Maroc : Bourse en baisse, innovations sociales et migrations, les signaux du 3 octobre
La Bourse de Casablanca clôture une semaine dans le rouge, tandis que trois startups marocaines se distinguent au POESAM et que l'UE enregistre une baisse des ordres de départ vers le Maroc.
Une Bourse de Casablanca en repli, les secteurs technologiques et hôteliers en première ligne
La semaine écoulée a confirmé les tensions sur les marchés financiers marocains. L’indice MASI a reculé de 2,89 % pour s’établir à 17 303,69 points, selon les données de la Bourse de Casablanca. Les indices sectoriels les plus touchés révèlent des fragilités structurelles : les « Ingénieries et biens d’équipement industriels » (-7,69 %), les « Matériels, logiciels et services informatiques » (-7,01 %) et les « Loisirs et hôtels » (-5,94 %) ont enregistré les plus fortes baisses. Ces chiffres illustrent une conjoncture où les investisseurs semblent privilégier la prudence, dans un contexte marqué par des incertitudes tant internes qu’externes.
Pour les analystes, cette correction pourrait refléter une réévaluation des risques après une période de relative stabilité. Les secteurs technologiques, en particulier, subissent les effets d’un ralentissement des levées de fonds à l’échelle continentale, tandis que le tourisme, bien que dynamique, reste exposé aux aléas géopolitiques et climatiques. La question se pose désormais : cette tendance est-elle conjoncturelle, ou annonce-t-elle un ajustement plus profond des valorisations ?
POESAM 2026 : trois innovations marocaines à l’assaut des défis sociaux
Le Prix Orange de l’Entrepreneur Social en Afrique et au Moyen-Orient (POESAM) a mis en lumière la vitalité de l’écosystème entrepreneurial marocain. Sur les 345 candidatures reçues, trois startups ont été sélectionnées pour représenter le Maroc lors de la finale internationale, couvrant des domaines aussi variés que l’agriculture durable, l’intelligence artificielle et l’emploi.
Parmi les projets distingués, on note des solutions visant à optimiser l’utilisation des ressources en milieu rural, à améliorer l’accès à l’emploi via des plateformes numériques, ou encore à renforcer la cybersécurité des petites entreprises. Ces initiatives s’inscrivent dans une dynamique plus large, où l’innovation sociale devient un levier de développement économique et d’inclusion.
Pour Orange Maroc, qui organise ce prix depuis seize ans, l’enjeu est double : identifier des talents capables de changer d’échelle, mais aussi démontrer que la technologie peut être un outil de résolution des problèmes concrets. Reste à voir si ces projets parviendront à convaincre les investisseurs internationaux lors de la finale, dans un contexte où les financements dédiés à l’impact social restent encore limités.
Migrations : l’UE enregistre une baisse des mesures à l’encontre des Marocains
Les données d’Eurostat pour le deuxième trimestre 2026 révèlent une légère inflexion dans les politiques migratoires européennes. Les ordres de départ délivrés à des ressortissants marocains ont reculé de 5,1 % par rapport au premier trimestre, s’établissant à 6 200. Parmi ces mesures, 1 180 ont donné lieu à des retours effectifs vers des pays tiers, un chiffre qui confirme une tendance à la baisse observée depuis le début de l’année.
Cette évolution s’inscrit dans un contexte plus large de réévaluation des politiques migratoires au sein de l’UE. Si les ressortissants algériens restent les plus concernés par ces mesures, la baisse enregistrée pour le Maroc pourrait refléter une approche plus nuancée, combinant fermeté et coopération. Les autorités marocaines, de leur côté, continuent de plaider pour des partenariats équilibrés, mettant en avant leur rôle dans la gestion des flux migratoires.
Pour autant, ces chiffres ne doivent pas occulter les défis persistants. Les retours effectifs restent minoritaires par rapport aux ordres de départ, soulignant les difficultés logistiques et juridiques auxquelles se heurtent les États membres. Par ailleurs, la question des migrations irrégulières continue de peser sur les relations entre le Maroc et ses partenaires européens, dans un équilibre toujours fragile entre sécurité et droits humains.
Renouvellement politique : une Chambre des représentants en mutation
Les élections législatives du 23 septembre 2026 ont conduit à un renouvellement significatif de la Chambre des représentants. Selon une analyse comparative des groupes parlementaires, environ 54 % des députés sont de nouveaux visages au sein de leur formation politique. Certains partis affichent même un taux de renouvellement proche de 100 %, illustrant une volonté de rajeunissement et de diversification des profils.
Le Parti Authenticité et Modernité (PAM), qui arrive en tête avec 97 sièges, devra composer avec cette nouvelle donne pour former un gouvernement. Fatima Zahra El Mansouri, cheffe du gouvernement désignée, a déjà entamé des consultations avec les autres formations, dont le Parti de l’Istiqlal (PI), qui a confirmé son intention de rejoindre la coalition. Avec 66 sièges, le PI entend peser sur les orientations économiques et sociales du futur exécutif, dans un contexte marqué par des attentes fortes en matière de réforme et de redistribution.
Ce renouvellement pose cependant des questions sur la stabilité politique à moyen terme. Si l’arrivée de nouveaux élus peut dynamiser les débats, elle risque aussi de fragiliser la cohésion des groupes parlementaires, notamment sur des sujets sensibles comme la fiscalité ou la décentralisation. La capacité du futur gouvernement à fédérer ces énergies nouvelles sera déterminante pour la suite du mandat.