Culture et climat : quand la France recule sur ses propres promesses
Du bilan environnemental contesté de Macron à Coachella en passant par le cinéma de Carla Simon, ce qui compte vraiment ce samedi en culture et environnement.
Revue de presse du 11 avril 2026
Dernière mise à jour : 15:34
Ce samedi, deux mondes coexistent sans se regarder. D'un côté, la scène de Coachella où Sabrina Carpenter inaugure le festival le plus médiatisé de la planète. De l'autre, un président français dont les promesses écologiques se fracassent sur son propre bilan. Entre les deux, un film espagnol sur le sida, et une bouteille d'huile d'olive dont le prix refuse de baisser. Bienvenue dans le monde tel qu'il tourne — entre paillettes et renoncements.
Macron et l'environnement : des promesses soluble dans le réel ?
C'est l'enquête qui pique. Selon Le Monde, les engagements environnementaux d'Emmanuel Macron sont désormais « contredits par son bilan ». Le constat est brutal : ces derniers mois, le parti présidentiel a enchaîné ce que le quotidien qualifie de « succession de reculs historiques sur les questions sanitaires et écologiques ».
Le timing est savoureux. Ces révélations tombent quelques jours après le sommet One Health, tenu à Lyon du 5 au 7 avril, où le chef de l'État a précisément multiplié les déclarations volontaristes. Promettre à Lyon, défaire à Paris — le grand écart présidentiel n'est pas nouveau, mais il atteint ici une forme d'acmé.
En parallèle, Reporterre pointe un autre angle mort : le plan d'électrification présenté vendredi par Sébastien Lecornu. Annoncé « en catimini à 18 heures » selon le média écologiste, il mise tout sur la fée électricité — fin des chaudières à gaz, accélération de la voiture électrique. Comme si brancher le pays sur une prise suffisait à régler l'équation climatique. Le fond du problème, que personne au gouvernement ne semble vouloir formuler : électrifier sans réduire la consommation, c'est changer de drogue, pas décrocher.
Coachella : Sabrina Carpenter ouvre le bal hollywoodien
Changement de décor radical. Dans le désert californien, Sabrina Carpenter a ouvert la première soirée de Coachella 2026 avec ce que Le Monde décrit comme un « show hollywoodien ». Hommages au cinéma, invités surprises, ambiance vintage — la pop star américaine a transformé la scène principale du festival en plateau de tournage géant.
L'information peut sembler légère. Elle ne l'est pas tant que ça. Coachella est devenu le baromètre culturel de la pop mondiale, et le choix de Carpenter pour ouvrir le festival marque un sacre. À 27 ans, celle qui cartonnait déjà en 2024 avec Espresso a franchi un palier. Le festival californien ne se contente plus de programmer de la musique — il produit du spectacle total, à mi-chemin entre le concert et le blockbuster. Une tendance qui dit beaucoup sur ce que l'industrie musicale attend désormais de ses artistes : pas seulement chanter, mais performer, incarner, mettre en scène.
Carla Simon et le sida : le cinéma comme devoir de mémoire
Plus discret, mais autrement plus profond. La cinéaste espagnole Carla Simon, dont Alcarràs avait remporté l'Ours d'or à Berlin en 2022, revient avec Romeria. Un film autobiographique sur ses parents, morts très jeunes après avoir été contaminés par le VIH.
Dans un entretien au Monde, Simon dit espérer « faire changer de regard sur la génération morte du sida en Espagne ». La formule est forte. Cette génération — celle des années 1980-1990, fauchée par l'épidémie dans une Espagne post-franquiste à peine sortie de sa torpeur — reste un angle mort de la mémoire collective européenne. Le cinéma de Simon ne dénonce pas, il exhume. Et c'est peut-être plus puissant.
L'huile d'olive : pourquoi les prix ne baissent-ils pas en rayon ?
Dernier sujet, et pas des moindres pour le portefeuille des Français. Selon Le Monde, les cours de l'huile d'olive ont sensiblement baissé après la flambée de 2023-2024. Bonne nouvelle ? Pas vraiment. Car cette baisse « n'a été que très légèrement répercutée sur les étiquettes des distributeurs », relève la journaliste économique Laurence Girard.
Le mécanisme est classique et exaspérant : les prix montent vite, redescendent lentement. Les distributeurs invoquent les stocks achetés cher, les coûts logistiques, la prudence. Le consommateur, lui, continue de payer le prix fort pour un produit dont la matière première a pourtant retrouvé des niveaux plus raisonnables. Cette « étrange anomalie », comme la qualifie Le Monde, illustre un dysfonctionnement structurel de la chaîne alimentaire française — où la transparence sur les marges reste un combat perpétuel.
Ce qu'il faut retenir
Un président qui promet vert et gouverne gris. Un plan d'électrification qui esquive la question de la sobriété. Une pop star qui transforme un concert en superproduction. Une cinéaste qui refuse de laisser mourir ses morts une seconde fois. Et une bouteille d'huile d'olive qui raconte, à elle seule, l'opacité des prix alimentaires en France. Samedi matin, le monde ne manque ni de contradictions ni de matière à réfléchir.