Fos-sur-Mer relance l'acier français : 1,2 milliard pour une usine bas carbone

Le groupe italien Marcegaglia investit 1,2 milliard d'euros à Fos-sur-Mer pour construire la première aciérie française depuis 50 ans, produisant 2 millions de tonnes d'acier bas carbone d'ici 2029.

Fos-sur-Mer relance l'acier français : 1,2 milliard pour une usine bas carbone
Photo de Ant Rozetsky sur Unsplash

La France industrielle écrit ce dimanche un chapitre inattendu. Alors que la sidérurgie européenne traverse une crise structurelle, marquée par des fermetures d'usines et des suppressions d'emplois, un projet d'envergure émerge à Fos-sur-Mer. Le groupe italien Marcegaglia y investit 1,2 milliard d'euros pour construire la première aciérie française depuis un demi-siècle. Baptisé "Mistral", ce projet vise à produire 2 millions de tonnes d'acier bas carbone par an à partir de 2029. Une bouffée d'oxygène pour un bassin industriel en quête de reconversion, mais aussi un pari technologique et écologique dans un secteur traditionnellement gourmand en énergie.

Fos-sur-Mer : l'acier bas carbone relance la sidérurgie française

L'annonce du projet Mistral par Marcegaglia marque un tournant pour la sidérurgie française. Le groupe italien, qui a racheté en 2024 l'ancien site d'Ascometal à Fos-sur-Mer, mise sur une technologie de production d'acier à faible empreinte carbone. Selon les informations disponibles, l'usine utilisera des fours électriques alimentés par de l'énergie renouvelable et recyclera une part importante de ferraille. Ce choix technologique s'inscrit dans une stratégie européenne visant à réduire les émissions de CO₂ du secteur, responsable d'environ 7% des émissions mondiales.

Le projet arrive à point nommé pour le bassin de Fos-sur-Mer, durement touché par les restructurations industrielles. La région Provence-Alpes-Côte d'Azur mise sur cette initiative pour créer environ 1 500 emplois directs et indirects. "C'est une opportunité historique pour notre territoire", a déclaré la présidente de la région, Renaud Muselier, lors d'une conférence de presse samedi. Le projet bénéficie également du soutien de l'État, qui y voit un moyen de relancer une filière stratégique tout en respectant les engagements climatiques de la France.

Pourtant, ce projet ne fait pas l'unanimité. Les syndicats pointent du doigt les conditions de travail dans les usines du groupe en Italie et s'interrogent sur la pérennité de l'emploi local. "Nous serons vigilants sur les garanties sociales et environnementales", a déclaré un représentant de la CGT. Par ailleurs, certains experts s'interrogent sur la viabilité économique d'une telle usine dans un contexte de surcapacité européenne et de concurrence accrue des aciers asiatiques.

En Chine, le visage devient une marchandise numérique

À l'autre bout du monde, une tout autre révolution industrielle se dessine. En Chine, l'industrie des micro-dramas générés par intelligence artificielle a créé un nouveau marché : celui de la location de visages. Des plateformes rémunèrent désormais des acteurs ou des particuliers pour utiliser leurs traits biométriques dans des productions audiovisuelles automatisées. Ce phénomène, qui s'inscrit dans l'essor des contenus générés par IA, soulève des questions éthiques et juridiques inédites.

Selon Libération, certaines plateformes proposent jusqu'à 5 000 yuans (environ 650 euros) par mois pour l'utilisation exclusive d'un visage. Le processus est simple : l'utilisateur enregistre une série de vidéos standardisées, puis son visage est intégré à des algorithmes de génération d'images. Ces visages sont ensuite utilisés pour créer des séries courtes, des publicités ou des contenus personnalisés.

Ce marché pose plusieurs problèmes. D'abord, celui du consentement : certaines plateformes s'approprient des visages sans autorisation, en les extrayant de vidéos publiques. Ensuite, celui de la propriété : à qui appartient un visage une fois numérisé ? Enfin, celui de l'identité : comment protéger les individus contre l'usurpation ou la manipulation de leur image ?

La Chine, qui réglemente déjà strictement l'utilisation des données biométriques, pourrait devenir un laboratoire pour encadrer ce nouveau marché. Pour l'instant, aucune loi ne protège spécifiquement les individus contre l'exploitation non consentie de leur image par l'IA. Une lacune que les autorités pourraient être amenées à combler rapidement, tant le phénomène prend de l'ampleur.

