Maroc : barrages pleins, rongeurs urbains et enjeux climatiques en une journée

Le 7 septembre 2026, le Maroc affiche un taux de remplissage des barrages record (67%), tandis que les nuisances urbaines et l'urgence climatique s'invitent dans le débat public.

Maroc : barrages pleins, rongeurs urbains et enjeux climatiques en une journée
Photo de Hasin Hayder sur Unsplash

Les barrages marocains résistent à la sécheresse

Le Maroc enregistre ce dimanche 7 septembre 2026 un taux de remplissage de ses barrages de 67,15 %, soit près du double de celui observé à la même période l’an dernier (33,51 %). Selon la Direction générale de la recherche et de la planification de l’eau, les retenues contiennent désormais 11,43 milliards de mètres cubes d’eau, contre 5,7 milliards en 2025. Cette performance, attribuée aux précipitations hivernales et printanières, contraste avec les craintes de pénurie qui pesaient sur le pays ces dernières années.

Les prévisions météorologiques pour ce lundi confirment cependant la persistance de conditions extrêmes : averses orageuses sur l’Atlas et le Souss, avec des risques de débordements localisés, tandis que les provinces sahariennes subissent des températures dépassant les 40 °C. Un équilibre fragile, alors que l’ONU vient de rappeler l’urgence de limiter le dépassement du seuil critique de 1,5 °C de réchauffement climatique.


À Marrakech, les rongeurs mettent en lumière les lacunes de l’urbanisme

Un incident survenu à Gueliz a remis sur le devant de la scène les problèmes de cohabitation entre humains et rongeurs dans les zones urbaines. Un rat a provoqué une coupure d’électricité dans trois immeubles de la résidence Bab Gueliz II, en s’introduisant dans les installations électriques. L’événement a ravivé les plaintes des résidents, qui dénoncent depuis des mois la prolifération de rats et de cafards dans le quartier, notamment à proximité d’une annexe du ministère de la Défense.

Dans une lettre adressée au conseil communal de Marrakech le 28 août dernier, l’union des copropriétaires de la résidence avait alerté sur « l’insalubrité croissante », exigeant des mesures urgentes. Le maire de la ville n’a pas encore réagi publiquement, mais l’affaire illustre les défis de gestion des espaces urbains, où l’expansion rapide des constructions se heurte à des infrastructures vieillissantes et à un manque de coordination entre les acteurs publics et privés.


Climat : l’ONU sonne l’alarme sur le dépassement du seuil de 1,5 °C

Le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) a publié un rapport alarmant ce week-end, confirmant que le seuil de 1,5 °C de réchauffement climatique par rapport à l’ère préindustrielle sera franchi « inexorablement » dans les prochaines années. Onze ans après l’Accord de Paris, qui visait à contenir cette hausse, les phénomènes extrêmes se multiplient : canicules, incendies et inondations d’une intensité inédite ont marqué l’été 2026.

Au Maroc, les prévisions pour ce lundi annoncent des températures allant jusqu’à 46 °C dans les provinces sahariennes, tandis que des orages violents sont attendus sur l’Atlas. Ces contrastes météorologiques reflètent les tensions croissantes entre adaptation locale et urgence globale. Le Secrétaire général de l’ONU a qualifié la situation de « combat pour l’humanité », appelant à des actions immédiates pour atténuer les effets du dérèglement climatique.


Élections législatives : Nabila Mounib entre en campagne à Casablanca

À deux semaines du scrutin législatif du 23 septembre, Nabila Mounib, secrétaire générale du Parti socialiste unifié (PSU), a lancé sa campagne dans la circonscription d’Anfa, à Casablanca. Face à des adversaires de poids, dont plusieurs figures politiques locales, elle mise sur un réseau de bénévoles pour porter son message. « Certains appellent cette circonscription la circonscription de la mort en raison de la difficulté à s’y imposer », a-t-elle déclaré lors d’une réunion avec ses soutiens, affichant néanmoins sa détermination.

Son entrée en lice intervient dans un contexte marqué par des débats sur la légalité de certaines candidatures, bien que la sienne n’ait pas été remise en cause. Le PSU, historiquement marginalisé dans le paysage politique marocain, tente de se repositionner comme une force alternative, alors que les électeurs s’interrogent sur les priorités du prochain gouvernement, entre enjeux socio-économiques et défis environnementaux.


Ce qu’il faut retenir

Le Maroc aborde cette rentrée sous des auspices contrastés. D’un côté, les barrages affichent un taux de remplissage encourageant, offrant une marge de manœuvre face aux aléas climatiques. De l’autre, les défis urbains et environnementaux rappellent l’urgence d’une action coordonnée, tant au niveau local que national.

La campagne électorale, qui s’ouvre officiellement jeudi, sera l’occasion de mesurer l’adhésion des Marocains aux programmes proposés, alors que les questions de gestion des ressources et de résilience face au changement climatique s’imposent comme des priorités incontournables.