Maroc : Bourita à l'ONU, IA genrée et tensions migratoires, l'essentiel du 25 septembre

Le Maroc défend la cause palestinienne à l'ONU, tandis que l'IA reproduit les inégalités femmes-hommes et que Rabat pointe la responsabilité espagnole sur les migrants. Les enjeux du jour.

Maroc : Bourita à l'ONU, IA genrée et tensions migratoires, l'essentiel du 25 septembre
Photo de Philip Strong sur Unsplash

Le Maroc aborde ce vendredi une journée aux enjeux multiples, où la diplomatie, les fractures technologiques et les tensions migratoires dessinent les contours d’une actualité aussi dense que contrastée. Entre les déclarations de Nasser Bourita à New York, les révélations sur les biais de l’intelligence artificielle et les passes d’armes avec l’Espagne, le pays se trouve à la croisée de défis régionaux et globaux. Sans oublier le football, où la Botola Pro entame sa saison sous le signe d’un promu en difficulté.


À l’ONU, le Maroc réaffirme son engagement pour la Palestine

Le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, a profité de la 81e Assemblée générale des Nations Unies pour rappeler, jeudi, la position constante du Maroc en faveur d’une solution préservant les « droits historiques et légitimes du peuple palestinien ». Intervenant lors de la réunion annuelle de coordination des ministres des Affaires étrangères des États membres de l’Organisation de la coopération islamique (OCI), Bourita a souligné que le Royaume, sous la conduite du roi Mohammed VI en sa qualité de président du Comité Al-Qods, continuerait à œuvrer pour une issue pacifique à ce conflit, malgré des « évolutions préoccupantes et dangereuses ».

Cette prise de parole intervient dans un contexte régional tendu, marqué par la recrudescence des violences en Cisjordanie et à Gaza. Le Maroc, qui a rétabli ses relations diplomatiques avec Israël en 2020 dans le cadre des accords d’Abraham, maintient une position équilibrée, combinant reconnaissance de l’État hébreu et défense des droits des Palestiniens. Une ligne qui, selon des observateurs, reflète la volonté de Rabat de jouer un rôle de médiateur, tout en consolidant son leadership au sein du monde arabe.


L’IA, miroir des inégalités femmes-hommes

L’intelligence artificielle, souvent présentée comme un levier de progrès, reproduit et amplifie les inégalités de genre. C’est le constat accablant d’un rapport d’ONU Femmes, publié jeudi en marge de l’Assemblée générale des Nations Unies. Selon ce document, les femmes ne représentent que 22 % des professionnels du secteur à l’échelle mondiale, un chiffre qui chute à moins de 14 % pour les postes de direction. Cette sous-représentation a des conséquences concrètes : les algorithmes, conçus majoritairement par des hommes, intègrent des biais qui perpétuent les stéréotypes et limitent les opportunités économiques, sociales et politiques des femmes.

Au Maroc, où l’écosystème technologique se développe rapidement, cette problématique prend une dimension particulière. Le pays, qui mise sur l’innovation pour accélérer sa transition numérique, pourrait voir ses ambitions freinées par ces déséquilibres structurels. « Si les femmes sont exclues de la conception des outils d’IA, elles le seront aussi des bénéfices qu’ils génèrent », résume une experte en inclusion numérique, interrogée par NewsMatin. Un défi qui dépasse le cadre technologique pour toucher à des enjeux de société plus larges, comme l’accès à l’éducation et la parité dans les filières scientifiques.


Migrations : Bourita pointe la responsabilité de l’Espagne

Les tensions entre le Maroc et l’Espagne sur la question migratoire ont refait surface jeudi, à l’occasion d’une déclaration de Nasser Bourita à New York. Le ministre a affirmé que « si les migrants illégaux et les mineurs ne sont pas retournés, cela relève exclusivement de la responsabilité de l’Espagne ». Une sortie qui intervient après des mois de coopération tendue entre les deux pays, notamment sur la gestion des flux en provenance du Maroc et à destination de l’Europe.

Bourita a rappelé que Rabat appliquait une « position claire » sur le retour des migrants en situation irrégulière, mais que des « polémiques, obstacles et difficultés espagnoles » entravaient ce processus. Ces déclarations surviennent alors que les arrivées de migrants à Ceuta et Melilla, ainsi que sur les côtes andalouses, restent un sujet sensible, avec des accusations mutuelles de laxisme ou de durcissement des politiques. Pour le Maroc, cette question est aussi un levier diplomatique, utilisé pour obtenir des concessions de la part de l’Union européenne, notamment en matière de coopération économique et sécuritaire.


Botola Pro : Tanger s’impose, Tiznit en difficulté

La saison 2026-2027 de la Botola Pro a débuté jeudi soir par un match riche en enseignements, opposant l’Ittihad Tanger à Amal Tiznit, fraîchement promu dans l’élite. Les Tangérois se sont imposés 3-1, grâce à des buts de Saad Ait Khorsa, Abdelhamid Maali et Ibrahima Dieng, après l’égalisation temporaire de Soufiane El Azhari pour Tiznit. Cette victoire permet à l’Ittihad Tanger de prendre la tête du classement, tandis que le promu, qui évoluait à Mohammedia en raison de travaux dans son stade, entame son aventure en D1 par une défaite.

Pour Amal Tiznit, cette première journée est un coup dur. Le club, qui a connu une ascension rapide ces dernières années, devra rapidement se ressaisir pour éviter une relégation prématurée. La Botola Pro, qui compte désormais 16 équipes, promet une saison serrée, avec des clubs comme le Raja Casablanca, le Wydad ou le FUS Rabat en quête de reconquête après des exercices décevants. La prochaine journée, samedi, opposera notamment l’Union Touarga au FUS Rabat et le Difaâ El Jadida au CODM de Meknès, deux rencontres qui pourraient déjà dessiner les premières tendances du championnat.


Ce qu’il faut retenir

Entre diplomatie affirmée à l’ONU, fractures technologiques persistantes et tensions migratoires, le Maroc navigue ce vendredi entre enjeux locaux et globaux. Les déclarations de Nasser Bourita sur la Palestine et l’Espagne illustrent la volonté de Rabat de peser sur la scène internationale, tandis que les défis de l’IA et du football rappellent que les transformations du pays passent aussi par des combats internes. Une journée qui, sans être historique, confirme la place centrale du Maroc dans les équilibres régionaux.