Maroc : apnée record, santé publique et tensions urbaines, les équilibres du 4 octobre
Oulfa Chellaï bat un record national d'apnée, 73% des Marocains inquiets pour l'accès aux soins, et un projet immobilier bloqué à Marrakech mobilise des centaines de familles.
Une apnéiste marocaine entre dans l’histoire
Dimanche 4 octobre, la Marocaine Oulfa Chellaï a établi un nouveau record national féminin d’apnée en poids constant bipalmes (CWTB), atteignant 71 mètres de profondeur lors des Championnats du monde 2026 à Limassol, à Chypre. Cette performance, validée par la fédération internationale, représente une progression de 10 mètres par rapport à son précédent record, établi en août dernier. Originaire de Marrakech, Chellaï concilie une carrière scientifique – elle travaille comme physicienne au Swiss Plasma Center de l’École polytechnique fédérale de Lausanne – et une pratique sportive de haut niveau, illustrant une forme d’excellence marocaine à l’intersection de la recherche et du dépassement physique.
Son exploit s’inscrit dans une dynamique plus large : le Maroc compte désormais plusieurs athlètes capables de performances internationales en apnée, un sport où la maîtrise technique et la préparation mentale sont déterminantes. Si les compétitions restent encore peu médiatisées au niveau local, elles offrent une vitrine pour des disciplines où le pays peut rivaliser avec les nations traditionnellement dominantes, comme la France ou l’Italie.
Santé publique : le coût des soins, une préoccupation majeure
Une enquête d’Afrobarometer, publiée ce week-end, révèle que 73 % des Marocains s’inquiètent de leur capacité à assumer le coût des soins en cas de maladie. Ce chiffre, qui place le Maroc parmi les pays africains où cette préoccupation est la plus marquée, reflète une tension persistante entre les attentes des citoyens et les réalités du système de santé.
Seulement 48 % des personnes interrogées se déclarent favorables à une augmentation des impôts en échange d’une couverture santé universelle, un taux inférieur à la moyenne africaine (58 %). Cette réticence s’explique en partie par un manque de confiance dans la capacité de l’État à gérer efficacement ces fonds, mais aussi par une méconnaissance des mécanismes de solidarité nationale. Pourtant, le débat sur le financement des soins est plus que jamais d’actualité : le gouvernement, en pleine phase de négociation pour former une nouvelle équipe, devra trancher entre des options budgétaires contraintes et les attentes d’une population de plus en plus exposée aux risques sanitaires.
Marrakech : un projet immobilier bloqué mobilise des centaines de familles
À Marrakech, des centaines de familles, majoritairement issues de milieux modestes, préparent une action de protestation pour le mardi 6 octobre devant le siège de la société Al-Inaâch Al-Aqari ("Espaces de Bonheur"), filiale du groupe public Al-Omrane. Leur mobilisation vise à dénoncer l’arrêt des travaux du projet "Diyar Al-Hamra", un ensemble résidentiel et commercial lancé en 2019 et promis à 1 200 bénéficiaires.
Selon les témoignages recueillis par Kich24, les souscripteurs, qui ont versé des acomptes représentant parfois plusieurs années d’économies, se retrouvent aujourd’hui dans une situation financière et sociale critique. Les tentatives de médiation avec la société et l’entreprise chargée des travaux n’ont abouti à aucune solution concrète, malgré des promesses répétées de reprise du chantier. Ce cas illustre les risques encourus par les ménages dans un secteur immobilier marqué par des retards chroniques, des défaillances de promoteurs et un cadre juridique encore insuffisant pour protéger les acquéreurs.
La protestation prévue mardi pourrait relancer le débat sur la régulation des projets immobiliers publics et privés, alors que le Maroc connaît une crise du logement abordable dans ses grandes villes.
Météo : entre chaleur persistante et instabilité orageuse
La Direction générale de la météorologie annonce pour ce dimanche 4 octobre des conditions contrastées, typiques de la transition entre l’été et l’automne. Les provinces du Sud et le Souss connaîtront des températures élevées, tandis que les plaines intérieures afficheront un temps "assez chaud". Les côtes centrales seront marquées par des nuages bas et des brumes matinales, un phénomène récurrent à cette période de l’année.
L’instabilité sera plus marquée sur les reliefs : le Rif, le Moyen et le Haut Atlas, ainsi que les régions voisines, sont placés en alerte pour des averses orageuses localisées. Les provinces sahariennes ne seront pas épargnées, avec des risques de pluies accompagnées de vents modérés à forts, susceptibles de provoquer des chasses-poussières. Ces conditions météorologiques, bien que classiques pour la saison, rappellent la vulnérabilité du pays face aux événements extrêmes, alors que les infrastructures et les populations rurales restent exposées aux aléas climatiques.
Ce qu’il faut retenir
Trois dynamiques se croisent ce dimanche au Maroc : l’excellence sportive, avec le record d’Oulfa Chellaï, qui montre la capacité du pays à briller dans des disciplines de niche ; les fragilités sociales, qu’il s’agisse de l’accès aux soins ou des défaillances du secteur immobilier, qui pèsent sur des milliers de ménages ; et les défis environnementaux, avec une météo contrastée qui souligne la nécessité d’adapter les politiques publiques aux réalités climatiques.
Dans un contexte politique en pleine recomposition, ces enjeux pourraient peser sur les priorités du prochain gouvernement, notamment en matière de protection sociale et d’aménagement urbain. Pour l’heure, ils rappellent que les équilibres du pays se jouent autant sur les scènes internationales que dans le quotidien de ses citoyens.