Gazoduc Maroc-Nigeria : vers une signature historique avant fin 2026
Le traité final du gazoduc Afrique-Atlantique devrait être signé d’ici décembre 2026, selon l’ONHYM. Un projet stratégique pour le Maroc et l’Afrique de l’Ouest.
Un projet géopolitique en passe d’aboutir
Le Maroc franchit une étape décisive dans l’un des projets énergétiques les plus ambitieux du continent. Amina Benkhadra, directrice générale de l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM), a annoncé dans un entretien accordé à The Energy Year que le traité final encadrant le gazoduc Maroc-Nigeria devrait être signé avant la fin de l’année 2026. Ce chantier, long de près de 7 000 kilomètres, reliera les gisements nigérians aux côtes marocaines, avec une extension potentielle vers l’Europe.
Les études de faisabilité et d’ingénierie sont désormais achevées, tandis que les évaluations environnementales et sociales touchent à leur fin. L’accord intergouvernemental, déjà validé par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), ouvre la voie à la création d’une société dédiée à la réalisation du projet. Pour Rabat, il s’agit d’un levier majeur pour renforcer son rôle de hub énergétique régional, tout en diversifiant ses sources d’approvisionnement.
Un enjeu économique et stratégique
Le gazoduc Afrique-Atlantique représente bien plus qu’une infrastructure énergétique. Il incarne une vision panafricaine, où le Maroc se positionne comme un pont entre l’Afrique subsaharienne et l’Europe. Le projet permettrait non seulement d’exporter du gaz nigérian vers le Royaume, mais aussi de desservir une dizaine de pays africains en chemin, favorisant leur industrialisation et leur transition énergétique.
Pour le Nigeria, premier producteur de gaz du continent, ce gazoduc offre une alternative aux exportations vers l’Europe via des méthaniers, souvent coûteux et vulnérables aux tensions géopolitiques. Le Maroc, de son côté, y voit une opportunité de sécuriser son approvisionnement à long terme, tout en consolidant ses partenariats avec les pays d’Afrique de l’Ouest.
Des défis techniques et financiers persistants
Malgré les avancées, le projet reste confronté à des obstacles de taille. Le financement, estimé à plusieurs milliards de dollars, devra mobiliser des investisseurs publics et privés, dans un contexte marqué par la volatilité des marchés énergétiques. Les risques sécuritaires, notamment dans les zones traversées par le tracé, constituent également un défi majeur.
L’ONHYM mise sur des partenariats internationaux pour surmonter ces obstacles. Des discussions seraient en cours avec des acteurs européens et asiatiques, attirés par la perspective d’un accès direct aux ressources gazières africaines. La signature du traité final, attendue d’ici décembre, pourrait accélérer ces négociations.
Ce qu’il faut retenir
Le gazoduc Maroc-Nigeria s’inscrit dans une dynamique plus large de redéfinition des flux énergétiques en Afrique. Pour le Maroc, il s’agit d’un projet structurant, à la fois économique, géopolitique et environnemental. Si les défis restent nombreux, l’annonce d’une signature imminente marque une étape clé vers sa concrétisation. Une avancée à suivre de près, alors que le continent cherche à exploiter ses ressources de manière durable et intégrée.