Maroc : circulation, santé et diplomatie, les défis sociétaux du 5 octobre

Entre embouteillages à Marrakech, prévisions météo et tensions internationales, le Maroc fait face à des enjeux urbains, sanitaires et géopolitiques ce lundi.

Maroc : circulation, santé et diplomatie, les défis sociétaux du 5 octobre
Photo de Angelyn Sanjorjo sur Unsplash

Quand les deux-roues étouffent la médina de Marrakech

Les ruelles de la médina de Marrakech, conçues pour les piétons et les ânes, sont aujourd’hui saturées par les deux-roues motorisés. Le quartier des Mouassine, l’un des plus fréquentés par les touristes, illustre cette crise urbaine : motos, scooters et triporteurs s’y croisent dans un ballet chaotique, rendant la circulation difficile aux heures de pointe. Les commerçants, dont les étals débordent déjà sur les trottoirs étroits, voient leur activité perturbée par ces embouteillages improvisés.

Ce phénomène n’est pas nouveau, mais il s’est aggravé avec l’essor des livraisons à domicile et des services de transport informels. Les autorités locales, conscientes du problème, peinent à trouver des solutions adaptées à l’architecture historique de la ville. Certaines voix plaident pour une régulation stricte, comme l’interdiction des deux-roues dans certaines zones, tandis que d’autres soulignent le rôle économique de ces activités pour des milliers de familles. Une chose est sûre : sans une réponse coordonnée entre urbanistes, élus et habitants, la médina risque de perdre une partie de son charme – et de son attractivité touristique.

Météo : entre chaleur estivale et risques orageux

La Direction générale de la météorologie annonce un lundi contrasté pour le Maroc. Si les plaines intérieures, le Sud-Est et le Souss connaîtront des températures élevées, proches des records estivaux, les provinces du Sud seront touchées par des averses orageuses d’origine tropicale. Ces précipitations, localement intenses, pourraient provoquer des inondations éclair, un risque récurrent dans ces zones où les infrastructures de drainage sont souvent insuffisantes.

Les reliefs ne seront pas épargnés : le Haut et le Moyen Atlas devraient connaître des orages isolés, tandis que le Rif occidental et les régions de Tanger et du Gharb subiront des passages nuageux denses, accompagnés de rafales de vent. Ces conditions météorologiques rappellent la vulnérabilité du pays face aux aléas climatiques, alors que les épisodes extrêmes se multiplient ces dernières années. Les autorités appellent à la vigilance, notamment dans les zones montagneuses et les provinces sahariennes, où les populations sont moins préparées à ces phénomènes.

Santé : le paradoxe du régime alimentaire marocain

Le débat sur l’impact du régime alimentaire sur la santé digestive refait surface au Maroc, à travers une question simple : pourquoi un même aliment, comme la banane, peut-il soulager certains et provoquer des ballonnements chez d’autres ? Les spécialistes soulignent le rôle clé du degré de maturité du fruit. Une banane mûre, riche en pectine et en amidon résistant, facilite la digestion et régule le transit. À l’inverse, une banane verte, plus difficile à assimiler, peut irriter les intestins sensibles.

Ce paradoxe illustre un enjeu plus large : l’adaptation des habitudes alimentaires aux besoins individuels, dans un pays où les traditions culinaires côtoient une transition nutritionnelle rapide. Les Marocains consomment de plus en plus d’aliments transformés, tout en restant attachés à des plats riches en fibres et en épices. Une équation complexe, qui nécessite une meilleure éducation nutritionnelle – surtout en automne, où les changements de température et d’humidité affectent la peau et le système digestif, comme le rappellent les dermatologues.

Lions de l’Atlas : un match nul qui en dit long

Le match amical entre le Maroc et le Mali (1-1), disputé dimanche à Tanger, a offert un bilan contrasté pour les Lions de l’Atlas. Si le sélectionneur Mohamed Ouahbi s’est dit « satisfait » de l’intensité et de la qualité de l’opposition, ce résultat révèle aussi les lacunes d’une équipe en reconstruction. Face à des Maliens techniques et organisés, les Marocains ont peiné à concrétiser leurs occasions, malgré des séquences de jeu prometteuses.

Ce stage international, le premier depuis les élections législatives, avait valeur de test. Il a confirmé le potentiel de certains jeunes joueurs, mais aussi la nécessité d’améliorer la cohésion collective. Pour Ouahbi, l’enjeu est désormais de transformer ces enseignements en progrès concrets, alors que la CAN 2027 approche. Un défi de taille, dans un contexte où le football marocain doit aussi gérer les attentes d’un public de plus en plus exigeant.

Diplomatie : l’Europe face à ses contradictions en Cisjordanie

Plus de 500 anciens responsables européens, dont les ex-Premiers ministres Dominique de Villepin, Alain Juppé et Massimo D’Alema, ont signé une tribune appelant l’Union européenne à « agir » contre un projet de colonisation israélienne en Cisjordanie. Ce texte, publié dans Libération, dénonce l’attribution imminente de contrats pour la première tranche du projet E1, jugé illégal au regard du droit international. Les signataires soulignent l’urgence d’une réponse européenne, alors que les États membres peinent à adopter une position commune sur le conflit israélo-palestinien.

Cette initiative rappelle les tensions persistantes au sein de l’UE, où les divergences entre pays membres limitent souvent l’efficacité de l’action diplomatique. Pour le Maroc, qui entretient des relations équilibrées avec les deux parties, cette situation complique sa propre médiation. Le royaume, qui a récemment accueilli des négociations indirectes entre Israël et le Hamas, se retrouve une fois de plus au cœur d’un jeu géopolitique où les alliances sont aussi fragiles que les espoirs de paix.