Hollywood, PFAS et mémoire familiale : les fronts culture et écologie du 26 octobre

Entre l’industrie cinématographique face à l’IA, une enquête sur les polluants éternels et des récits intimes sur la maladie, trois sujets qui lient création, environnement et société.

Hollywood, PFAS et mémoire familiale : les fronts culture et écologie du 26 octobre
Photo de Jeremy Bishop sur Unsplash

Hollywood face à l’IA : le silence des studios

À Los Angeles, l’industrie du divertissement traverse une crise de transparence sans précédent. Selon une enquête du Monde, l’intelligence artificielle s’est imposée dans les studios hollywoodiens, mais son usage reste entouré d’un mutisme généralisé. « Tout le monde l’utilise, mais personne ne veut en parler », résume un professionnel du secteur, évoquant une omerta qui touche autant les majors que les indépendants.

Les raisons de ce silence sont multiples. D’abord, la crainte des réactions syndicales : les scénaristes et techniciens, déjà échaudés par les grèves de 2023, voient dans l’IA une menace pour leurs emplois. Ensuite, la question des droits d’auteur : les outils d’IA générative s’appuient sur des bases de données d’images et de sons dont la légalité est encore floue. Enfin, une forme de déni collectif face à un déclin plus large. Comme le note le reportage, les studios historiques – Warner Bros, Paramount, Universal – peinent à s’adapter à l’ère du streaming, et l’IA apparaît comme une solution miracle… ou un aveu d’impuissance.

Pourtant, les signes de cette transformation sont visibles. Des effets spéciaux aux scripts, en passant par le montage, les outils automatisés réduisent les coûts et les délais. Mais à quel prix ? Le documentaire The Last Movie (2025), réalisé sans aucun acteur humain, avait déjà soulevé la question. Aujourd’hui, c’est l’ensemble de la chaîne de production qui est concernée. Et si les midterms américaines de 2026 pourraient relancer le débat sur la régulation, pour l’instant, Hollywood préfère regarder ailleurs.


Les PFAS, ou l’histoire d’une pollution invisible

C’est une enquête qui tombe à point nommé. À quelques jours de la sortie de Facteur X, le livre de Camille Etienne, Le Monde en publie des extraits accablants. L’ouvrage plonge au cœur de l’industrie chimique, et plus précisément des PFAS – ces « polluants éternels » qui contaminent les sols, les eaux et les organismes vivants depuis des décennies.

Le récit se concentre sur l’usine Chemours, en Caroline du Nord, où les habitants paient le prix de décennies de production de produits chimiques. « L’usine a apporté des emplois. Mais à quel prix ? », interroge une riveraine. Les PFAS, utilisés dans les poêles antiadhésives, les emballages alimentaires ou les mousses anti-incendie, sont liés à des cancers, des troubles hormonaux et des malformations fœtales. Pourtant, leur régulation reste timide, en Europe comme aux États-Unis.

Camille Etienne, figure de la lutte climatique, ne se contente pas de dénoncer. Elle retrace l’histoire de ces substances, depuis leur invention dans les années 1950 jusqu’à leur omniprésence aujourd’hui. Et elle pointe du doigt les stratégies des lobbies pour retarder les interdictions. En France, la question des PFAS émerge à peine dans le débat public, alors que des sites industriels comme ceux de Daikin ou Arkema sont déjà sous surveillance.

Le livre, qui sort le 29 octobre, arrive au moment où l’Union européenne s’apprête à voter une restriction partielle de ces substances. Mais comme le rappelle Etienne, « la bataille est loin d’être gagnée ».


Maladie et mémoire : Guillaume de Tonquédec sur scène

C’est un spectacle qui mêle intimité et urgence. À partir du 26 octobre, Guillaume de Tonquédec joue Ta mère et moi au Théâtre de Paris, une pièce adaptée de son livre éponyme. L’acteur y raconte l’histoire de ses parents, tous deux touchés par la maladie : sa mère, atteinte de sclérose en plaques depuis plus de quarante ans, et son père, désormais frappé par Alzheimer.

Le projet est né d’un besoin de témoigner. « La maladie nous vole nos parents ! », lance-t-il dans une interview à Franceinfo. Mais au-delà du drame, c’est aussi une réflexion sur la transmission, l’amour filial et la résilience. De Tonquédec, connu pour ses rôles dans Fais pas ci, fais pas ça ou Dix pour cent, se révèle ici dans une dimension plus personnelle, presque militante.

Le spectacle arrive dans un contexte où la question des aidants familiaux devient centrale. En France, près de 11 millions de personnes accompagnent un proche en situation de dépendance, souvent au prix de leur propre santé. Avec Ta mère et moi, De Tonquédec donne une voix à ces invisibles, tout en interrogeant notre rapport à la vulnérabilité.


Ce qu’il faut retenir

Trois sujets, trois manières d’interroger les liens entre culture et société.

  1. Hollywood et l’IA : L’industrie du cinéma, en crise, se tourne vers l’automatisation pour survivre. Mais à quel coût pour les métiers de la création ? La question dépasse le septième art : elle interroge notre rapport au travail, à l’artisanat et à la propriété intellectuelle.
  2. Les PFAS : Ces polluants, présents dans notre quotidien, rappellent que l’écologie n’est pas qu’une question de CO₂. Derrière les grands discours sur la transition verte se cachent des réalités industrielles et sanitaires bien plus complexes.
  3. La mémoire familiale : Avec Ta mère et moi, Guillaume de Tonquédec rappelle que les maladies neurodégénératives ne sont pas que des sujets médicaux. Elles touchent à l’identité, à la transmission et à la place des aidants dans notre société.

Autant de fronts où la culture, loin d’être un simple divertissement, devient un miroir de nos contradictions.