équilibres.
Le PPS affiche une ambition pouvant aller jusqu'à une cinquantaine de sièges, tout en posant ses conditions pour une éventuelle participation gouvernementale. Cette stratégie intervient dans un contexte où les sondages, bien que non publiés officiellement, suggèrent une forte volatilité de l'électorat. Selon des observateurs politiques cités par plusieurs médias locaux, le mécontentement lié aux questions économiques et sociales pourrait effectivement se traduire par un vote protestataire, notamment dans les grandes villes comme Casablanca et Rabat.
La campagne électorale, qui entre dans sa phase finale, se caractérise par une polarisation accrue entre les principaux partis. Le Rassemblement national des indépendants (RNI) du Premier ministre Aziz Akhannouch, au pouvoir depuis 2021, mise sur son bilan économique, tandis que le Parti authenticité et modernité (PAM) tente de capitaliser sur les questions de gouvernance. Dans ce paysage, le PPS cherche à se positionner comme une force de proposition alternative, notamment sur les questions sociales et environnementales.
Marrakech confirme son attractivité touristique malgré les défis climatiques
L'Observatoire du tourisme a publié vendredi des chiffres encourageants pour la destination Marrakech. À fin juillet 2026, la Cité Ocre a enregistré 8,27 millions de nuitées dans ses établissements d'hébergement touristique classés (EHTC), soit une progression de 10% par rapport à la même période en 2025. Ces résultats représentent 32% des nuitées réalisées à l'échelle nationale, confirmant le statut de Marrakech comme locomotive du secteur touristique marocain.
Le taux d'occupation s'est établi à 70% sur les sept premiers mois de l'année, en hausse d'un point par rapport à 2025. Pour le seul mois de juillet, les EHTC de Marrakech ont enregistré plus de 1,1 million de nuitées (+11%), avec un taux d'occupation de 63%. Ces performances interviennent dans un contexte marqué par des conditions météorologiques contrastées, avec des températures élevées et des épisodes orageux dans certaines régions du pays.
Plusieurs facteurs expliquent cette dynamique positive. D'abord, la diversification de l'offre touristique marocaine, avec le développement de segments comme l'écotourisme et le tourisme culturel. Ensuite, la stratégie de promotion internationale menée par le ministère du Tourisme, qui a mis l'accent sur des marchés émergents en Asie et en Amérique latine. Enfin, l'amélioration des infrastructures aéroportuaires et routières a facilité l'accès à la destination.
Cependant, ces bons résultats s'accompagnent de défis persistants. La pression sur les ressources en eau, exacerbée par les épisodes de sécheresse récurrents, reste une préoccupation majeure pour les acteurs du secteur. Plusieurs hôtels ont d'ailleurs mis en place des systèmes de gestion durable de l'eau, en collaboration avec les autorités locales. Par ailleurs, la concurrence accrue d'autres destinations méditerranéennes et africaines impose une vigilance constante sur la compétitivité-prix et la qualité de l'offre.
La crise yéménite s'aggrave : 112.000 déplacés en deux semaines
L'escalade des hostilités au Yémen a provoqué une crise humanitaire majeure, selon plusieurs agences des Nations Unies. En l'espace de deux semaines, plus de 112.000 personnes ont été déplacées à l'intérieur du pays, tandis que près de 3.000 réfugiés ont traversé le golfe d'Aden pour rejoindre Djibouti. Cette situation intervient alors que les stocks humanitaires sont au bord de la rupture, selon les alertes lancées vendredi par l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) et d'autres acteurs humanitaires.
Les combats se sont intensifiés sur la côte ouest et dans le gouvernorat de Taïz, entraînant des déplacements massifs de populations. Les axes routiers sont coupés, les réseaux de communication interrompus, et l'accès aux zones de combat est strictement restreint. Cette nouvelle vague de violence survient dans un contexte déjà marqué par une crise humanitaire prolongée, avec des millions de Yéménites dépendant de l'aide internationale pour leur survie.
La communauté internationale a réagi avec inquiétude à cette détérioration. Plusieurs pays, dont le Maroc, ont appelé à un cessez-le-feu immédiat et à la reprise des négociations de paix. Le royaume a d'ailleurs annoncé vendredi une contribution supplémentaire de 2 millions de dollars au Fonds humanitaire des Nations Unies pour le Yémen, s'ajoutant aux 5 millions déjà engagés depuis le début de l'année.
Cette crise humanitaire a des répercussions régionales, notamment en termes de sécurité et de stabilité. Les flux migratoires vers la Corne de l'Afrique, déjà importants, pourraient s'intensifier dans les prochains mois. Par ailleurs, la situation au Yémen reste un sujet de préoccupation pour les pays du Golfe et le Maghreb, qui suivent de près les développements géopolitiques dans la région.
Mobilité électrique : AVATR fait son entrée sur le marché marocain
Le constructeur chinois AVATR Technology a officiellement lancé sa marque au Maroc, avec l'introduction de trois modèles : l'AVATR 12, l'AVATR 11 et l'AVATR 07. Ce lancement marque une nouvelle étape dans le développement du marché de la mobilité électrique au Maroc, avec une offre qui combine véhicules 100% électriques et un modèle hybride rechargeable.
La gamme proposée comprend un SUV haut de gamme (AVATR 12), un grand coupé électrique (AVATR 11) et un SUV urbain de luxe (AVATR 07). Cette diversification répond aux spécificités du marché marocain, où les longues distances entre les villes et le développement progressif du réseau de recharge imposent des solutions adaptées. L'AVATR 07, avec son prolongateur d'autonomie, pourrait particulièrement séduire les conducteurs soucieux de l'autonomie.
Ce lancement s'inscrit dans une dynamique plus large de développement de la mobilité électrique au Maroc. Le pays a fixé des objectifs ambitieux en matière de transition énergétique, avec notamment l'objectif de 300.000 véhicules électriques en circulation d'ici 2030. Plusieurs mesures incitatives ont été mises en place, comme des exonérations fiscales pour l'achat de véhicules électriques et le développement d'infrastructures de recharge.
Cependant, des défis persistent. Le coût élevé des véhicules électriques reste un frein pour de nombreux consommateurs, malgré les incitations fiscales. Par ailleurs, le réseau de recharge, bien qu'en expansion, reste inégalement réparti sur le territoire, avec une concentration dans les grandes villes et les axes routiers principaux. Enfin, la question de l'origine de l'électricité utilisée pour recharger ces véhicules se pose, alors que le Maroc développe massivement ses capacités en énergies renouvelables.
L'arrivée d'AVATR sur le marché marocain pourrait accélérer la concurrence dans le segment des véhicules électriques haut de gamme, jusqu'à présent dominé par des marques européennes et américaines. Cette diversification de l'offre pourrait contribuer à rendre la mobilité électrique plus accessible, tout en stimulant l'innovation dans le secteur.