Maroc : barrages pleins, crues himalayennes et tensions géopolitiques en une

Le Maroc affiche un taux de remplissage des barrages à 67%, tandis que les crues en Himalaya rappellent la vulnérabilité climatique. En Ouganda et en Allemagne, les équilibres politiques régionaux se tendent.

Maroc : barrages pleins, crues himalayennes et tensions géopolitiques en une
Photo de USGS sur Unsplash

Les barrages marocains résistent à la sécheresse

Les retenues d’eau du Royaume affichent un taux de remplissage de 67,15 % ce dimanche, selon les données de la Direction générale de la recherche et de la planification de l’eau. Avec 11,43 milliards de mètres cubes stockés, le Maroc double presque sa capacité par rapport à l’an dernier à la même date (33,51 %). Cette performance s’explique par les précipitations abondantes de l’hiver et du printemps derniers, qui ont permis de reconstituer les réserves malgré les fortes chaleurs de septembre.

Les régions les plus favorisées restent l’Atlas et ses versants, où les risques d’averses orageuses persistent, ainsi que les plateaux de phosphates. Les provinces sahariennes, en revanche, subissent toujours des températures élevées et des vents violents, avec des minimales dépassant les 26 °C dans certaines zones. Ces contrastes climatiques soulignent la fragilité des équilibres hydriques, alors que le pays mise sur ses infrastructures pour atténuer les effets de la sécheresse récurrente.


L’Himalaya sous les eaux : un bilan humain lourd

La crue dévastatrice survenue fin août à la frontière sino-népalaise a fait 1 384 morts et plus de 5 500 disparus, selon les derniers bilans officiels. Au Népal, les autorités dénombrent 1 341 victimes, dont 589 étrangers, tandis que la Chine recense 43 morts et 519 disparus dans la région autonome du Tibet. Les opérations de secours, mobilisant 2 500 personnes et 500 véhicules, se poursuivent dans des conditions difficiles, avec des drones acheminant des vivres et du matériel médical.

Cette catastrophe rappelle la vulnérabilité des régions montagneuses face aux événements climatiques extrêmes. Les experts pointent du doigt la fonte accélérée des glaciers himalayens, aggravée par le réchauffement climatique, qui augmente les risques de crues soudaines. Pour le Maroc, engagé dans la lutte contre la désertification et la gestion de ses ressources en eau, ces événements résonnent comme un avertissement sur les défis à venir.


Ouganda : le fils du président Museveni prépare sa succession

Muhoozi Kainerugaba, fils du président ougandais Yoweri Museveni et chef de l’armée, se positionne ouvertement pour succéder à son père en 2031. Dans une interview accordée à Jeune Afrique, il assume son ambition et son style autoritaire, déclarant : « S’il vous perçoit comme une menace, il vous écrase. » Cette stratégie, qui passe par l’élimination des rivaux au sein même de sa famille, illustre les tensions internes au régime ougandais.

Le Maroc, qui entretient des relations diplomatiques et économiques avec Kampala, observe ces développements avec attention. L’Ouganda, membre de la Communauté d’Afrique de l’Est, joue un rôle clé dans la stabilité régionale, notamment dans la lutte contre les groupes armés en République démocratique du Congo. Une transition politique chaotique pourrait fragiliser les équilibres déjà précaires de la région.


Allemagne : l’extrême droite aux portes du pouvoir

En Saxe-Anhalt, l’Alternative für Deutschland (AfD) a remporté près de 44 % des voix lors des élections régionales, devançant largement la CDU (17,2 %). Bien que le parti n’ait pas obtenu la majorité absolue, ce scrutin marque un tournant dans la vie politique allemande. La presse locale parle d’un « tournant décisif », soulignant que l’extrême droite s’installe durablement dans le paysage institutionnel.

Pour le Maroc, dont les relations avec Berlin sont à la fois économiques et migratoires, cette montée de l’AfD pourrait compliquer les négociations sur les accords bilatéraux. Le parti, connu pour ses positions anti-immigration, a déjà critiqué les politiques d’accueil des réfugiés et pourrait durcir les conditions d’entrée pour les ressortissants maghrébins. Une évolution à surveiller, alors que l’Allemagne reste un partenaire clé pour Rabat en matière de sécurité et de coopération industrielle.


Ce qu’il faut retenir

Le Maroc aborde cette rentrée avec des réserves hydriques solides, mais les défis climatiques restent prégnants, comme en témoignent les crues himalayennes. Sur le plan géopolitique, les tensions en Ouganda et la percée de l’extrême droite en Allemagne rappellent que les équilibres régionaux sont fragiles. Pour Rabat, ces dynamiques imposent une diplomatie à la fois prudente et proactive, afin de préserver ses intérêts stratégiques en Afrique et en Europe.