Maroc : eau, patrimoine et régulation, les défis du 12 août 2026

Dessalement, gestion des berges et vigilance financière : trois enjeux structurants pour le Maroc, entre souveraineté hydrique et préservation des espaces publics.

Maroc : eau, patrimoine et régulation, les défis du 12 août 2026
Photo de Lesly Derksen sur Unsplash

Le Maroc aborde ce mercredi 12 août 2026 une série de défis qui mêlent enjeux environnementaux, patrimoniaux et économiques. Entre les ambitions industrielles du groupe OCP en matière de dessalement, les tensions autour de la gestion des berges de l’Ourika et le renforcement des obligations de vigilance pour les holdings offshore, trois dossiers illustrent les arbitrages auxquels le pays est confronté.


Dessalement : OCP accélère pour sécuriser l’eau industrielle et potable

Le groupe OCP a obtenu l’aval des autorités pour créer deux filiales spécialisées dans le dessalement de l’eau de mer, une décision officialisée au Bulletin officiel. Ces entités, baptisées OCP Green Water, visent à approvisionner en eau industrielle et potable les régions de Marrakech, Youssoufia, Safi, Benguerir, Khouribga, El Jadida, Jorf Lasfar et Casablanca. Selon Aujourd’hui le Maroc, cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large de « souveraineté hydrique », alors que le Maroc fait face à des épisodes de sécheresse récurrents.

L’approche du groupe, initialement motivée par ses propres besoins industriels, a évolué vers une solution plus globale. « Le recours aux eaux non conventionnelles, puis au dessalement, a permis de réduire la pression sur les ressources conventionnelles », souligne un éditorial du même média. Aujourd’hui, OCP fournit déjà plusieurs villes en eau potable, une diversification qui répond à une logique de résilience plutôt qu’à une simple stratégie de croissance.

Cette expansion intervient dans un contexte où les infrastructures hydrauliques du pays sont mises à rude épreuve. Les prévisions météorologiques pour ce 12 août, établies par la Direction générale de la météorologie, annoncent des températures élevées dans le Sud-Est, l’Est et les provinces sahariennes, ainsi que des averses orageuses sur l’Atlas et l’Oriental. Des conditions qui exacerbent les tensions sur les ressources en eau, déjà fragilisées par les changements climatiques.


Ourika : des redevances contestées et une gestion des berges sous tension

À une cinquantaine de kilomètres de Marrakech, la station d’Ourika cristallise les tensions autour de l’exploitation des espaces naturels. L’Association marocaine pour la protection et l’orientation du consommateur de la région Marrakech-Safi dénonce des « pratiques anarchiques » et une hausse jugée « exorbitante » des tarifs de stationnement, qui atteindraient jusqu’à 20 dirhams. Dans un communiqué, l’association évoque des « formes de cupidité » et une « exploitation anarchique » des berges, où les visiteurs sont soumis à des redevances perçues comme illégales.

Le problème dépasse la simple question tarifaire. Les berges de l’Ourika, soumises à une pression touristique croissante, souffrent d’une occupation désordonnée de l’espace public. Les autorités locales ont annoncé le lancement, ce mercredi, d’une opération d’évacuation des vendeurs ambulants et des activités informelles autour du stade El Qanassoli et du quartier Bab Dekkala, à Marrakech. L’objectif affiché est de « mettre fin à l’exploitation anarchique du domaine public » et d’améliorer les conditions de circulation dans la zone, selon Kich24.

Ces mesures interviennent alors que la région de Marrakech-Safi fait face à des défis croissants en matière de gestion des espaces naturels. Entre préservation du patrimoine, pression touristique et enjeux économiques locaux, les arbitrages s’avèrent complexes. Les associations de consommateurs appellent à une régulation plus stricte, tandis que les autorités misent sur des opérations de réhabilitation pour concilier développement et protection.


Holdings offshore : l’Office des Changes renforce la vigilance financière

L’Office des Changes a publié une circulaire visant à encadrer les obligations de vigilance des sociétés holding offshore. Ce texte, pris en application des lois relatives à la lutte contre le blanchiment de capitaux et aux places financières offshore, impose un dispositif fondé sur les risques. Les holdings devront désormais identifier leurs clients et bénéficiaires effectifs, assurer un suivi des opérations, déclarer les mouvements suspects à l’Autorité nationale du renseignement financier et conserver les documents pendant cinq ans.

Cette mesure s’inscrit dans un contexte international marqué par une pression accrue sur la transparence financière. Le Maroc, qui cherche à se positionner comme une place attractive pour les investissements étrangers, doit composer avec les exigences des partenaires internationaux en matière de conformité. La circulaire de l’Office des Changes reflète cette volonté d’équilibrer attractivité économique et respect des normes anti-blanchiment.

Pour les holdings offshore, cette nouvelle réglementation implique une adaptation rapide de leurs processus internes. Les acteurs du secteur devront mettre en place des mécanismes de contrôle plus stricts, sous peine de sanctions. Cette évolution pourrait aussi influencer les flux d’investissements, alors que le pays cherche à diversifier ses sources de financement.


Ce qu’il faut retenir

Trois dynamiques se dégagent de ces dossiers. D’abord, une volonté de sécurisation des ressources, illustrée par les projets de dessalement d’OCP, qui répondent à la fois à des impératifs industriels et à des enjeux de souveraineté nationale. Ensuite, une tension entre exploitation économique et préservation des espaces, comme en témoignent les conflits autour des berges de l’Ourika et les opérations de réhabilitation à Marrakech. Enfin, un renforcement des cadres réglementaires, notamment dans le domaine financier, où le Maroc cherche à concilier attractivité et conformité aux standards internationaux.

Ces enjeux, bien que distincts, reflètent une même réalité : celle d’un pays en quête d’équilibres entre développement, résilience et régulation. Les prochains mois seront déterminants pour évaluer l’efficacité des mesures mises en place, qu’il s’agisse des infrastructures hydrauliques, de la gestion des espaces naturels ou des dispositifs de vigilance financière.