Maroc : Bocuse d'Or, ciment en berne et tensions à Gaza, l'essentiel du 29 septembre

Le Maroc brille à Lyon avec une place aux Mondiaux du Bocuse d'Or, tandis que le secteur du ciment recule et que les armées africaines pourraient stabiliser Gaza. Décryptage.

Maroc : Bocuse d'Or, ciment en berne et tensions à Gaza, l'essentiel du 29 septembre
Photo de Daniel Akselrod sur Unsplash

Le Maroc aborde cette fin de septembre avec des dynamiques contrastées : une reconnaissance internationale en gastronomie, des signaux économiques mitigés et des enjeux géopolitiques qui pourraient redessiner les équilibres régionaux. Entre prestige culinaire et défis structurels, la journée du 29 septembre offre un aperçu des forces et des fragilités du pays.


Le Maroc à l’honneur aux Mondiaux du Bocuse d’Or : une consécration pour la gastronomie nationale

La cuisine marocaine s’apprête à briller sur la scène internationale. Les organisateurs du Bocuse d’Or, prestigieuse compétition gastronomique, ont annoncé la participation du Maroc à la Grande Finale de Lyon, prévue les 24 et 25 janvier 2027. "Cet événement, qui réunit 24 des chefs les plus talentueux de la planète, est l’aboutissement d’un parcours de deux ans impliquant 72 pays", soulignent les responsables du concours, citées par Hespress.

Pour Jérôme Bocuse, président de l’événement, cette 40e édition s’inscrit dans "la consécration de la culture d’excellence" du concours, devenu une vitrine de la gastronomie mondiale. La présence du Maroc, déjà reconnue pour sa richesse culinaire, marque une étape symbolique. "La cuisine marocaine aura toute sa place", affirment les organisateurs, qui mettent en avant son héritage et son innovation.

Cette sélection intervient dans un contexte où le pays cherche à diversifier ses leviers économiques, notamment à travers le tourisme et les industries créatives. Le Bocuse d’Or offre une opportunité de promouvoir le savoir-faire local, alors que le secteur de la restauration et de l’hôtellerie représente près de 10 % du PIB marocain.


BTP : le ciment en recul, un secteur sous tension

Le secteur du bâtiment et des travaux publics (BTP) montre des signes de fragilité. Selon la Direction des études et des prévisions financières (DEPF), les ventes de ciment ont reculé de 1,1 % sur les huit premiers mois de 2026, après une hausse de 10,4 % en 2025. "Ce léger retrait incorpore, toutefois, une évolution positive au niveau des segments du béton prêt à l’emploi (+6,4 %) et de l’infrastructure (+14,7 %)", précise la DEPF dans sa note de conjoncture.

Cette baisse globale masque des disparités régionales et sectorielles. Le premier trimestre 2026 avait enregistré un recul de 10,9 %, avant un rebond au deuxième trimestre (+8 %). Les provinces sahariennes et les zones urbaines en expansion, comme Casablanca et Marrakech, restent des moteurs de croissance, tandis que les régions rurales peinent à suivre le rythme.

Parallèlement, le volume des transactions immobilières a progressé de 6,3 % au deuxième trimestre, selon Bank Al-Maghrib. Un contraste qui interroge : alors que la demande en logements reste soutenue, l’offre peine à suivre, en raison des coûts des matériaux et des contraintes réglementaires.


Gaza : le Maroc parmi les contributeurs potentiels à une force internationale

La question d’une force internationale pour stabiliser la bande de Gaza prend une tournure concrète. Selon Le Monde, le plan de paix proposé par l’administration américaine envisage le déploiement de troupes étrangères dans la zone, avec une extension progressive de leur périmètre au fur et à mesure du désarmement du Hamas et du retrait de l’armée israélienne.

Parmi les pays susceptibles de participer à cette mission figurent le Maroc, l’Ouganda et le Somaliland. "Le Maroc, l’Ouganda et le Somaliland pourraient participer à cette force internationale", indique le journal, citant des sources diplomatiques. Cette hypothèse s’inscrit dans la continuité de l’engagement marocain en faveur de la stabilité régionale, notamment à travers sa diplomatie saharienne et ses partenariats africains.

Pour Rabat, une telle participation représenterait un défi logistique et politique. Le pays, qui a déjà déployé des contingents dans des missions de maintien de la paix (comme au Congo ou en République centrafricaine), devrait concilier cet engagement avec ses priorités nationales et ses alliances stratégiques. La question divise : certains y voient une opportunité de renforcer son rôle sur la scène internationale, tandis que d’autres craignent un enlisement dans un conflit aux contours flous.


Textile : l’Allemagne, nouvel eldorado pour les industriels marocains ?

Le secteur textile marocain cherche à diversifier ses débouchés. Après des décennies de dépendance aux marchés français et espagnol, l’Association marocaine des industries du textile et de l’habillement (AMITH) mise désormais sur l’Allemagne. "Le dispositif suisse SIPPO et Swisscontact veulent accompagner l’AMITH dans une démarche de prospection structurée", rapporte Hespress.

Une cartographie approfondie du marché allemand est en cours, visant à identifier les acheteurs, les marques et les donneurs d’ordre susceptibles d’ouvrir de nouvelles opportunités. "Le textile-habillement marocain cherche de nouveaux relais de croissance en Europe", explique le média, soulignant que cette initiative s’inscrit dans une stratégie de résilience face aux pressions concurrentielles, notamment en provenance d’Asie.

L’Allemagne, premier marché textile d’Europe, représente un potentiel de 60 milliards d’euros par an. Pour les industriels marocains, l’enjeu est double : percer un marché exigeant en termes de qualité et de délais, tout en maintenant leur compétitivité face à des pays comme le Bangladesh ou le Vietnam.


Ce qu’il faut retenir

Le Maroc navigue entre reconnaissance internationale et défis économiques. Sa participation au Bocuse d’Or confirme son rayonnement culturel, tandis que les tensions dans le secteur du BTP et les incertitudes géopolitiques rappellent la nécessité d’adapter ses modèles de croissance. À l’aube d’une possible implication dans la stabilisation de Gaza, le pays devra peser ses engagements avec prudence, dans un contexte régional toujours volatile.