Maroc : dirham en hausse, PLF 2027 et hub financier africain en mouvement
Le dirham s’apprécie face au dollar, le projet de loi de finances 2027 prévoit 34 454 postes budgétaires, et Casablanca Finance City séduit l’Afrique anglophone. Les signaux économiques du jour.
Le Maroc aborde la dernière semaine d’octobre avec des signaux économiques contrastés, où la stabilité monétaire côtoie des réformes structurelles ambitieuses et une diplomatie financière en plein essor. Entre un dirham qui résiste, un budget 2027 taillé pour l’État social, et une place financière casablancaise qui s’impose comme le pont entre l’Afrique francophone et anglophone, le Royaume trace une voie où l’orthodoxie macroéconomique sert une vision géoéconomique plus large.
Le dirham s’apprécie, les réserves en légère baisse
Pour la semaine du 15 au 21 octobre, le dirham marocain a enregistré une progression de 0,61 % face au dollar et de 0,17 % vis-à-vis de l’euro, selon les données de Bank Al-Maghrib (BAM). Cette appréciation intervient dans un contexte où aucune adjudication n’a été réalisée sur le marché des changes, signe d’une relative stabilité des flux. Les avoirs officiels de réserve, cependant, ont reculé de 1 % en une semaine, s’établissant à 510,2 milliards de dirhams (MMDH) au 16 octobre, tout en affichant une hausse annuelle de 18,8 %.
Les interventions de BAM sur le marché monétaire restent soutenues, avec une moyenne quotidienne de 147,2 MMDH, réparties entre avances à 7 jours (51,8 MMDH), pensions livrées (44,9 MMDH) et prêts garantis (50,5 MMDH). Sur le marché interbancaire, le volume des échanges s’est maintenu à des niveaux modérés, reflétant une liquidité globalement maîtrisée. Cette dynamique monétaire, bien que positive à court terme, interroge sur la capacité du Royaume à préserver ses marges de manœuvre face à des pressions inflationnistes persistantes et à un environnement international volatile.
PLF 2027 : 34 454 postes budgétaires et 400 MMDH d’investissements publics
Le projet de loi de finances (PLF) 2027, présenté vendredi au Parlement par le ministre de l’Économie, Fouzi Lekjaa, marque une étape clé dans la consolidation de l’État social marocain. Le texte prévoit la création de 34 454 postes budgétaires, une enveloppe sans précédent qui témoigne de la priorité accordée aux secteurs régaliens et sociaux. L’Intérieur (14 200 postes), la Défense nationale (5 500), la Santé (5 400) et l’Enseignement supérieur (1 920) concentrent l’essentiel de ces recrutements, tandis que 500 postes restent à la discrétion de la Cheffe du gouvernement pour des ajustements sectoriels.
Parallèlement, l’effort d’investissement public atteindra 400 MMDH en 2027, dont 251 MMDH portés par les établissements et entreprises publics (EEP), incluant le Fonds Mohammed VI pour l’Investissement. Le budget général, les comptes spéciaux du Trésor et les services d’État gérés de manière autonome complètent cette enveloppe, avec une attention particulière aux infrastructures et à la transition énergétique. Ces choix budgétaires, s’ils répondent à des besoins criants en matière d’emploi et de services publics, posent la question de leur soutenabilité à moyen terme, dans un contexte de dette publique déjà élevée.
Casablanca Finance City : le hub africain qui séduit l’Afrique anglophone
La place financière casablancaise confirme son statut de premier hub financier du continent, en attirant de plus en plus d’investisseurs anglophones. Selon Jeune Afrique, ce mouvement s’explique par le rôle croissant du Maroc comme porte d’entrée vers l’Afrique subsaharienne francophone, combiné à une régulation attractive et à une stabilité politique rare dans la région. Les acteurs internationaux, notamment britanniques et sud-africains, y voient une alternative crédible à des places comme Maurice ou Dubaï, avec l’avantage d’un ancrage africain plus marqué.
Cette dynamique s’inscrit dans une stratégie plus large de diversification des partenariats économiques du Royaume, qui mise sur des accords bilatéraux et des infrastructures financières pour renforcer son influence. Le succès de Casablanca Finance City illustre aussi la capacité du Maroc à jouer sur plusieurs tableaux : francophonie historique, ouverture vers l’Afrique anglophone, et coopération Sud-Sud. Un positionnement qui pourrait s’avérer décisif alors que le continent africain devient un enjeu majeur pour les flux de capitaux mondiaux.
Ce qu’il faut retenir
La journée du 26 octobre dessine un Maroc en mouvement, où la rigueur macroéconomique sert des ambitions sociales et géoéconomiques. Entre un dirham qui résiste, un budget 2027 généreux en emplois publics, et une place financière casablancaise qui s’impose comme un pont entre les Afriques, le Royaume avance sur plusieurs fronts. Reste à savoir si ces équilibres tiendront face aux défis structurels – dette, chômage des jeunes, dépendance aux matières premières – qui persistent en toile de fond.
- Le dirham s'apprécie de 0,61% face au dollar du 15 au 21 octobre — Hespress
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- Pourquoi Casablanca Finance City séduit de plus en plus le monde anglophone — Jeune Afrique Feed