Football féminin : les Lionnes rugissent, Al Boraq inspire le monde

Les Lionnes de l'Atlas écrasent la Tanzanie 3-0 à Rabat tandis qu'Al Boraq s'impose comme référence mondiale. Le sport marocain monte en puissance.

Football féminin : les Lionnes rugissent, Al Boraq inspire le monde
Photo de Karsten Winegeart sur Unsplash

Revue de presse du 14 avril 2026
Dernière mise à jour : 09:18

Trois buts, zéro réplique. Les Lionnes de l'Atlas ont expédié la Tanzanie lundi soir au stade Moulay Hassan de Rabat avec une netteté qui dit quelque chose de l'état du football féminin marocain. Pendant ce temps, un programme américain parmi les plus regardés au monde désigne Al Boraq comme modèle ferroviaire. Point commun : le Maroc ne se contente plus de participer. Il impose ses standards.

Les Lionnes de l'Atlas ont-elles trouvé leur rythme de croisière ?

Sanaa Mssoudy n'a eu besoin que de quatre minutes pour ouvrir le score. Quatre minutes. Le temps pour la Tanzanie de comprendre que la soirée serait longue. La buteuse a remis ça à la 77e minute, avant que Yasmin Mrabet ne corse l'addition trois minutes plus tard. Score final : 3-0, sans discussion.

Ce n'est qu'un match amical, certes. Mais la manière raconte davantage que le résultat. Le staff technique a profité de cette rencontre pour expérimenter de nouveaux schémas tactiques face à une équipe tanzanienne qui mettait l'accent sur l'engagement physique. Autrement dit : on teste, on ajuste, on prépare — avec sérieux — les échéances continentales qui arrivent.

Le football féminin marocain a changé de dimension depuis la Coupe du monde 2023. L'enjeu désormais n'est plus de surprendre, c'est de confirmer. Et une victoire 3-0 à domicile, portée par une Mssoudy décisive et un collectif fluide, envoie le bon signal. La question n'est plus de savoir si les Lionnes peuvent rivaliser au niveau continental. C'est de savoir jusqu'où elles peuvent aller.

Pourquoi l'émission américaine 60 Minutes célèbre-t-elle Al Boraq ?

Quand CBS News consacre un reportage à votre train, c'est que vous avez fait quelque chose de juste. L'émission 60 Minutes, référence de l'investigation télévisée aux États-Unis, a mis en lumière Al Boraq comme exemple réussi de train à grande vitesse — en opposition directe avec les échecs américains dans le domaine.

Depuis 2018, Al Boraq relie Tanger à Casablanca via Kénitra et Rabat sur 323 kilomètres, à une vitesse de pointe de 320 km/h. Le reportage souligne les performances techniques et surtout l'impact structurant du projet sur la mobilité entre les grandes villes du Royaume.

Pour le Maroc, cette reconnaissance médiatique internationale n'est pas anecdotique. Elle valide un pari d'infrastructure que beaucoup jugeaient démesuré à l'époque du lancement. Les États-Unis, première puissance mondiale, n'ont toujours pas réussi à mettre en service un TGV opérationnel sur leur territoire. Le Maroc, lui, l'a fait — et le monde le remarque.

Ce qui frappe, c'est le contraste entre la modestie des moyens de départ et l'ambition du résultat. Al Boraq n'est pas qu'un train rapide. C'est devenu un argument de crédibilité dans les discussions internationales sur les capacités d'ingénierie marocaines.

Ce que ces deux histoires disent du sport et de l'ambition marocaine

On pourrait traiter ces deux sujets séparément. Un match de football féminin ici, un reportage sur le ferroviaire là. Mais le fil conducteur est le même : le Maroc construit des références.

Les Lionnes ne jouent plus pour exister. Elles jouent pour dominer leur continent. Al Boraq ne circule plus pour prouver que c'est possible. Il circule pour montrer que c'est durable. Dans les deux cas, la phase de légitimation est terminée. Place à la consolidation.

Le football féminin marocain a besoin maintenant de constance : des victoires en compétition officielle, pas seulement en amical. Al Boraq a besoin d'extension : le réseau actuel reste limité à un axe nord. Les promesses sont tenues. Les prochaines doivent suivre.

Le sport marocain, au sens large — de la performance athlétique à l'infrastructure qui la rend possible — entre dans une phase où l'on ne demande plus « est-ce que ça marche ? » mais « qu'est-ce qu'on fait ensuite ? ». C'est la bonne question à se poser.