Maroc : criminalité organisée, déchets urbains et marché financier en mouvement
Le Maroc fait face à des défis sociétaux majeurs : mutation du crime organisé, gestion des déchets à Marrakech et activité boursière en baisse. Analyse des enjeux du jour.
La criminalité organisée se reconvertit dans l’économie légale
Un rapport de l’Institut interrégional de recherche des Nations Unies sur la criminalité et la justice (UNICRI), présenté lors du 15e Congrès de l’ONU pour la prévention du crime à Abou Dhabi, révèle une transformation inquiétante des réseaux criminels à l’échelle mondiale. Si le taux d’homicides a baissé de 12 % depuis 2015, cette tendance ne traduit pas un affaiblissement des organisations, mais plutôt leur adaptation à des marchés plus lucratifs et moins risqués.
Le Maroc, comme d’autres pays de la région, n’échappe pas à cette dynamique. Les réseaux criminels se détournent progressivement des activités violentes pour investir des secteurs comme la finance, l’immobilier ou les technologies. Selon l’UNICRI, cette mutation s’accompagne d’une intégration croissante dans l’économie formelle, rendant leur détection plus complexe. « La baisse des homicides ne signifie pas une baisse de la criminalité, mais une criminalité plus sophistiquée », souligne le rapport.
Cette évolution pose un défi majeur pour les autorités marocaines, qui doivent adapter leurs stratégies de lutte contre un phénomène désormais moins visible, mais tout aussi dangereux. Les outils traditionnels de répression, conçus pour des réseaux violents, pourraient s’avérer inefficaces face à des acteurs capables de blanchir des capitaux via des circuits légaux.
Marrakech : les déchets s’accumulent dans un quartier en attente de solutions
À Marrakech, la situation des déchets dans la tjazirat Riad Orika suscite l’exaspération des habitants. Depuis plusieurs semaines, les ordures s’entassent dans les rues, dégradant le cadre de vie et posant des risques sanitaires. Les riverains, interrogés par Kech24, dénoncent l’inaction des autorités locales et réclament des mesures urgentes pour rétablir la propreté du quartier.
« Nous vivons dans des conditions inacceptables. Les déchets s’accumulent, et personne ne semble s’en soucier », confie un habitant. La problématique dépasse le simple aspect esthétique : l’accumulation des ordures peut favoriser la prolifération de maladies et attirer des nuisibles. Les résidents espèrent une intervention rapide des services municipaux pour nettoyer les rues et mettre en place un système de collecte plus efficace.
Ce cas illustre les défis persistants de la gestion urbaine au Maroc, où l’extension des zones résidentielles se heurte parfois à des infrastructures insuffisantes. À Marrakech, ville touristique par excellence, la propreté des quartiers est un enjeu à la fois sanitaire et économique, susceptible d’affecter l’attractivité de la destination.
La Bourse de Casablanca en recul au troisième trimestre 2026
La Bourse de Casablanca a clôturé le troisième trimestre 2026 sur une note négative, avec un repli de 2,66 % de son indice phare, le MASI, qui s’établit à 17 733,06 points. Ce recul reflète une conjoncture économique marquée par des incertitudes, tant au niveau national qu’international.
Parmi les indices sectoriels, seul le MASI ESG, qui regroupe les entreprises les mieux notées en matière environnementale, sociale et de gouvernance, a enregistré une progression (+1,39 %). À l’inverse, le MASI Mid and Small Cap, dédié aux petites et moyennes capitalisations, a chuté de 5,75 %, illustrant la vulnérabilité de ces entreprises face aux tensions économiques.
Sur le plan sectoriel, le mining a tiré son épingle du jeu avec une hausse de 14,85 %, porté par la demande mondiale en minerais stratégiques. En revanche, 19 secteurs sur 24 ont terminé dans le rouge, témoignant d’un climat d’investissement morose. L’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC) a néanmoins délivré 31 visas d’OPCVM en septembre, signe d’une activité réglementaire soutenue malgré le contexte.
Cette performance mitigée de la Bourse de Casablanca interroge sur la capacité du marché marocain à attirer les investisseurs dans un environnement économique global incertain. Les prochains mois seront déterminants pour évaluer la résilience du secteur financier national.