Maroc : déchets transformés en électricité, football féminin qualifié et tensions diplomatiques
Le Maroc lance un mégaprojet de valorisation énergétique des déchets à Casablanca, qualifie son équipe féminine pour le Mondial 2027 et voit un nouveau projet de loi américain cibler le Polisario.
Casablanca mise sur l’énergie des déchets
La capitale économique du Maroc franchit une étape décisive dans sa transition écologique. Un consortium international, mené par le groupe helvético-japonais Kanadevia Inova et associant l’énergéticien marocain Nareva ainsi que le négociant japonais Itochu, a signé une convention avec la commune de Casablanca pour la construction d’une usine de valorisation énergétique des déchets. Ce projet, d’un investissement estimé à 1,5 milliard de dollars, vise à transformer les déchets de la métropole en électricité d’ici à la mi-2030.
L’usine, qui sera implantée près de la décharge de Mediouna, devrait produire suffisamment d’énergie pour alimenter près d’un million de personnes, selon les porteurs du projet. Elle s’inscrit dans une stratégie plus large de réduction de l’impact environnemental des déchets, alors que Casablanca génère environ 4 000 tonnes de déchets par jour. La ville, qui a déjà engagé des programmes de tri et de recyclage, cherche ainsi à limiter la saturation de ses sites d’enfouissement tout en répondant à une demande croissante en énergie.
Ce projet s’aligne sur les objectifs nationaux de développement durable, notamment la réduction des émissions de gaz à effet de serre et la promotion des énergies renouvelables. Il intervient dans un contexte où le Maroc, confronté à des défis climatiques croissants, accélère ses investissements dans les technologies vertes. La valorisation énergétique des déchets, encore peu développée en Afrique, pourrait servir de modèle pour d’autres villes du continent.
Le football féminin marocain se qualifie pour le Mondial 2027
L’équipe nationale féminine du Maroc a validé sa qualification pour la Coupe du Monde 2027 en s’imposant 2-1 face à l’Afrique du Sud en quarts de finale de la CAN féminine. Une performance saluée par le sélectionneur Jorge Vilda, qui a souligné le travail accompli par la Fédération Royale Marocaine de Football (FRMF) pour développer le football féminin dans le pays.
« C’était notre premier objectif », a déclaré Vilda lors de la conférence de presse d’après-match. « Nous avons réalisé une très bonne première mi-temps, avec une maîtrise du jeu et plusieurs occasions. » La victoire des Lionnes de l’Atlas, soutenues par un public nombreux, marque une étape importante pour le football féminin marocain, qui a connu une progression fulgurante ces dernières années. Après une première participation à la Coupe du Monde en 2023, le Maroc confirme son statut de nation émergente sur la scène internationale.
Cette qualification intervient dans un contexte où le football féminin africain gagne en visibilité. La CAN 2026, organisée au Maroc, a mis en lumière des équipes comme le Nigeria, le Cameroun ou la Zambie, qui ont également brillé lors de la compétition. Pour le Maroc, cette performance sportive s’accompagne d’un enjeu sociétal : la promotion du sport féminin dans un pays où les mentalités évoluent progressivement.
Le Polisario dans le viseur du Congrès américain
Un nouveau projet de loi, déposé le 30 juillet à la Chambre des représentants des États-Unis, propose de classer le Front Polisario comme organisation terroriste. Baptisé « Polisario Front Terrorist Designation Act of 2026 », ce texte bénéficie d’un soutien bipartisan, avec six cosponsors républicains et démocrates. Parmi eux, l’élu démocrate Josh Gottheimer, à l’origine de la proposition, ainsi que les républicains Ronny Jackson et Claudia Tenney.
Cette initiative s’inscrit dans un contexte de tensions persistantes autour du Sahara occidental, où le Maroc défend son plan d’autonomie sous souveraineté marocaine, tandis que le Polisario, soutenu par l’Algérie, revendique l’indépendance du territoire. Les États-Unis, qui ont reconnu la souveraineté marocaine sur le Sahara en 2020 sous l’administration Trump, maintiennent une position ambiguë, entre soutien diplomatique au Maroc et relations complexes avec l’Algérie.
Le projet de loi, s’il était adopté, aurait des conséquences majeures sur le financement et les activités du Polisario, déjà fragilisé par des divisions internes et un soutien international en déclin. Pour le Maroc, cette initiative renforcerait sa position dans le dossier saharien, alors que le pays multiplie les efforts diplomatiques pour obtenir des soutiens à son plan d’autonomie. Cependant, le texte pourrait aussi compliquer les relations entre Washington et Alger, qui considère le Polisario comme un mouvement de libération légitime.
Ce qu’il faut retenir
- Casablanca engage une révolution verte avec un projet phare de valorisation énergétique des déchets, qui pourrait servir de modèle pour d’autres villes africaines.
- Le football féminin marocain confirme sa montée en puissance en se qualifiant pour le Mondial 2027, après une victoire en quarts de finale de la CAN.
- La diplomatie américaine se durcit avec un nouveau projet de loi visant à classer le Polisario comme organisation terroriste, une initiative qui pourrait redessiner les équilibres au Sahara occidental.