Ligue des champions : le Maroc en ordre de bataille pour une campagne historique
Le football marocain aborde la Ligue des champions africaine avec des ambitions renouvelées. Entre performances continentales et enjeux sportifs, les clubs du Royaume visent l'Europe.
Le football marocain entre dans une phase décisive de sa saison continentale. Ce mardi 15 septembre 2026 marque le début d’une campagne qui pourrait redessiner les équilibres du football africain. Si les projecteurs se braquent traditionnellement sur les géants égyptiens ou sud-africains, les clubs marocains abordent cette édition avec une ambition rare : non plus se contenter de figurer, mais peser jusqu’aux derniers tours. Une évolution qui s’inscrit dans une dynamique plus large, où le Royaume cherche à consolider son statut de puissance footballistique du continent.
Maghreb de Fès et Raja : deux trajectoires, une même ambition
Le Maghreb de Fès a ouvert le bal dimanche dernier en s’imposant face à l’AS Douanes sénégalaise (2-0), un résultat qui confirme les progrès d’une équipe en reconstruction. Pour le club fassi, cette campagne est l’occasion de tourner définitivement la page d’une saison 2025-2026 compliquée, marquée par des tensions internes et des résultats en dents de scie. "Nous avons travaillé dur cet été pour retrouver une cohésion collective", confiait leur entraîneur à l’issue du match. Une victoire qui sonne comme un avertissement : le Maghreb de Fès ne compte pas se limiter à un rôle d’outsider.
De son côté, le Raja Casablanca, tenant du titre en Coupe de la CAF, aborde cette Ligue des champions avec un statut particulier. Après une saison européenne décevante (élimination précoce en phase de groupes), les Verts ont recentré leurs efforts sur le continent. Leur objectif ? Rééditer l’exploit de 2013 et 2018 en atteignant au moins les demi-finales. "Le Raja a toujours été un club qui se transcende en Afrique", rappelle un ancien joueur, aujourd’hui consultant. Une assertion que les supporters, exigeants, ne manqueront pas de rappeler à chaque match.
L’Europe en ligne de mire : un enjeu qui dépasse le sport
Au-delà des performances individuelles, cette édition de la Ligue des champions s’inscrit dans un contexte plus large. Le Maroc, co-organisateur de la Coupe du monde 2030 avec l’Espagne et le Portugal, a tout intérêt à démontrer sa capacité à produire un football de haut niveau. Les infrastructures sont là (stades rénovés, centres de formation labellisés), les talents aussi (l’Académie Mohammed VI continue de fournir des joueurs à l’Europe). Reste à transformer l’essai sur le terrain.
Pour les clubs marocains, une bonne campagne continentale pourrait aussi avoir des répercussions économiques. Les droits TV, les sponsors et les primes de la CAF représentent des revenus non négligeables, surtout dans un contexte où les budgets sont de plus en plus serrés. "Une qualification pour les quarts de finale peut rapporter jusqu’à 1,5 million de dollars", expliquait récemment un dirigeant de la FRMF. Une manne qui permettrait de financer des transferts ou de stabiliser des effectifs.
Les défis à relever : régularité et mentalité
Pourtant, les obstacles restent nombreux. Le premier d’entre eux est la régularité. Les clubs marocains ont souvent brillé par intermittence, alternant exploits et contre-performances. "Nous avons les joueurs, mais il nous manque parfois cette rigueur tactique sur 90 minutes", analyse un observateur du football africain. Un constat qui vaut particulièrement pour les équipes engagées à la fois en championnat local et sur la scène continentale.
L’autre défi est mental. Les déplacements en Afrique restent éprouvants (climat, transports, infrastructures), et les clubs marocains ont parfois pâti d’un manque de professionnalisme dans la préparation des matchs à l’extérieur. "Il faut arrêter de considérer les matchs en Afrique comme des formalités", martèle un ancien international. Une prise de conscience qui semble faire son chemin, à en juger par les investissements récents dans la logistique et la préparation physique.
Et après ? L’horizon 2030
À plus long terme, cette Ligue des champions 2026 pourrait servir de répétition générale avant la Coupe du monde des clubs, prévue au Maroc en 2029. Une compétition qui offrira une vitrine mondiale au football marocain, mais qui exigera aussi une montée en puissance des clubs locaux. "Si nous voulons être crédibles en 2030, il faut commencer dès maintenant à performer en Afrique", résume un membre de la FRMF.
Pour l’instant, l’objectif est clair : éviter une élimination précoce et, pourquoi pas, offrir au Maroc une place en finale. Un scénario qui, il y a encore quelques années, aurait semblé utopique. Aujourd’hui, il est à portée de main. À condition de ne pas se contenter de promesses.