Maroc : chaleur, inondations et campagne électorale en pleine effervescence
Entre prévisions météo contrastées, risques d'inondations à Taza et mobilisation électorale du RNI, le Maroc fait face à des défis climatiques et politiques majeurs ce 15 septembre 2026.
Le Maroc aborde ce mardi 15 septembre 2026 une journée marquée par des contrastes saisissants : entre une météo capricieuse, des risques d’inondations persistants et une campagne électorale qui s’intensifie à moins de dix jours du scrutin législatif, le pays doit composer avec des enjeux à la fois climatiques, économiques et politiques. Ces dynamiques, bien que distinctes, dessinent les contours d’un équilibre fragile, où la résilience des infrastructures et des institutions sera mise à l’épreuve.
Une météo sous haute surveillance : entre chaleur, orages et risques d’inondations
Les prévisions de la Direction générale de la météorologie pour ce mardi 15 septembre 2026 annoncent des conditions météorologiques contrastées, avec des températures élevées dans certaines régions et des risques d’averses orageuses dans d’autres. Le Sud-Est et les zones nord et centre du pays devraient connaître des températures particulièrement élevées, tandis que des nuages bas et des formations brumeuses sont attendus sur les côtes, accompagnés de bruines locales en début de journée.
Plus préoccupant encore, des averses orageuses sont prévues sur l’Atlas, ses versants est, l’intérieur du Souss et l’extrême sud du pays. Le Sud-Est et le sud de l’Oriental pourraient également être touchés par des orages, avec des risques de rafales de vent modérées à fortes sur les côtes centre et les provinces du Sud, pouvant provoquer des chasses-poussières. Ces conditions rappellent la vulnérabilité du Maroc face aux phénomènes météorologiques extrêmes, exacerbés par le changement climatique.
À Taza, où les inondations ont déjà causé des dégâts par le passé, un projet de protection est en cours. L’Agence du Bassin Hydraulique du Sebou (ABHS) a lancé un appel d’offres pour des travaux d’aménagement de l’Oued Jaouna et de l’Oued Taza, avec un budget de plus de 27,6 millions de dirhams (MDH). Ces interventions, qui incluent la réalisation d’ouvrages en béton armé et la réhabilitation des berges, visent à protéger la ville contre les crues, un enjeu crucial à l’approche de la saison des pluies. Les travaux, qui s’inscrivent dans le cadre d’une convention de partenariat multipartite, témoignent de l’urgence de renforcer les infrastructures face à des aléas climatiques de plus en plus fréquents.
Campagne électorale : le RNI mise sur les réformes et la mobilisation territoriale
À moins de dix jours des élections législatives du 23 septembre, la campagne électorale bat son plein, avec une mobilisation particulièrement visible du Rassemblement national des indépendants (RNI). Le parti, dirigé par le Chef du gouvernement Aziz Akhannouch, multiplie les meetings à travers le pays pour promouvoir son bilan et son programme. Lors d’un déplacement dans la commune de Mazouda, dans la province de Chichaoua, Akhannouch a mis en avant les réformes sociales et de développement mises en œuvre au cours des cinq dernières années, soulignant leur impact positif sur les différentes régions du Royaume.
Le RNI mise sur une stratégie de proximité, avec des rencontres ciblées dans les provinces et les communes, afin de convaincre les électeurs de l’efficacité de son action gouvernementale. Les thèmes abordés lors de ces meetings incluent la santé, l’éducation et l’agriculture, des secteurs clés pour les populations locales. Cette approche territoriale s’inscrit dans une volonté de consolider la présence du parti sur l’ensemble du territoire, alors que la concurrence s’annonce rude, notamment avec le Parti authenticité et modernité (PAM) et le Parti de l’Istiqlal.
Parallèlement, le Parti démocratique national (PDN), dirigé par Khalid Bekkali, tente de se repositionner dans le paysage politique. Bekkali, qui s’est exprimé lors de l’émission « La route vers les élections 2026 » sur Hespress, a défendu une ligne libérale-sociale et mis l’accent sur l’importance des jeunes et des compétences dans la reconstruction du parti. Pour le PDN, l’enjeu est de sortir d’une période de stagnation et de retrouver une place significative dans les institutions, après des années de recul.
Un déficit budgétaire en hausse et des tensions géopolitiques régionales
Sur le plan économique, la Trésorerie Générale du Royaume (TGR) a annoncé un déficit budgétaire de 56,9 milliards de dirhams (MMDH) à fin août 2026, en hausse par rapport aux 54,1 MMDH enregistrés à la même période l’année précédente. Ce déficit s’explique en partie par une augmentation des recettes ordinaires, qui ont atteint 286,6 MMDH (+5,5 %), portée par la hausse des impôts directs (+12,7 %) et des droits de douane (+8,8 %). Cependant, les dépenses émises au titre du budget général ont également progressé, reflétant les investissements publics et les mesures sociales mises en place par le gouvernement.
Dans le secteur de la pêche, le port de Safi a enregistré une baisse significative des débarquements de produits côtiers et artisanaux au cours des huit premiers mois de 2026. Les quantités débarquées ont chuté de 25 % en poids et de 38 % en valeur par rapport à 2025, une tendance qui s’explique en partie par la diminution des prises de poissons pélagiques. Cette situation souligne les défis auxquels est confronté le secteur halieutique marocain, entre pression sur les ressources et fluctuations des prix.
Sur le plan géopolitique, la région du détroit de Bab El Mandeb, un axe maritime stratégique pour le commerce mondial, est sous tension. Les Houthis, soutenus par l’Iran, ont renforcé leur emprise sur plusieurs îles yéménites, suscitant des inquiétudes quant à la sécurité des voies maritimes. Un éventuel blocage du détroit, déjà sous pression en raison des tensions régionales, pourrait avoir des répercussions majeures sur le trafic d’hydrocarbures et de marchandises à destination de la Méditerranée. Pour le Maroc, cette situation rappelle l’importance de diversifier ses routes commerciales et de renforcer sa résilience face aux chocs externes.
Ce qu’il faut retenir
Ce mardi 15 septembre 2026, le Maroc fait face à une conjonction d’enjeux climatiques, politiques et économiques. Entre les risques d’inondations, une campagne électorale en pleine effervescence et des tensions géopolitiques régionales, le pays doit naviguer dans un environnement complexe. Les prochains jours seront déterminants, notamment avec l’approche des élections législatives, qui pourraient redessiner le paysage politique marocain. Parallèlement, les défis climatiques et économiques appellent à des réponses structurelles, afin de renforcer la résilience du pays face aux aléas futurs.