Sports : les Lions de l'Atlas brillent, la Botola s'enlise

Sports au Maroc : El Aynaoui sublime à la Roma, Hakimi s'inquiète à Paris, et un Wydad-Kawkab insipide rappelle les limites du championnat national.

Sports : les Lions de l'Atlas brillent, la Botola s'enlise
Photo de Michael Lee sur Unsplash

Pendant que l'Europe sacre nos joueurs, la Botola patine

Samedi 25 avril 2026 a livré une photographie cruelle du football marocain. À Bologne, un Lion de l'Atlas a fait basculer un match de Serie A. À Angers, un autre est sorti boitillant à la mi-temps, tenant entre ses cuisses l'avenir d'une demi-finale de Ligue des champions. Et au Grand Stade de Marrakech, deux institutions de la Botola se sont quittées sur un 0-0 sans relief. Le talent marocain rayonne. Mais il rayonne ailleurs.

Neil El Aynaoui, ou la confirmation romaine

Le milieu de terrain marocain de l'AS Roma a livré samedi à Bologne ce qu'on appelle, dans le jargon, un match de patron. Un but, une passe décisive, et une emprise sur le jeu qui a porté les Giallorossi vers une victoire 2-0 en 34e journée de Serie A, selon Hespress. C'est lui qui sert le Néerlandais Donyell Malen dès la 7e minute pour ouvrir le score. C'est encore lui qui double la mise dans le temps additionnel de la première période, en trompant la vigilance de Federico Ravaglia.

Ce qui se joue derrière cette ligne statistique mérite d'être nommé. El Aynaoui n'est plus un espoir prometteur que la Roma teste avec parcimonie. Il s'installe comme une pièce maîtresse d'un club qui joue la Ligue des champions et dispute la Serie A à Naples, à l'Inter, à la Juve. Pour le sélectionneur Walid Regragui, qui prépare une Coupe du monde 2030 organisée à domicile, c'est une garantie de plus dans un entrejeu où le Maroc ne s'est jamais autant invité dans l'élite européenne.

Hakimi, le talisman fragile

Le tableau parisien est plus sombre. Achraf Hakimi est sorti à la mi-temps du déplacement du PSG à Angers, victoire 3-0 lors de la 31e journée de Ligue 1, rapporte Hespress. Le latéral droit aurait été visiblement gêné, accroupi plusieurs secondes après un long sprint à la 35e minute, en discussion répétée avec le staff parisien.

Le timing est exécrable. Le PSG joue mardi le Bayern Munich en demi-finale aller de la Ligue des champions. Lucas Hernandez, lui aussi remplacé à la pause après s'être touché plusieurs fois la cuisse, alourdit l'addition. Pour le Maroc, l'enjeu dépasse Paris : Hakimi est le capitaine, le visage d'une génération, l'homme dont l'absence se mesure en demi-finales perdues — celle de la Coupe du monde 2022 face à la France l'a montré sans appel. La précision rassurante du communiqué — il a quitté le stade Raymond-Kopa en marchant normalement, sans gêne apparente — ne suffira pas à dissiper l'inquiétude tant que le diagnostic n'est pas posé.

Wydad-Kawkab : le miroir d'un championnat à la traîne

Pendant que nos joueurs marquent à Bologne et inquiètent à Angers, le Grand Stade de Marrakech accueillait un Wydad Casablanca-Kawkab Marrakech qui s'est éteint sur un 0-0, selon Hespress. Le résultat permet au WAC de rejoindre provisoirement l'AS FAR et le Maghreb de Fès en tête de la Botola Pro D1, à 31 points. Le KACM stagne en 9e position avec 17 unités.

La nouvelle est sportivement neutre. Politiquement, elle ne l'est pas. À cinq ans d'un Mondial co-organisé par le Maroc, le championnat domestique reste l'angle mort du projet. Les enceintes se modernisent — le Grand Stade de la cité ocre l'illustre — mais le contenu sportif suit avec retard. Pas de stars retenues localement, des matchs à faible intensité, un public qui lit le score le lendemain dans la presse plutôt que de remplir les tribunes. La fédération mise tout sur la sélection nationale, vitrine internationale réussie. La Botola, elle, reste le parent pauvre.

Ce qu'il faut retenir

Le football marocain vit un grand écart. À l'étranger, il n'a jamais été aussi visible : un milieu titulaire en Serie A, un latéral indiscutable au PSG, une sélection devenue sérieuse pour les bookmakers. À domicile, la Botola peine à faire un événement d'un sommet entre deux clubs historiques. Le Mondial 2030 arrive dans cinq ans. Cinq ans pour réconcilier le Maroc qui exporte avec celui qui produit. Le calendrier est serré.