Culture et climat : Fès célèbre, le ciel marocain gronde

Culture et environnement ce mardi : Fès prépare ses Mâalemines, Casablanca s'ouvre au manga, tandis que le ciel marocain signe une journée d'instabilité.

Culture et climat : Fès célèbre, le ciel marocain gronde
Photo de Sergey Pesterev sur Unsplash

Revue de presse du 21 avril 2026
Dernière mise à jour : 09:23

Le Royaume joue sur deux tableaux ce mardi. D'un côté, une scène culturelle qui s'offre le monde : les Mâalemines annoncés à Fès en juin, le manga japonais invité à Casablanca ce week-end. De l'autre, un environnement qui refuse de se plier à la carte postale — averses orageuses, chasse-sables dans le Sud-Est, températures qui s'effondrent à 5°C sur l'Atlas. Entre vitrine et réalité, le Maroc tient les deux bouts.

Fès prépare sa 29e édition : les Mâalemines en ligne de mire

Le Festival des Musiques Sacrées du Monde a dévoilé son affiche. Du 4 au 7 juin 2026, Fès accueillera sa 29e édition, et cette fois, la programmation met à l'honneur les Mâalemines, ces maîtres artisans dépositaires d'un patrimoine séculaire — selon la communication officielle du festival relayée par Hespress. L'édition entend mêler transmission, création et hommages, fidèle à la formule qui a installé la ville comme « premier festival mondial des musiques sacrées », comme le revendiquent les organisateurs.

Le clin d'œil diplomatique n'a pas été oublié. L'Ambassade d'Allemagne et la Fondation Esprit de Fès célébreront les soixante-dix ans des relations entre les deux pays avec une création commune : « Bodies », signée Kat Frankie, dialoguera avec des chants amazighs. Soit le type d'exercice que Fès sait orchestrer depuis longtemps : faire passer une relation bilatérale par la scène plutôt que par le communiqué.

Reste une question qui ne figure pas dans le dossier de presse : que fait-on des Mâalemines quand le festival s'éteint ? Un « gardien du geste » mis en vitrine quatre jours puis renvoyé à l'anonymat économique n'est pas une politique patrimoniale. Fès fait sa part. Le relais, lui, se joue ailleurs.

Casablanca s'offre une parenthèse japonaise à la Villa des Arts

Cap sur la métropole. Le programme « Maroc, Terre de Cultures », porté par le Collectif 4.0 en partenariat avec la Fondation Al Mada, entame sa 4e édition sous le signe du Japon. « Manga F'lmdina » se tiendra le 25 avril à la Villa des Arts, de 15h à 18h, promettant une immersion familiale dans le manga, les arts et les traditions nippones.

Intérêt du geste : après trois éditions consacrées au patrimoine marocain, le programme s'ouvre à l'étranger. Curiosité plutôt que repli. Le public familial ciblé est moins anecdotique qu'il n'y paraît — dans une ville où l'offre culturelle jeunesse reste inégalement distribuée entre quartiers, une après-midi gratuite à la Villa des Arts n'est pas un détail.

On rappellera simplement que la culture japonaise ne se résume pas à ses cases et à ses bulles. Mais pour un mercredi de vacances, c'est déjà un bon point d'entrée.

Quand le ciel marocain rappelle qu'il n'est pas décoratif

Pendant que les agendas culturels se remplissent, la Direction générale de la météorologie livre un bulletin qui n'a rien de folklorique. Averses orageuses sur l'est des provinces sahariennes, le Haut et le Moyen Atlas, l'est du Rif et l'Oriental. Chasse-sables dans l'extrême Sud-Est. Nuages bas et bruine sur les côtes sud. Températures minimales entre 5 et 12°C sur l'Atlas et le Rif, 18 à 23°C sur le nord-est saharien — selon les prévisions officielles publiées ce 21 avril.

Le Maroc du 21 avril tient en une image : un pays où l'on gèle à Ifrane pendant qu'on se protège du sable à Errachidia. Cette diversité climatique est une richesse touristique, elle est aussi une fragilité agricole. Ce n'est pas un détail, surtout lorsqu'on sait ce qui se joue à Meknès cette semaine.

L'élevage, pilier silencieux de 1,2 million de foyers

En marge du Salon International de l'Agriculture ouvert lundi à Meknès, le ministre Ahmed El Bouari a remis les chiffres sur la table : la production animale représenterait près du tiers du PIB agricole, 135 millions de journées de travail par an, 1,2 million d'éleveurs concernés et 35 milliards de dirhams de valeur ajoutée, selon ses déclarations rapportées par Hespress.

Un pilier. Mais un pilier climatiquement exposé. Un ciel capricieux, des rafales qui grattent la terre, des températures qui oscillent d'un versant à l'autre — ce sont autant de variables qui pèsent sur les éleveurs avant d'arriver dans les colonnes du PIB. Le Plan Maroc Vert puis Génération Green ont consolidé des acquis. Ils n'ont pas désarmé la sécheresse.

Ce qu'il faut retenir

Le Maroc culturel s'internationalise — Fès avec les Mâalemines et l'Allemagne, Casablanca avec le Japon — pendant que son environnement rappelle une règle simple : les festivals se programment, pas la pluie. Entre la vitrine et le paysage, c'est la même question qui revient. Qui, concrètement, prend soin des gardiens ? Ceux du geste artisanal, comme ceux du troupeau.