Expositions scientifiques, violences sociales, taxer les milliardaires : les fronts du 18 octobre

Ce dimanche, la France découvre cinq expositions scientifiques majeures tandis que les mobilisations sociales laissent place à des violences inédites. Aux États-Unis, Gabriel Zucman plaide pour taxer les ultra-riches.

Expositions scientifiques, violences sociales, taxer les milliardaires : les fronts du 18 octobre
Photo de Arctic Qu sur Unsplash

La France s’éveille ce dimanche 18 octobre sur une journée contrastée, où la curiosité scientifique côtoie les tensions sociales et les débats économiques internationaux. Entre les musées qui ouvrent leurs portes à des expositions audacieuses et les rues encore marquées par les violences de la veille, le pays oscille entre émerveillement et inquiétude. À l’étranger, un économiste français tente de bousculer les règles du jeu fiscal, tandis que les diplomaties s’entrechoquent en Cisjordanie.

Cinq expositions scientifiques pour explorer le monde autrement

Le Muséum national d’histoire naturelle et plusieurs institutions scientifiques françaises proposent ce week-end une plongée dans des univers aussi variés que les minéraux, les illusions d’optique ou la faune sauvage. À Paris, l’exposition "Fragiles colosses" met en lumière les sculptures animalières de François Pompon, dont l’emblématique ours blanc en plâtre, réalisé entre 1922 et 1928. À Toulouse, le Quai des Savoirs invite le public à découvrir "Minerais, trésors de la Terre", une exploration des ressources naturelles qui façonnent notre quotidien, de la fabrication des smartphones à la transition énergétique.

Ces expositions, sélectionnées par les journalistes du Monde, offrent une pause réflexive dans un contexte national tendu. Elles rappellent aussi l’importance de la médiation scientifique, alors que les débats sur la transition écologique et les innovations technologiques occupent une place croissante dans le débat public.

Rennes, symbole d’une mobilisation sociale qui dérape

La manifestation du 17 octobre à Rennes restera comme l’un des épisodes les plus violents de ces dernières années. Ce qui devait être une journée de protestation contre la vie chère et pour davantage de moyens dans l’éducation a viré au chaos, avec des affrontements répétés entre manifestants et forces de l’ordre, suivis de pillages en centre-ville. Selon les estimations, entre 12 000 et 15 000 personnes ont défilé dans les rues de la capitale bretonne, un chiffre bien supérieur aux attentes des organisateurs.

Les images des vitrines brisées et des magasins vandalisés, diffusées en boucle sur les réseaux sociaux, ont éclipsé les revendications initiales. Pour les autorités, ces violences sont le fait de "groupes ultra-violents" venus perturber une mobilisation par ailleurs légitime. Du côté des syndicats, on dénonce une "répression disproportionnée" et un "détournement" de l’esprit de la manifestation. Une chose est sûre : cette journée laisse un goût amer, alors que les tensions sociales s’accumulent à six mois de l’élection présidentielle.

Gabriel Zucman, l’économiste qui veut taxer les milliardaires californiens

À 39 ans, Gabriel Zucman, économiste franco-américain et professeur à Berkeley, mène une croisade inédite : convaincre les Californiens d’adopter une taxe exceptionnelle sur les fortunes des milliardaires. Son combat prend une tournure concrète avec un référendum prévu le 3 novembre, qui propose d’imposer à hauteur de 5 % le patrimoine des ultra-riches résidant dans l’État. Une mesure radicale, qui divise même parmi les économistes.

Zucman, connu pour ses travaux sur les inégalités et l’évasion fiscale, assume un engagement militant qui dépasse le cadre académique. Certains de ses pairs lui reprochent de mélanger les genres, arguant que son activisme pourrait nuire à sa crédibilité scientifique. Pour ses défenseurs, en revanche, cette initiative est une réponse nécessaire à l’explosion des inégalités aux États-Unis. Quoi qu’il en soit, son combat résonne bien au-delà de la Californie, alors que la question de la fiscalité des plus riches agite les débats en Europe comme en France.

Cisjordanie : un maire français roué de coups par des colons

L’incident, survenu vendredi en Cisjordanie occupée, a provoqué une vague d’indignation en France. Bernard Baudoux, maire communiste de la commune de Bruay-la-Buissière (Pas-de-Calais), a été violemment agressé par des colons israéliens alors qu’il participait à une délégation diplomatique européenne. Les images, diffusées par l’agence Reuters, montrent des hommes masqués s’en prenant au convoi, avant de frapper le maire à plusieurs reprises.

Le bureau du Premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a réagi en accusant les diplomates de ne pas avoir coordonné leur déplacement avec l’armée israélienne. Une justification qui n’a pas convaincu Paris, où le Quai d’Orsay a fermement condamné cette attaque. L’incident s’inscrit dans un contexte de tensions croissantes en Cisjordanie, où les violences entre colons et Palestiniens se multiplient depuis plusieurs mois.

Sonay Kartal, l’outsider qui bouscule le tennis féminin

À 24 ans, la Britannique Sonay Kartal a créé la surprise en se qualifiant pour la finale d’un tournoi WTA 1000, un niveau de compétition réservé aux meilleures joueuses mondiales. Classée 170e à l’ATP, elle est la joueuse la moins bien classée à atteindre une telle finale depuis 1991. Son parcours, marqué par une fracture de fatigue au dos l’an dernier, est d’autant plus remarquable qu’elle a dû autofinancer une partie de sa carrière.

Kartal, qui affronte dimanche la Polonaise Maja Chwalinska, incarne une nouvelle génération de joueuses qui refusent de se laisser enfermer par les classements. Son histoire rappelle que le tennis féminin, souvent dominé par les mêmes noms, reste un sport où l’imprévu a encore sa place. Une lueur d’espoir pour les jeunes talents qui peinent à percer dans un circuit de plus en plus exigeant.