Maroc : argan, coopération navale et avancées féminines, les équilibres du 1er octobre
L’huile d’argan boostée par la clean beauty, un exercice naval franco-marocain à Tanger, et la nomination historique de Fatima-Zahra El Mansouri : trois dynamiques qui redessinent les priorités culturelles et environnementales du Royaume.
L’huile d’argan, star montante de la clean beauty mondiale
L’huile d’argan marocaine confirme son statut de produit phare sur le marché international des cosmétiques naturels. Selon une étude récente d’Indexbox, la demande mondiale pour ce « or liquide » du Maroc a progressé de manière soutenue au premier semestre 2026, portée par l’engouement pour la clean beauty – cette tendance qui privilégie les ingrédients éthiques, durables et non transformés. Les soins de la peau concentrent à eux seuls 45 % des ventes, devant les produits capillaires (25 %) et les usages alimentaires (15 %).
Cette dynamique s’inscrit dans un contexte plus large de valorisation des filières locales. Le Maroc, premier producteur mondial d’huile d’argan, mise sur son terroir pour répondre à une clientèle de plus en plus exigeante en matière de traçabilité et d’impact environnemental. Pourtant, la filière reste confrontée à des défis structurels : approvisionnement en noix, fluctuation des prix et concurrence des huiles synthétiques moins chères. « La clean beauty n’est pas qu’un effet de mode, c’est un changement de paradigme », souligne un rapport sectoriel cité par Hespress. Reste à savoir si les coopératives locales, souvent gérées par des femmes, parviendront à en capter pleinement la valeur.
Tanger, plaque tournante de la coopération navale franco-marocaine
La Marine royale marocaine et la Marine nationale française ont entamé, le 30 septembre, une escale conjointe à Tanger dans le cadre de l’exercice Chebec, un rendez-vous annuel qui célèbre trente ans de coopération bilatérale. Lancé en 1994, cet entraînement vise à renforcer l’interopérabilité des deux forces dans des scénarios de sécurité maritime, allant de la lutte contre la piraterie à la gestion des crises en mer d’Alboran.
Cette édition prend une dimension particulière : après l’escale, les deux marines mèneront une patrouille opérationnelle conjointe, une première dans cette zone stratégique, où les enjeux géopolitiques – migration, trafic illicite, surveillance des frontières – se superposent aux défis environnementaux. « La mer d’Alboran est un laboratoire des tensions méditerranéennes », explique un analyste militaire. Pour le Maroc, cet exercice s’inscrit dans une stratégie plus large de positionnement comme acteur clé de la sécurité régionale, alors que les tensions en Méditerranée orientale et au Sahel redessinent les alliances.
Fatima-Zahra El Mansouri, une première historique pour le Maroc
La nomination de Fatima-Zahra El Mansouri au poste de cheffe du gouvernement marque un tournant dans l’histoire politique du Maroc. Première femme à accéder à cette fonction, elle incarne, selon les associations féministes locales, « l’aboutissement d’un long combat pour la parité institutionnelle ». Dans un communiqué publié mardi, plusieurs organisations de la société civile ont salué une décision « qui envoie un signal fort aux jeunes générations », tout en rappelant que le chemin vers une représentation équilibrée reste semé d’embûches.
Cette nomination s’inscrit dans une dynamique plus large de féminisation des postes à responsabilité, initiée sous le règne de Mohammed VI. Pourtant, les défis restent immenses : selon les dernières données du Haut-Commissariat au Plan, les femmes ne représentent que 21 % des sièges au Parlement et 18 % des postes de direction dans la fonction publique. « C’est une avancée symbolique, mais le vrai test sera sa capacité à transformer cette légitimité en leviers concrets pour les Marocaines », estime une militante associative. Son gouvernement devra composer avec des attentes élevées, dans un contexte marqué par les tensions sociales et les réformes économiques en suspens.
Casablanca-Settat mise sur les infrastructures pour relancer son attractivité
L’Agence régionale d’exécution des projets (AREP) de Casablanca-Settat a annoncé, lundi, le lancement de 34 nouveaux projets d’infrastructures pour un montant total dépassant le milliard de dirhams. Ces investissements, présentés lors d’une réunion du Conseil régional, couvrent des secteurs aussi variés que la mobilité urbaine, l’assainissement et l’aménagement des zones industrielles. « Ces projets visent à renforcer l’attractivité de la région, alors que Casablanca perd des parts de marché face à des pôles comme Tanger ou Marrakech », explique un responsable de l’AREP.
Parmi les priorités figurent la modernisation des axes routiers et la création de zones logistiques, dans un contexte où la région, poumon économique du pays, peine à conserver son leadership. Les défis sont multiples : saturation des réseaux, pression foncière et concurrence accrue des autres métropoles. « Casablanca reste un hub incontournable, mais son modèle de développement doit évoluer », souligne un économiste. Ces investissements, s’ils sont menés à bien, pourraient redonner un coup de fouet à une région en quête de nouveau souffle.