Législatives 2026 : pouvoir d’achat et transparence, les enjeux économiques du scrutin
À trois jours du vote, les débats économiques dominent la campagne. Pouvoir d’achat, conflits d’intérêts et bilan du gouvernement Akhannouch cristallisent les tensions entre majorité et opposition.
Pouvoir d’achat : le bilan contesté de la majorité sortante
À l’approche des législatives du 23 septembre, le pouvoir d’achat s’impose comme l’un des thèmes centraux de la campagne. Le Parti authenticité et modernité (PAM), membre de la coalition gouvernementale sortante, assume des "réserves" sur la gestion de ce dossier par l’exécutif d’Aziz Akhannouch. Mohamed Mehdi Bensaïd, ministre de la Jeunesse et membre de la présidence collégiale du PAM, a reconnu dans une interview à Hespress que son parti avait exprimé des critiques sur les politiques publiques menées ces cinq dernières années, tout en rejetant l’idée d’une rupture avec le bilan du gouvernement.
Ces déclarations interviennent dans un contexte où l’opposition, menée par le Parti du Progrès et du Socialisme (PPS), accuse la majorité de "conflits d’intérêts" et de "connivence avec les spéculateurs". Nabil Benabdallah, secrétaire général du PPS, a qualifié lors d’un meeting à Tanger le gouvernement sortant de "gouvernement des conflits d’intérêts", affirmant que "l’histoire du Maroc n’a jamais connu une équipe incarnant à ce point la corruption et la connivence". Ces attaques ciblent notamment la gestion des prix des denrées de base et des carburants, un sujet sensible alors que les Marocains subissent encore les effets de l’inflation des dernières années.
Transparence et régulation : l’IA et les conflits d’intérêts en débat
Au-delà du pouvoir d’achat, la question de la transparence s’invite dans la campagne. Les tensions au sein de la majorité sortante, révélées par les déclarations de Bensaïd, soulignent les divergences sur la gestion des affaires publiques. Le PAM, tout en participant au gouvernement, a régulièrement pointé du doigt certaines décisions, notamment en matière économique. Ces critiques internes pourraient peser sur la perception des électeurs, appelés à départager des programmes dont la crédibilité repose en partie sur leur capacité à être mis en œuvre.
Par ailleurs, la régulation de l’intelligence artificielle (IA) émerge comme un sujet de débat international, avec des répercussions potentielles pour le Maroc. Les États-Unis ont proposé à la Chine la création d’un "mécanisme de notification" pour encadrer les risques liés à cette technologie, notamment en cas d’incidents. Cette initiative, révélée par le ministre américain des Finances Scott Bessent, s’inscrit dans un contexte de rivalité technologique entre les deux puissances, mais aussi de préoccupations croissantes quant aux dérives possibles de l’IA. Si le Maroc n’est pas directement concerné par ces discussions, la question de la régulation des nouvelles technologies pourrait devenir un enjeu pour le prochain gouvernement, notamment dans le cadre de sa coopération avec l’Europe et les États-Unis.
Ce qu’il faut retenir
À trois jours du scrutin, les électeurs marocains sont invités à trancher entre des visions opposées de la gestion économique. D’un côté, la majorité sortante met en avant ses réalisations, tandis que l’opposition dénonce des dysfonctionnements structurels, notamment en matière de conflits d’intérêts. Le pouvoir d’achat, sujet récurrent des campagnes électorales, cristallise les tensions, avec des accusations croisées sur la responsabilité des uns et des autres.
Parallèlement, les débats sur la transparence et la régulation des nouvelles technologies, bien que moins médiatisés, pourraient prendre de l’ampleur dans les années à venir. La capacité du prochain gouvernement à répondre à ces défis déterminera en partie la confiance des citoyens dans les institutions, mais aussi la position du Maroc sur la scène internationale.