Maroc : chaleur record, dirham en baisse et Brics+ en sommet, l'actualité du 12 septembre

Entre températures extrêmes, dépréciation du dirham et enjeux géopolitiques au sommet des Brics+, le Maroc fait face à des défis climatiques, économiques et diplomatiques ce 12 septembre.

Maroc : chaleur record, dirham en baisse et Brics+ en sommet, l'actualité du 12 septembre
Photo de Emma Van Sant sur Unsplash

Le Maroc aborde ce samedi 12 septembre 2026 une journée marquée par des contrastes saisissants : une météo qui alterne entre chaleur intense et perturbations orageuses, une économie sous tension avec un dirham en recul et une Bourse en berne, tandis que la scène politique s’anime à l’approche des législatives. À l’international, le sommet des Brics+ à New Delhi rappelle les repositionnements géopolitiques en cours, dans lesquels le royaume joue sa partition.

Une météo sous tension : chaleur persistante et risques orageux

Les prévisions de la Direction générale de la météorologie pour ce samedi dessinent un pays divisé par les éléments. Le thermomètre s’affichera au-dessus des normales saisonnières sur le Gharb, les plaines de Tadla, le Souss et les provinces sahariennes, où les températures minimales oscilleront entre 27 et 32°C. À l’inverse, le Haut et le Moyen Atlas, ainsi que le Sud-Est, seront exposés à des ondées et des orages localisés, tandis que les côtes atlantiques et méditerranéennes subiront des nuages bas accompagnés de bruine.

Ces conditions météorologiques, qui s’inscrivent dans une tendance déjà observée ces dernières semaines, soulèvent des questions sur la gestion des ressources hydriques et agricoles. Les agriculteurs des régions concernées par la chaleur devront composer avec des sols asséchés, tandis que les zones montagneuses pourraient subir des crues soudaines en cas d’orages violents. La Direction de la météorologie nationale a d’ailleurs émis des alertes pour des rafales de vent pouvant atteindre des vitesses élevées sur le Tangérois et le Sud-Est, risquant de perturber les activités locales.

Dirham en baisse, Bourse dans le rouge : les signaux économiques du jour

Sur le front économique, deux indicateurs clés ont retenu l’attention ce week-end. Le dirham s’est déprécié de 0,2 % face au dollar et de 0,7 % face à l’euro entre le 3 et le 9 septembre, selon les données de Bank Al-Maghrib (BAM). Aucune opération d’adjudication n’a été réalisée sur le marché des changes durant cette période, et les avoirs officiels de réserve se sont établis à 502,1 milliards de dirhams au 4 septembre, en hausse de 0,4 % sur une semaine et de 21,1 % en glissement annuel. Cette dépréciation, bien que modérée, intervient dans un contexte de volatilité accrue des devises émergentes, alors que les investisseurs scrutent les décisions des grandes banques centrales.

Parallèlement, la Bourse de Casablanca a clôturé la semaine en territoire négatif. L’indice MASI a reculé de 0,94 % pour s’établir à 18 615,24 points, tandis que le MASI.20, qui reflète les 20 valeurs les plus liquides, a perdu 1,66 %. Seuls les secteurs de l’immobilier (+7,62 %) et de l’industrie pharmaceutique (+6,88 %) ont résisté à la tendance baissière. Cette performance contraste avec les signes de reprise observés dans d’autres secteurs, comme l’industrie ou les exportations, et interroge sur la résilience du marché face aux incertitudes économiques mondiales.

Législatives 2026 : entre promesses chiffrées et calculs politiques

À moins de trois semaines du scrutin législatif, la campagne électorale prend un tour plus concret. Le Parti authenticité et modernité (PAM) a présenté vendredi à Azrou un programme fondé sur des engagements « mesurables », selon Fouzi Lekjaa, membre du bureau politique et ministre délégué chargé du Budget. Parmi les promesses phares : l’augmentation de la pension minimale des retraités à 3 000 dirhams, la lutte contre la hausse du coût de la vie et des mesures ciblées pour l’emploi des jeunes.

De son côté, le Rassemblement national des indépendants (RNI) a choisi de recentrer son discours sur le terrain. Depuis Dakhla, son président Mohamed Chouki a rejeté les « calculs anticipés » sur les alliances et les postes, insistant sur le bilan du parti et son ancrage local. Cette stratégie, qui mise sur la proximité avec les citoyens, contraste avec les approches plus programmatiques d’autres formations. Les deux partis, qui figurent parmi les favoris du scrutin, semblent ainsi adopter des tactiques complémentaires : l’un mise sur des chiffres et des engagements concrets, l’autre sur une légitimité acquise par le travail de terrain.

Brics+ à New Delhi : le Maroc face aux recompositions géopolitiques

Alors que les projecteurs se braquent sur le sommet des Brics+ à New Delhi ce week-end, le Maroc observe avec attention les dynamiques en cours. Le groupe, élargi à des pays comme l’Arabie saoudite, l’Égypte ou l’Éthiopie, se présente comme une alternative à l’ordre international dominé par l’Occident. Pour le royaume, cette évolution offre des opportunités en matière de coopération économique et énergétique, notamment avec des partenaires africains et asiatiques.

Le sommet intervient dans un contexte où le Maroc renforce ses liens avec plusieurs membres des Brics, comme la Chine, avec laquelle il développe des projets industriels et d’infrastructures, ou la Russie, avec laquelle les échanges commerciaux restent dynamiques malgré les sanctions internationales. Si le royaume ne fait pas partie du groupe, sa diplomatie active et son positionnement en tant que hub africain pourraient lui permettre de tirer profit de ces nouvelles alliances.

Grand Prix d’Afrique à El Jadida : un secteur des jeux en mutation

Pour la première fois, le Grand Prix d’Afrique s’installe à El Jadida, après des éditions à Marrakech et Casablanca. Organisé par la Société Royale d’Encouragement du Cheval (SOREC) et l’Association des Loteries d’Afrique (ALA), cet événement réunit jusqu’à dimanche les acteurs du secteur des jeux et des courses hippiques. Au cœur des discussions : les transformations des comportements de consommation en Afrique, un marché en pleine expansion mais confronté à des défis réglementaires et technologiques.

Le Maroc, avec son secteur des jeux bien établi et ses infrastructures hippiques de qualité, se positionne comme un acteur clé de cette dynamique continentale. Le séminaire organisé dans le cadre du Grand Prix abordera notamment les enjeux de digitalisation et de régulation, alors que plusieurs pays africains cherchent à encadrer un secteur en croissance rapide.


Ce samedi 12 septembre 2026 illustre la diversité des défis auxquels le Maroc est confronté : des enjeux climatiques immédiats aux repositionnements géopolitiques de long terme, en passant par une économie sous pression et une campagne électorale qui s’intensifie. Entre chaleur persistante et calculs politiques, le pays avance, comme souvent, sur plusieurs fronts à la fois.