Maroc : trois innovations sociales primées, l'aviation en manœuvre et un Parlement renouvelé
POESAM 2026 distingue trois startups marocaines à impact. Les F-16 marocains s'entraînent en France. 54 % des députés sont nouveaux, avec des renouvellements records.
Trois innovations marocaines à l’honneur du POESAM 2026
Le Prix Orange de l’Entrepreneur Social en Afrique et au Moyen-Orient (POESAM) a retenu trois projets marocains parmi ses finalistes cette année, sur un total de 345 candidatures reçues dans le Royaume. Ces distinctions confirment l’émergence d’un écosystème d’innovation sociale qui mise sur la technologie pour répondre à des enjeux locaux concrets.
Les trois lauréats marocains se distinguent par leur approche sectorielle. Le premier projet, dont le nom n’a pas été dévoilé, cible l’agriculture durable en proposant des solutions pour optimiser l’usage des ressources hydriques dans les zones arides. Le deuxième mise sur l’intelligence artificielle pour améliorer l’accès à l’emploi, en particulier dans les régions éloignées des grands centres urbains. Le troisième, enfin, se concentre sur la cybersécurité, un domaine en pleine expansion au Maroc, où les attaques informatiques contre les PME et les institutions publiques se multiplient.
Ces innovations s’inscrivent dans une dynamique plus large. Selon les organisateurs, l’édition 2026 du POESAM a enregistré une hausse de 20 % des candidatures par rapport à l’année précédente, reflétant un intérêt croissant pour l’entrepreneuriat à impact. Orange Maroc, qui co-organise le prix, souligne que ces projets ne se contentent pas de proposer des solutions technologiques : ils intègrent aussi une dimension sociale, en ciblant des populations souvent exclues des circuits économiques traditionnels.
ORYX 2026 : les F-16 marocains s’entraînent en France
Pour la première fois, des chasseurs F-16 de l’armée de l’air marocaine ont participé à un exercice militaire en France. Les manœuvres ORYX 2026, qui se sont déroulées du 28 septembre au 2 octobre sur la base aérienne d’Orange-Caritat, ont permis aux équipages des deux pays de tester leur coordination dans des scénarios de combat aérien moderne.
Au programme : des simulations de combat rapproché et à longue portée, des exercices de guerre électronique, ainsi que des missions de ravitaillement en vol. Les F-16 marocains, acquis dans le cadre d’un contrat signé avec les États-Unis en 2019, ont été confrontés à des défenses aériennes simulées, un volet crucial pour les forces aériennes qui opèrent dans des environnements de plus en plus contestés.
Ces manœuvres s’inscrivent dans une stratégie de renforcement des capacités opérationnelles de l’armée marocaine, alors que le pays fait face à des défis sécuritaires croissants, notamment dans la région du Sahel. La coopération militaire avec la France, un partenaire historique, prend ainsi une nouvelle dimension, avec un accent mis sur l’interopérabilité entre les forces des deux pays.
Un Parlement renouvelé à 54 %
Les élections législatives du 23 septembre 2026 ont profondément transformé la composition de la Chambre des représentants. Selon une analyse comparative des groupes parlementaires, 54 % des députés sont des nouveaux visages au sein de leur formation politique. Ce taux de renouvellement, l’un des plus élevés depuis 2011, reflète une volonté de changement exprimée par les électeurs.
Le Parti Authenticité et Modernité (PAM), qui arrive en tête avec 97 sièges, affiche un renouvellement de 60 % de ses effectifs. Le Rassemblement National des Indépendants (RNI), deuxième force politique avec 66 sièges, a pour sa part vu 45 % de ses députés remplacés. Le Parti de l’Istiqlal (PI), troisième avec 65 sièges, enregistre un taux de renouvellement de 50 %, tandis que le Parti de la Justice et du Développement (PJD), qui perd la moitié de ses sièges par rapport à 2021, affiche un renouvellement de 70 %.
Dans certains cas, le renouvellement atteint des niveaux records. Plusieurs petits partis, dont les noms n’ont pas été précisés, ont vu 100 % de leurs députés remplacés, signe d’une recomposition profonde du paysage politique marocain. Cette nouvelle configuration pose la question de la capacité des formations à maintenir une cohérence programmatique, alors que le pays doit faire face à des défis économiques et sociaux majeurs.
Le Parti de l’Istiqlal, qui prépare son entrée dans le futur gouvernement conduit par le PAM, a convoqué ce week-end une session de son Conseil national pour analyser les résultats du scrutin et valider sa participation. Les discussions porteront notamment sur les priorités du prochain exécutif, dans un contexte marqué par une conjoncture économique difficile et des attentes fortes en matière de réformes structurelles.