Football U17 : Kantari à la barre, l'avenir des Lionceaux en jeu
La FRMF nomme Ahmed Kantari à la tête de l'équipe nationale U17. Un choix stratégique pour former la relève, alors que le football marocain mise sur ses jeunes talents.
Le football marocain continue de structurer sa filière de formation. La Fédération royale marocaine de football (FRMF) a officialisé, mardi 12 août, la nomination d'Ahmed Kantari au poste d'entraîneur de l'équipe nationale masculine des moins de 17 ans. Un choix qui s'inscrit dans une logique de transmission et de préparation de la relève, à l'heure où les Lionceaux de l'Atlas cherchent à confirmer leur potentiel sur la scène internationale.
Un profil hybride pour une mission clé
Ahmed Kantari n'arrive pas en terrain inconnu. Ancien international marocain, le technicien a évolué pendant près d'une décennie en Europe, principalement en France, où il a porté les couleurs de clubs comme le RC Lens ou le Stade Brestois. Son parcours de joueur, marqué par une expérience à l'étranger, est désormais mis au service de la formation. "Cette nomination s'inscrit en droite ligne avec la stratégie de la Direction technique nationale (DTN) visant à renforcer l'expérience des cadres de la DTN et profiter des compétences marocaines aussi bien en tant qu'anciens joueurs qu'entraîneurs", précise la FRMF dans un communiqué.
Le défi est de taille. L'équipe U17 représente un maillon essentiel dans la chaîne de détection et de préparation des futurs talents du football marocain. C'est à ce niveau que se dessinent les trajectoires des joueurs susceptibles d'intégrer, quelques années plus tard, les sélections A ou les clubs européens. Kantari hérite d'un groupe qui a montré des signes encourageants lors des dernières compétitions continentales, mais qui doit encore franchir un cap en termes de régularité et de maturité collective.
Une stratégie de formation en pleine mutation
Cette nomination intervient dans un contexte où la FRMF réorganise en profondeur sa filière de formation. La récente décision d'interdire les académies privées de football, annoncée le 11 août, a suscité des débats au sein du milieu sportif. Ces structures, souvent critiquées pour leur manque de régulation et leur approche parfois trop commerciale, étaient devenues un acteur incontournable du paysage footballistique marocain. Leur interdiction vise à recentrer la formation des jeunes talents autour des clubs professionnels et des centres labellisés par la fédération.
Pour Kantari, cette réforme représente à la fois une opportunité et un défi. D'un côté, elle devrait permettre une meilleure coordination entre les différents acteurs de la formation et une harmonisation des méthodes d'entraînement. De l'autre, elle impose une adaptation rapide, alors que les académies privées produisaient jusqu'ici une part importante des joueurs intégrant les sélections de jeunes. "Il faudra repenser les circuits de détection et s'assurer que les meilleurs talents ne passent pas entre les mailles du filet", estime un observateur du football marocain, qui souligne l'importance d'une collaboration renforcée avec les clubs locaux.
Un calendrier chargé pour les Lionceaux
Les prochains mois s'annoncent décisifs pour Kantari et son groupe. L'équipe U17 sera notamment engagée dans les éliminatoires de la Coupe d'Afrique des nations de la catégorie, prévue en 2027. Une compétition qui servira de tremplin pour la Coupe du monde U17, dont le Maroc espère figurer parmi les prétendants après ses performances remarquées lors des dernières éditions.
La pression est d'autant plus forte que le football marocain mise de plus en plus sur ses jeunes talents pour maintenir son rang sur la scène internationale. Les succès récents de l'équipe féminine, qualifiée pour la Coupe du monde 2027 après sa performance en CAN, ont montré que la formation pouvait porter ses fruits. Reste à savoir si les garçons parviendront à emboîter le pas.
Un enjeu qui dépasse le terrain
Au-delà des résultats sportifs, la mission de Kantari s'inscrit dans une dimension plus large. Le football marocain cherche à consolider son modèle, entre tradition locale et ouverture internationale. La nomination d'un ancien joueur ayant évolué en Europe répond à cette double exigence : apporter une expertise technique pointue tout en restant ancré dans les réalités du football national.
Cette approche reflète aussi une volonté de professionnalisation accrue. La FRMF multiplie les initiatives pour moderniser ses structures, que ce soit à travers la formation des entraîneurs, l'amélioration des infrastructures ou la mise en place de partenariats avec des clubs étrangers. Dans ce contexte, l'équipe U17 devient un laboratoire où se testent les nouvelles méthodes de travail.
Ce qu'il faut retenir
- Un choix stratégique : La nomination d'Ahmed Kantari s'inscrit dans une logique de transmission d'expérience entre générations, avec un entraîneur qui connaît à la fois le football marocain et les exigences du haut niveau européen.
- Un contexte en mutation : L'interdiction des académies privées impose une refonte des circuits de formation, dont les effets se feront sentir sur le vivier des jeunes talents.
- Des objectifs ambitieux : L'équipe U17 devra performer lors des prochaines compétitions continentales pour confirmer les progrès du football marocain en matière de formation.
- Un modèle à consolider : Le défi consiste à concilier les spécificités du football local avec les standards internationaux, dans un équilibre qui reste à trouver.
Alors que le Maroc continue de briller sur la scène footballistique africaine et mondiale, la réussite de cette nouvelle génération pourrait bien déterminer la pérennité de ce succès. À Kantari de transformer l'essai.