L'école française à l'épreuve des inégalités

Les résultats de l'enquête PISA 2025, publiés ce week-end, dressent un constat accablant du système éducatif français. Selon Grégoire Borst, professeur de psychologie du développement à l'université Paris Cité, "le système scolaire français ne se contente pas de reproduire les inégalités, mais il les accroît". Cette déclaration, faite dans une tribune au Monde, résume l'urgence pédagogique à laquelle la France est confrontée.

L'enquête PISA, qui évalue les compétences des élèves de 15 ans dans 80 pays, place la France en dessous de la moyenne de l'OCDE en mathématiques et en compréhension de l'écrit. Plus préoccupant encore, l'écart entre les élèves issus de milieux favorisés et ceux issus de milieux défavorisés s'est creusé depuis la dernière édition. "Nous sommes face à un système qui pénalise doublement les élèves en difficulté : d'abord par leur origine sociale, ensuite par des méthodes pédagogiques qui ne s'adaptent pas à leurs besoins", analyse Grégoire Borst.

Plusieurs facteurs expliquent cette situation. D'abord, la concentration des élèves en difficulté dans certains établissements, souvent situés dans des quartiers défavorisés. Ensuite, le manque de moyens alloués à ces établissements, qui peinent à recruter des enseignants expérimentés. Enfin, un système d'évaluation qui, selon les experts, favorise les élèves déjà performants plutôt que d'aider ceux qui ont besoin de soutien.

Face à ce constat, les propositions ne manquent pas. Grégoire Borst plaide pour une refonte des méthodes d'enseignement, avec un accent mis sur les sciences cognitives et les pédagogies différenciées. D'autres experts suggèrent une augmentation significative des moyens alloués aux établissements en difficulté, ainsi qu'une revalorisation du métier d'enseignant. "La question n'est pas seulement budgétaire, c'est une question de volonté politique", estime un responsable syndical.

Macron réaffirme la souveraineté française à Saint-Pierre-et-Miquelon

Emmanuel Macron a profité de son déplacement à Saint-Pierre-et-Miquelon pour réaffirmer la souveraineté française sur cet archipel de l'Atlantique Nord. "Saint-Pierre-et-Miquelon est et restera français", a déclaré le président samedi, en réponse aux récentes déclarations de Donald Trump évoquant un possible rachat du territoire par les États-Unis.

L'archipel, situé à 25 kilomètres des côtes canadiennes de Terre-Neuve, est le dernier territoire français en Amérique du Nord. Avec ses 6 000 habitants, il représente un enjeu stratégique, notamment en raison de sa zone économique exclusive riche en ressources halieutiques. La visite de Macron, qui doit rencontrer dimanche le premier ministre canadien Mark Carney, s'inscrit dans une volonté de renforcer les liens avec le Canada tout en marquant la présence française dans la région.

Cette visite intervient dans un contexte géopolitique tendu. Les déclarations de Donald Trump, qui a évoqué à plusieurs reprises l'idée d'un rachat de l'archipel, ont provoqué une vive réaction en France. "Nous ne sommes pas à vendre", a répondu Gabriel Attal, le Premier ministre, lors d'une intervention télévisée vendredi. La question de la souveraineté sur Saint-Pierre-et-Miquelon pourrait devenir un enjeu de la campagne pour l'élection présidentielle de 2027.

Pour Emmanuel Macron, ce déplacement est aussi l'occasion de réaffirmer la place de la France dans le monde. "Dans un contexte international marqué par les tensions et les replis nationalistes, la France doit continuer à jouer son rôle de puissance d'équilibre", a-t-il déclaré à son arrivée sur l'archipel. Une déclaration qui résonne particulièrement alors que les relations entre les États-Unis et leurs alliés traditionnels traversent une période de turbulence.


Ce dimanche 20 septembre 2026, la France oscille entre relance industrielle et défis structurels. À Fos-sur-Mer, le projet Mistral incarne l'espoir d'une sidérurgie repensée pour l'ère bas carbone, tandis que les résultats de PISA rappellent l'urgence d'une école plus équitable. Entre ces deux réalités, c'est toute la capacité du pays à concilier transition écologique, justice sociale et souveraineté qui se joue.