Géopolitique : quand la France regarde ailleurs pendant que le monde se recompose

Entre le G7, l’Iran, la Fed et le bac, la France s’enlise dans ses contradictions tandis que les équilibres globaux basculent. Analyse des rendez-vous manqués.

Géopolitique : quand la France regarde ailleurs pendant que le monde se recompose
Photo de Nicola Nuttall sur Unsplash

Le G7, ou l’art français de l’effacement stratégique

Volodymyr Zelensky débarque à Évian ce mardi matin, et la France joue les hôtes discrets. Le sommet du G7, censé sceller une nouvelle architecture de sécurité pour l’Ukraine, se tient sur son sol, mais Paris semble déjà avoir acté son propre effacement. Les annonces viennent de Londres – nouvelles sanctions contre Moscou – ou de Washington, où Kevin Warsh, le nouveau président de la Fed, jongle entre les injonctions contradictoires de Donald Trump et les réalités inflationnistes d’un Moyen-Orient en feu.

Pourquoi ce silence français ? La réponse tient en deux mots : Monique Barbut. La ministre de la Transition écologique, dont le portefeuille inclut pourtant les "négociations internationales sur le climat et la nature", est devenue l’incarnation d’un État qui a relégué l’écologie au rang de variable d’ajustement. Son invisibilité médiatique n’est pas un hasard : elle reflète l’abandon politique d’un sujet qui, en 2026, devrait être au cœur de toute diplomatie crédible. Pendant ce temps, à Téhéran, les conservateurs iraniens hurlent à la trahison après l’accord avec les États-Unis, mais le régime, lui, y voit une "victoire stratégique". La France, elle, n’a même pas de ligne claire à défendre.

L’Iran et la Fed : deux dossiers, une même impuissance

L’accord Iran-États-Unis, présenté comme un cessez-le-feu, est en réalité un aveu d’impuissance. Les gardiens de la révolution le soutiennent du bout des lèvres, tandis que les "inquiets" – cette frange radicale du régime – appellent à la vengeance dans la rue. À Washington, Kevin Warsh, choisi par Trump pour baisser les taux, se retrouve piégé par une inflation qui s’emballe à cause du conflit. Deux situations, un même constat : les décisions se prennent ailleurs, et la France n’est plus qu’un spectateur.

Pire : elle contribue à son propre déclin. Alors que l’Europe tente de réguler l’influence russe en Arménie – avec des résultats mitigés, comme le montre la réélection de Nikol Pachinian malgré les pressions de Moscou –, Paris se contente de regarder. La diplomatie française, autrefois fière de son indépendance, se réduit désormais à des communiqués de presse et des sommets où elle n’a plus rien à dire.

Bac 2026 : le symptôme d’une société qui se résigne

Pendant ce temps, les sujets du bac HLP (Humanités, littérature et philosophie) tombent ce mardi, et personne ne s’en émeut vraiment. Pourtant, derrière cette épreuve se cache une autre forme d’impuissance : celle d’un système éducatif qui réforme à l’aveugle, comme le dénonçait déjà Libération il y a quelques jours. Les candidats planchent sur des textes qui parlent de liberté, de mémoire, de justice – des valeurs que l’État lui-même semble avoir oubliées.

Le bac 2026 n’est pas qu’un examen : c’est le miroir d’une France qui sacrifie ses jeunes sur l’autel de l’urgence permanente. Entre les scandales sanitaires, les violences sur mineurs – devenues un thème central de la présidentielle 2027, comme le souligne Serge July – et une écologie reléguée au second plan, le pays donne l’impression de courir après ses propres contradictions sans jamais les affronter.

Le PS et la présidentielle 2027 : l’effondrement programmé

Le Parti socialiste, lui, est en train de rater son dernier rendez-vous. Alors que Raphaël Glucksmann, figure de la gauche modérée, attire les regards, le PS se retrouve sans présidentiable crédible. Olivier Faure, son premier secrétaire, maintient le suspense sur ses ambitions, mais le parti semble déjà condamné à jouer les figurants dans la campagne à venir.

Ce qui se joue ici, c’est l’avenir d’une gauche française incapable de se réinventer. Entre la tentation du rassemblement autour de Glucksmann et l’absence de projet clair, le PS illustre à lui seul les fractures d’une société qui ne croit plus en ses élites. Et pendant ce temps, à New York, le Sénégal affronte la France en Coupe du monde, comme pour rappeler que le monde, lui, continue de tourner – avec ou sans Paris.