Épargne : comptes à terme dépassent le Livret A, un tournant pour les Français
Les comptes à terme rapportent désormais plus que le Livret A, une première depuis 2012. Pourquoi ce basculement, et quels placements privilégier jusqu’en février 2027 ?
L’automne 2026 s’ouvre sur un paradoxe économique : alors que les Français serrent leurs budgets face à l’inflation persistante, leurs économies, elles, rapportent enfin plus qu’avant. Le signal est clair : pour la première fois depuis 2012, les comptes à terme offrent des rendements supérieurs à ceux du Livret A, fixé à 3 % depuis février. Une inversion des valeurs qui interroge les habitudes d’épargne et redessine les stratégies patrimoniales, à l’heure où la Banque centrale européenne maintient des taux élevés pour contenir la hausse des prix.
Livret A vs comptes à terme : le grand basculement
Depuis le 1ᵉʳ octobre, plusieurs banques proposent des comptes à terme rémunérés entre 3,2 % et 3,5 % sur douze mois, dépassant ainsi le taux du Livret A, inchangé depuis huit mois. Ce phénomène, confirmé par les données de la Banque de France, marque un tournant pour les 55 millions de détenteurs du placement préféré des Français. « Certains placements sans risque font désormais mieux que le Livret A », résume Le Monde, soulignant que cette situation devrait perdurer « au moins jusqu’au 1ᵉʳ février 2027 », date de la prochaine révision du taux réglementé.
Pourquoi ce revirement ? La hausse des taux directeurs de la BCE, maintenus à 4 % depuis juin 2025, a mécaniquement dopé les rendements des produits bancaires de court terme. Les comptes à terme, jusqu’ici boudés pour leur rigidité (blocage des fonds pendant plusieurs mois), deviennent attractifs grâce à des taux fixes et garantis. À l’inverse, le Livret A, dont le taux est calculé en fonction de l’inflation et des taux interbancaires, subit un plafonnement politique : le gouvernement a gelé son rendement à 3 % en février, malgré une inflation toujours supérieure à 2,5 %.
Ce qu’il faut retenir :
- Fiscalité : Les intérêts des comptes à terme sont soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 % (12,8 % d’impôt + 17,2 % de prélèvements sociaux), contre une exonération totale pour le Livret A.
- Liquidité : Le Livret A permet des retraits à tout moment, tandis que les comptes à terme imposent un blocage des fonds (de 3 mois à 5 ans).
- Plafond : Le Livret A est limité à 22 950 € par personne, alors que les comptes à terme n’ont pas de plafond légal (mais les banques fixent souvent des seuils).
Dorothée Gilbert : l’adieu à l’Opéra, symbole d’une institution en mutation
Alors que les Français réévaluent leurs placements, une autre forme de transmission s’achève : celle de Dorothée Gilbert, danseuse étoile de l’Opéra national de Paris, qui donnera sa dernière représentation le 15 octobre dans L’Histoire de Manon. À 43 ans, elle quitte la scène après vingt ans de carrière, dans un contexte où l’institution, confrontée à des tensions budgétaires et à des débats sur la parité, cherche un nouveau souffle.
Gilbert, souvent décrite comme l’héritière de Sylvie Guillem, incarne une génération de danseurs qui ont dû composer avec les contraintes de la scène et les attentes d’un public de plus en plus exigeant. « Les adieux, on ne les prépare pas, on fait avec », confie-t-elle au Monde, évoquant la difficulté de tourner la page. Son départ coïncide avec une série de réformes à l’Opéra, où la direction tente de moderniser la gestion des corps de ballet tout en préservant l’excellence artistique.
Pourquoi ça compte :
- Transmission : Gilbert a formé plusieurs danseurs de la nouvelle génération, dont certains pourraient lui succéder. Son départ interroge la capacité de l’Opéra à renouveler ses talents.
- Budget : L’institution, subventionnée à hauteur de 100 millions d’euros par an, fait face à des critiques sur l’utilisation des fonds publics, alors que les cachets des étoiles restent modestes (entre 3 000 et 6 000 € brut par mois).
- Parité : Les femmes représentent 80 % des effectifs du ballet, mais seulement 30 % des chorégraphes programmés. Un déséquilibre que la direction promet de corriger d’ici 2028.
La Fondation Abbé-Pierre : survivre au scandale
Deux ans après les révélations sur les agressions sexuelles commises par l’abbé Pierre, la Fondation pour le Logement (FAP), qu’il a créée en 1954, tente de se reconstruire. Dans un entretien au Dauphiné Libéré, son directeur général, Christophe Robert, reconnaît que « la reconstruction est loin d’être achevée », mais souligne que l’institution a « tenu bon » grâce à la mobilisation de ses 1 200 salariés et de ses donateurs.
Les dons, qui représentent 60 % des ressources de la FAP, ont chuté de 15 % en 2024, avant de se stabiliser en 2025. « Les gens ont compris que la Fondation n’était pas l’abbé Pierre », explique Robert, qui mise sur une transparence accrue pour regagner la confiance. La FAP a notamment créé un comité éthique indépendant et renforcé ses procédures de signalement des violences.
Les défis à venir :
- Financier : La FAP doit combler un déficit de 8 millions d’euros en 2026, lié à la baisse des dons et à l’augmentation des coûts de construction.
- Social : Avec 4,1 millions de personnes mal logées en France (chiffres Fondation Abbé-Pierre 2026), la demande d’hébergement d’urgence a bondi de 20 % en deux ans.
- Symbolique : L’abbé Pierre reste une figure tutélaire du logement social. La FAP doit désormais dissocier son héritage humanitaire de son histoire personnelle.
Roumanie : la Securitate, un fantôme qui hante la politique
En Roumanie, la révélation fin août de la présence d’un ancien officier de la Securitate (la police politique communiste) à la tête de la garde rapprochée du président Klaus Iohannis a ravivé les tensions autour de l’héritage du régime de Ceaușescu. Gheorghe Dincă, en poste depuis 2004, a été limogé après que la presse a révélé son passé, mais le scandale a mis en lumière la persistance des réseaux d’influence de l’ancienne police secrète.
Selon les historiens interrogés par Le Monde, « la Securitate n’a jamais vraiment disparu ». Ses anciens agents, reconvertis dans les affaires ou la politique, contrôleraient encore une partie de l’économie roumaine. « Ce n’est pas un complot, c’est une réalité structurelle », explique l’historien Florin Țurcanu, auteur d’un livre sur la transition post-communiste.
Pourquoi la France suit de près :
- Diplomatie : La Roumanie, membre de l’UE et de l’OTAN, est un partenaire clé de la France dans les Balkans. Paris a récemment signé un accord de coopération militaire avec Bucarest, dans un contexte de tensions accrues avec la Russie.
- Justice transitionnelle : La Roumanie est l’un des rares pays d’Europe de l’Est à ne pas avoir purgé ses institutions des anciens collaborateurs du régime. Une question sensible à l’approche des élections européennes de 2029.
Ce qu’il faut retenir de la journée
L’automne 2026 marque un tournant pour l’épargne des Français, avec des placements jusqu’ici marginaux qui deviennent plus attractifs que le Livret A. Ce basculement, symptomatique d’une économie en tension, s’accompagne de débats plus larges : sur la transmission (Dorothée Gilbert), la résilience des institutions (Fondation Abbé-Pierre) et les fantômes du passé (Roumanie). Dans un contexte où chaque euro compte, les choix des ménages – comme ceux des États – reflètent des arbitrages entre sécurité, rendement et héritage.