Culture et environnement : Es-Smara forme, Tanger pêche mieux

Culture et environnement au Maroc : Es-Smara accueille un pôle cinéma-gaming, Tanger voit ses débarquements de pêche bondir de 63% au premier trimestre.

Culture et environnement : Es-Smara forme, Tanger pêche mieux
Photo de Philip Strong sur Unsplash

Revue de presse du 22 avril 2026
Dernière mise à jour : 09:22

Es-Smara accueille un pôle cinéma et gaming. Tanger voit ses filets se remplir. Deux mouvements parallèles, un même pari : produire au lieu d'importer, former au lieu de subir.

Pourquoi l'ISMAC mise-t-il sur Es-Smara ?

L'Institut supérieur des métiers de l'audiovisuel et du cinéma (ISMAC) et l'Université Ibnou Zohr ont signé mardi à Es-Smara une convention-cadre de coopération. Les deux institutions affichent un objectif clair : créer des synergies entre le monde universitaire et les métiers de l'image, du son et du gaming, selon Hespress.

La signature s'est tenue lors d'une journée de partenariats organisée par la Faculté polydisciplinaire d'Es-Smara, sous le thème « Es-Smara : carrefour spirituel et historique et porte de l'avenir ». Le message est politique autant qu'académique. Former sur le terrain saharien, c'est refuser que les métiers du cinéma marocain restent confinés à Casablanca, Rabat et Ouarzazate.

Le gaming, glissé dans le texte de la convention, dit autre chose. Le secteur pèse mondialement plus que le cinéma. Le Maroc l'a compris tard. Installer un pôle de formation dans le Sud, c'est miser sur une génération qui jouera et produira depuis Es-Smara. Pari long, cohérent avec la doctrine du développement territorial équilibré.

La pêche à Tanger explose : rebond ou tendance ?

L'Office national des pêches (ONP) a publié son bilan du premier trimestre. Verdict : les débarquements de pêche côtière et artisanale au port de Tanger bondissent de 63% pour atteindre 1 479 tonnes. La valeur marchande suit, à 36,87 millions de dirhams, en hausse de 13% sur un an.

Le détail compte. Les poissons pélagiques progressent de 55% en volume (681 tonnes) et de 46% en valeur. Les poissons blancs, eux, explosent de 180%. Trois chiffres qui ne se lisent pas de la même manière. Le pélagique, c'est le poisson populaire — sardine, anchois, maquereau. Le poisson blanc, c'est la gamme haute — merlu, sole, rouget. L'un nourrit le marché intérieur. L'autre part à l'export ou au restaurant.

Reste la question que l'ONP ne pose pas. Cette hausse vient-elle d'une ressource plus abondante ou d'un effort de pêche plus intense ? Alors que les stocks halieutiques mondiaux s'épuisent, une croissance à trois chiffres mérite un regard attentif. L'économie bleue marocaine avance. Sa durabilité, elle, se joue ailleurs que dans les chiffres de débarquement.

Que dit la météo du 22 avril sur le climat marocain ?

La Direction générale de la météorologie annonce pour ce mercredi une carte morcelée. Bruine sur les côtes Sud le matin. Averses orageuses sur l'est des provinces sahariennes, le Haut et Moyen Atlas, l'Est du Rif et l'Oriental. Ondées éparses sur l'intérieur du Souss. Rafales de vent modérées à assez fortes sur l'Atlas, le Souss intérieur, l'Oriental et l'extrême Sud-Est, avec chasse-sables locales.

Ce patchwork devient la norme d'avril. Le printemps marocain, longtemps synonyme de douceur stable, se fait instable, venteux, orageux. Les agriculteurs le savent. Les barrages aussi. Pour un pays où la ressource hydrique décide de tout — de l'agriculture au PIB — chaque épisode compte, même quand il se limite à des averses locales et quelques rafales.

Ce qu'il faut retenir

Le Maroc forme à Es-Smara, pêche plus à Tanger, encaisse un ciel capricieux. Trois fragments qui dessinent une ambition commune : valoriser les ressources là où elles sont, former les talents où ils vivent, s'adapter au climat tel qu'il devient. Le pari est cohérent sur le papier. Son exécution se jugera dans la durée — à la fois dans les salles de cinéma saharien et au fond des filets du détroit.