Environnement : averses sur l'Atlas, oubliés sur les plaines

Averses orageuses sur l'Atlas, sécheresse persistante au sud, éleveurs exclus du soutien : le Maroc affronte ses fractures hydriques sous un ciel capricieux.

Environnement : averses sur l'Atlas, oubliés sur les plaines
Photo de Philip Strong sur Unsplash

Le ciel marocain joue sur deux tableaux ce lundi : averses orageuses sur l'Atlas, brumes sur le centre, sud-est qui chauffe pendant que le Rif grelotte. Derrière la météo, une seule question : comment gérer l'eau quand elle tombe trop d'un coup, ou pas du tout ? Et pendant ce temps, le box-office mondial s'enflamme pour un biopic qui préfère la chorégraphie aux zones d'ombre.

Le temps marocain, miroir de ses inégalités

Selon la Direction générale de la météorologie, ce lundi 27 avril 2026 met en scène un pays à plusieurs vitesses météorologiques. Averses orageuses et risque de grêle locale sur les reliefs du Haut et Moyen Atlas, le Saiss, les plateaux des Phosphates. Temps assez chaud sur le Saiss, le Gharb, Oulmès et le Sud-Est. Bruine sur les plaines nord et centre, rafales fortes sur le Tangérois et la rive méditerranéenne. Températures minimales de 3 à 10 °C sur l'Atlas, 9 à 14 °C sur le Rif — soit l'écart d'un autre pays à l'intérieur du même.

Cette mosaïque n'est pas anecdotique. Elle dessine la carte des risques agricoles : grêle qui peut anéantir une parcelle en un quart d'heure, vent qui assèche les sols en surface, chaleur précoce qui accélère le stress hydrique. La météo rappelle que le Maroc ne vit pas sous un climat, mais sous plusieurs — et que sa politique de l'eau doit suivre.

Pourquoi Rehamna réclame-t-elle ses citernes ?

Le député Abdellatif Zaim a interpellé par écrit le ministre de l'Équipement et de l'Eau sur l'absence d'infrastructures de collecte d'eaux pluviales — les matfiyat — dans la province de Rehamna, selon Kech24. Ces ouvrages traditionnels ont prouvé leur efficacité dans plusieurs bassins du royaume, contribuant à mobiliser des ressources additionnelles et à améliorer le quotidien rural, rappelle l'élu.

Mais Rehamna, zone semi-aride frappée par des sécheresses successives, attend toujours. Le député pointe une réalité simple : le Maroc parle stratégie hydrique, finance des dessalements, multiplie les annonces — pendant que des solutions à coût modeste, éprouvées localement, restent absentes là où elles seraient les plus utiles. Quand la pluie tombe, elle file. Quand elle ne tombe pas, on en parle.

Kalâa Sraghna : 20 éleveurs invisibles

Autre interpellation parlementaire, autre angle mort. Selon Kech24 toujours, le député Ayachi Ferfar a saisi le ministre de l'Agriculture sur le cas de 20 éleveurs de la province de Kalâa Sraghna, exclus du programme national de soutien à la reconstitution du cheptel. Leur tort : avoir migré vers le Gharb et Settat pendant la période de recensement pour chercher du fourrage — fait classique chez les transhumants — puis être rentrés trop tard pour la phase de marquage du bétail.

La conséquence est concrète : un cheptel d'environ 2 500 têtes, vital pour des familles rurales dont la subsistance repose sur l'élevage et le pâturage, qui ne touche aucune des aides destinées à amortir les effets du sécheresse et de la flambée des aliments. L'élevage n'attend pas le calendrier administratif. Les éleveurs nomades, encore moins. Le programme de soutien était pensé pour eux. Il les ignore.

Le biopic Jackson cartonne, le débat reste sous le tapis

Côté culture, le box-office nord-américain a signé son meilleur démarrage pour un biopic musical avec Michael : 97 millions de dollars de recettes ce week-end, selon les estimations du secteur rapportées par Hespress. Le rôle-titre est tenu par Jaafar Jackson, neveu de l'artiste mort en 2009.

L'analyste David A. Gross, du cabinet Franchise Entertainment Research, parle d'un démarrage record pour ce format. Il ajoute que la majorité des critiques jugent le film superficiel, et qu'il évite les aspects les plus complexes de la vie de Michael Jackson — les accusations de pédocriminalité visant l'artiste figurant au premier rang. Le public a tranché en achetant des places. Le débat éthique, lui, reste hors-champ. C'est l'éternelle équation du biopic-mausolée : on consacre, on n'examine pas.

Ce qu'il faut retenir

  • Le bulletin météo de ce lundi expose la diversité climatique du Maroc et les vulnérabilités qui vont avec : grêle sur l'Atlas, vent sur le Tangérois, chaleur précoce au sud-est.
  • Deux questions parlementaires — Rehamna et Kalâa Sraghna — pointent les angles morts de la politique rurale : pas de citernes là où il en faudrait, pas d'aide pour des éleveurs déplacés par la sécheresse.
  • Le biopic Michael Jackson explose au box-office (97 M$ d'ouverture, source Franchise Entertainment Research via Hespress) malgré des critiques unanimes sur son refus des zones d'ombre — succès commercial, pauvreté éditoriale.