Futsal, CAN et Mondial 2030 : le sport marocain à l'heure des rendez-vous décisifs

Le Maroc affronte trois compétitions majeures en novembre 2026 : les JOJ de futsal U18, la décision sur la périodicité de la CAN et les préparatifs du Mondial 2030. Analyse des enjeux.

Futsal, CAN et Mondial 2030 : le sport marocain à l'heure des rendez-vous décisifs
Photo de Austris Augusts sur Unsplash

Le sport marocain entre dans une séquence charnière. Entre le 1er et le 12 novembre 2026, la sélection nationale de futsal des moins de 18 ans disputera les Jeux Olympiques de la Jeunesse à Dakar, tandis que la Confédération africaine de football (CAF) doit trancher sur le retour de la Coupe d'Afrique des nations (CAN) à un rythme biennal. Parallèlement, les ambitions du Royaume pour organiser la finale du Mondial 2030 se précisent avec le projet du Grand Stade Hassan II de Benslimane. Trois dossiers qui illustrent la diversité des défis du football marocain, entre performance immédiate, stratégie continentale et héritage infrastructurel.

Futsal U18 : le Maroc en quête d'une première à Dakar

Pour la première fois, le Maroc alignera une équipe de futsal dans la compétition olympique des jeunes. La sélection U18, entraînée par Zakaria Kouiri, affrontera le Portugal, le Paraguay et les Îles Salomon dans le groupe B des Jeux de Dakar. Un tirage au sort qui place les Marocains face à des adversaires de calibre variable, mais où chaque match comptera pour espérer une qualification en phase finale.

La Fédération Royale Marocaine de Football (FRMF) a convoqué dix joueurs pour cette compétition, sans préciser leur identité dans le communiqué publié. Une discrétion qui contraste avec l'engouement suscité par les récentes performances du futsal marocain, sacré champion d'Afrique pour la quatrième fois consécutive en octobre 2026. Si cette équipe olympique n'a pas encore le même palmarès, elle représente une nouvelle étape dans la structuration de la discipline au Maroc.

Le format des JOJ, qui mêle compétition sportive et valeurs éducatives, pourrait offrir une vitrine intéressante pour le futsal marocain. Mais au-delà du résultat, c'est l'expérience accumulée par ces jeunes joueurs qui sera scrutée. Dans un pays où le football à 11 domine largement, le futsal peine encore à trouver sa place malgré ses succès récents. Une performance honorable à Dakar pourrait accélérer sa reconnaissance.

CAN : le retour au rythme biennal se précise

La périodicité de la Coupe d'Afrique des nations est sur le point de connaître un nouveau tournant. Patrice Motsepe, président de la CAF, a annoncé jeudi 29 octobre depuis Doha qu'une décision serait prise "prochainement" sur un éventuel retour à une CAN tous les deux ans. Une annonce qui intervient moins d'un an après le passage controversé à un format quadriennal, décidé en 2025.

Selon Motsepe, les premières consultations menées auprès des 54 fédérations africaines feraient état d'un "large soutien" à ce changement. Sans donner de détails sur le calendrier exact, il a laissé entendre que la décision serait officialisée dans les semaines à venir. Un revirement qui, s'il se confirme, aurait des conséquences majeures sur la planification des sélections nationales et des clubs africains.

Pour le Maroc, cette question divise. D'un côté, une CAN plus fréquente offrirait davantage d'opportunités de briller sur la scène continentale, dans un contexte où les Lions de l'Atlas peinent à confirmer leur statut de puissance africaine. De l'autre, elle imposerait une charge supplémentaire aux joueurs évoluant en Europe, déjà soumis à un calendrier chargé. La FRMF n'a pas encore réagi officiellement à cette annonce, mais le sujet promet de susciter des débats au sein du football marocain.

Mondial 2030 : Benslimane, symbole d'une ambition nationale

À moins de quatre ans du coup d'envoi de la Coupe du monde 2030, co-organisée par le Maroc, l'Espagne et le Portugal, le projet du Grand Stade Hassan II de Benslimane s'impose comme l'un des symboles les plus visibles de l'engagement marocain. Avec une capacité prévue de 115 000 places, cette enceinte doit devenir la plus grande du continent africain et l'une des pièces maîtresses de la compétition.

Fouzi Lekjaa, président de la FRMF, a récemment défendu la candidature du Maroc pour accueillir la finale dans ce stade. Pour lui, ce projet dépasse le cadre sportif : "Il incarne une ambition nationale qui dépasse les frontières du football". Une rhétorique qui s'inscrit dans la stratégie marocaine de positionnement comme hub continental, à l'image des récents succès diplomatiques et économiques du Royaume.

Les travaux du stade, dont le coût est estimé à plusieurs milliards de dirhams, avancent à un rythme soutenu. Mais au-delà de l'infrastructure, c'est toute la région de Benslimane qui doit être transformée, avec la création de zones d'activités économiques et de logements. Un pari ambitieux, qui s'inscrit dans la vision plus large du Maroc pour le Mondial 2030 : ne pas se contenter d'organiser des matchs, mais laisser un héritage durable.

Reste une question cruciale : le Maroc obtiendra-t-il effectivement l'organisation de la finale ? La compétition s'annonce serrée, avec des candidatures solides comme celle de Madrid, qui dispose déjà du stade Santiago Bernabéu. La décision finale devrait être connue dans les mois à venir, et pourrait donner lieu à des négociations diplomatiques intenses entre les trois pays co-organisateurs.

Wydad de Casablanca : les défis du quotidien

Si les projecteurs sont braqués sur les sélections nationales et les grands projets, le football marocain continue de vivre au rythme de ses clubs. Le Wydad de Casablanca, l'un des plus titrés du continent, a récemment communiqué sur les tarifs des billets pour son prochain match face au Moghreb de Tétouan, prévu samedi 31 octobre.

Les prix varient entre 70 dirhams pour les places les moins chères et 1 500 dirhams pour la tribune officielle. Une fourchette large, qui reflète les inégalités d'accès au spectacle sportif dans un pays où le pouvoir d'achat reste un sujet sensible. Le club a également précisé les modalités d'achat, avec une priorité donnée à la billetterie numérique via l'application "Wydad Ticketing".

Ce match s'annonce crucial pour le Wydad, qui traverse une période difficile en Botola Pro. Après un début de saison mitigé, les Rouge et Blanc cherchent à retrouver leur statut de prétendant au titre. Mais au-delà du résultat sportif, c'est la relation avec les supporters qui sera scrutée. Dans un contexte où les stades marocains peinent parfois à faire le plein, la question de l'accessibilité financière reste un enjeu majeur pour les clubs.


Entre les Jeux de Dakar, la décision sur la CAN et les préparatifs du Mondial 2030, le mois de novembre s'annonce décisif pour le sport marocain. Ces trois dossiers illustrent la diversité des défis auxquels est confronté le football national : former une nouvelle génération de talents, peser sur les décisions continentales et préparer un événement planétaire. Des enjeux qui dépassent largement le cadre sportif, et qui engagent l'image du Maroc sur la scène internationale.