Maroc : chaleur orageuse, dessalement et tensions foncières en une journée
Canicule persistante, averses orageuses et grêle sur l’Atlas : la météo teste les infrastructures. OCP accélère le dessalement pour sécuriser l’eau, tandis qu’Ourika dénonce des redevances illégales sur ses berges.
Le Maroc affronte ce mercredi 12 août 2026 une journée marquée par des contrastes climatiques et des enjeux structurels. Entre une météo capricieuse, des ambitions industrielles pour sécuriser l’eau et des tensions locales autour de l’accès aux ressources, le pays navigue entre urgences immédiates et défis de long terme.
Chaleur et orages : une météo sous haute surveillance
Les prévisions de la Direction générale de la météorologie dessinent un tableau contrasté pour cette journée. Le Sud-est, l’Est et les provinces sahariennes subissent des températures élevées, tout comme les plaines intérieures du nord et du centre, le Souss et le Saïss, où le mercure reste accablant. À l’inverse, l’Atlas, le Sud-est, l’Oriental et certaines zones du Rif sont menacés par des averses orageuses accompagnées de grêle, un phénomène qui pourrait perturber les activités agricoles et les déplacements.
Les côtes atlantiques et méditerranéennes ne sont pas épargnées : des nuages bas et des formations brumeuses y limitent la visibilité, tandis que des rafales de vent balaient l’Atlas, l’Oriental et les provinces sahariennes, soulevant par endroits des nuages de poussière. Ces conditions météorologiques, bien que typiques de la saison estivale, mettent à l’épreuve les infrastructures locales, notamment dans les zones rurales où l’accès à l’eau et la gestion des risques naturels restent des priorités.
OCP et le dessalement : une stratégie pour la souveraineté hydrique
Face à la pression croissante sur les ressources en eau, le groupe OCP franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de dessalement. Deux nouvelles filiales, créées sous l’égide d’OCP Green Water, viennent d’obtenir leur feu vert officiel, comme l’indique une publication récente au Bulletin officiel. Leur mission : produire et transporter de l’eau dessalée pour répondre aux besoins industriels et domestiques, en ciblant deux zones clés du royaume.
La première, centrée sur le nord du pays (Khouribga, El Jadida, Jorf Lasfar et Casablanca), vise à sécuriser l’approvisionnement en eau potable et industrielle pour des millions d’habitants et des infrastructures critiques. La seconde, couvrant la zone centrale (Marrakech, Youssoufia, Safi et Benguerir), entend répondre aux besoins croissants des populations et des activités économiques locales. Ces projets s’appuient sur des technologies de dessalement alimentées par des énergies renouvelables, une approche qui s’inscrit dans la volonté du Maroc de réduire sa dépendance aux ressources hydriques conventionnelles.
Pour OCP, cette diversification n’est pas un choix, mais une nécessité. Le groupe, historiquement dépendant de l’eau pour ses processus industriels, a progressivement développé des solutions internes avant de les étendre à d’autres secteurs. Comme le souligne un éditorial d’Aujourd’hui le Maroc, cette transition reflète une logique pragmatique : « Investir dans le dessalement s’est imposé presque naturellement. Il fallait trouver des solutions pour sécuriser une ressource indispensable à son activité. » Aujourd’hui, OCP se positionne comme un acteur clé de la souveraineté hydrique du pays, tout en contribuant à la transition énergétique.
Ourika : des redevances illégales et des berges sous tension
À une centaine de kilomètres de Marrakech, la station d’Ourika est le théâtre d’un conflit qui illustre les défis de la gestion des espaces naturels et touristiques. L’Association marocaine pour la protection et l’orientation du consommateur de la région Marrakech-Safi a dénoncé, dans un communiqué, des « pratiques anarchiques » et des « redevances illégales » imposées aux visiteurs. Selon l’association, les tarifs de stationnement, qui peuvent atteindre 20 dirhams, sont perçus de manière abusive, tandis que l’accès aux berges de la rivière est restreint par des acteurs privés.
Ces accusations pointent du doigt une appropriation jugée illégale des espaces publics, où des opérateurs locaux imposeraient des frais sans base légale. L’association évoque également des comportements qu’elle qualifie de « cupidité », soulignant que ces pratiques nuisent à l’attractivité de la station et à l’expérience des visiteurs. Si ces allégations devaient être confirmées, elles pourraient relancer le débat sur la régulation des sites touristiques et la protection des droits des consommateurs.
Ce qu’il faut retenir
Cette journée du 12 août 2026 résume les équilibres fragiles du Maroc : entre adaptation climatique et ambitions industrielles, entre gestion locale des ressources et enjeux nationaux. La météo, avec ses extrêmes, rappelle l’urgence d’infrastructures résilientes, tandis que les projets de dessalement d’OCP ouvrent une voie pour sécuriser l’avenir hydrique du pays. À Ourika, les tensions autour des berges soulignent, elles, la nécessité d’une régulation plus stricte pour préserver l’accès aux espaces naturels. Autant de défis qui, s’ils sont relevés, pourraient dessiner les contours d’un Maroc plus souverain et plus équitable.