Maroc : emploi itinérant, fin de l'arabe en Andalousie et déchets à Marrakech

Trois enjeux culturels et environnementaux au Maroc : un dispositif itinérant pour l'emploi dans le Haut Atlas, la fin de l'enseignement de l'arabe en Andalousie, et la crise des déchets à Marrakech. Ce qu'il faut retenir.

Maroc : emploi itinérant, fin de l'arabe en Andalousie et déchets à Marrakech
Photo de Tregg Frank sur Unsplash

Le Maroc aborde ce mardi 7 juillet 2026 une série de défis qui mêlent culture, patrimoine et gestion environnementale. Entre une initiative inédite pour rapprocher les jeunes des entreprises dans le Haut Atlas, une décision espagnole qui marque la fin d’un programme d’enseignement de l’arabe vieux de près de cinquante ans, et une crise persistante des déchets à Marrakech, le pays se trouve à la croisée de dynamiques locales et de tensions transnationales.

Un dispositif itinérant pour l’emploi dans le Haut Atlas

Une caravane dédiée à l’emploi et à l’entrepreneuriat s’apprête à sillonner plusieurs provinces du Haut Atlas. L’objectif : aller au-devant des jeunes et des femmes éloignés du marché du travail, en combinant accompagnement de proximité, ateliers pratiques et rencontres avec des entreprises locales. Selon les informations rapportées par Hespress, cette initiative ciblera les provinces de Taroudant, Al Haouz et Chichaoua, ainsi que la préfecture de Marrakech.

Ce dispositif s’inscrit dans une volonté de réduire les fractures territoriales, souvent pointées du doigt dans les rapports sur l’emploi au Maroc. Les zones rurales et montagneuses, comme le Haut Atlas, concentrent une part importante des jeunes en situation de précarité, avec des taux de chômage supérieurs à la moyenne nationale. En allant directement sur le terrain, les organisateurs espèrent contourner les obstacles logistiques et administratifs qui freinent souvent l’accès aux opportunités.

Pourtant, cette approche itinérante soulève aussi des questions sur sa pérennité. Les caravanes, bien que utiles pour toucher des populations isolées, ne résolvent pas à elles seules les problèmes structurels du marché du travail marocain : manque de formations adaptées, difficultés d’accès au financement pour les entrepreneurs, et persistance d’un secteur informel dominant.


Andalousie : la fin d’un programme d’enseignement de l’arabe

L’Andalousie a acté la fin du Programme de langue arabe et de culture marocaine (PLACM), qui sera progressivement supprimé d’ici la rentrée scolaire 2027-2028. Cette décision, prise par le gouvernement régional dirigé par le Parti populaire (PP) avec le soutien de Vox, marque la fin d’un dispositif en vigueur depuis 1985, issu d’un accord de coopération culturelle signé entre le Maroc et l’Espagne en 1980.

Le PLACM permettait aux élèves d’origine marocaine, ainsi qu’à tout élève intéressé, de suivre des cours d’arabe et de culture marocaine en dehors du cursus scolaire classique. Selon Hespress, ce programme était devenu un symbole des liens culturels entre les deux pays, mais aussi un enjeu politique dans une Espagne où les débats sur l’immigration et l’intégration sont de plus en plus polarisés.

La suppression du PLACM intervient dans un contexte de montée des discours anti-immigration en Andalousie, une région qui compte une importante communauté marocaine. Pour ses détracteurs, ce programme était perçu comme un outil de communautarisme, tandis que ses défenseurs y voyaient un moyen de préserver le lien culturel entre les jeunes d’origine marocaine et leur pays d’origine.

Cette décision interroge aussi sur l’avenir des relations culturelles entre le Maroc et l’Espagne. Le PLACM était l’un des derniers vestiges d’une coopération éducative ambitieuse, lancée dans les années 1980 pour faciliter l’intégration des enfants de migrants tout en maintenant un lien avec leur culture d’origine. Sa disparition pourrait accentuer le sentiment d’isolement des jeunes Marocains d’Espagne, déjà confrontés à des défis d’identité complexes.


Marrakech : la crise des déchets qui s’enlise

À Marrakech, les habitants du quartier d’Askjour dénoncent une situation environnementale devenue « intolérable ». Selon une plainte adressée à la municipalité par l’association Sajlmasa pour le développement humain, relayée par Kich24, le secteur entourant le collège Atlas est envahi par les déchets, malgré les multiples signalements des riverains.

Les conteneurs, lorsqu’ils sont présents, débordent, tandis que les sacs s’entassent à même le sol, attirant rats et insectes. Les odeurs nauséabondes et la prolifération de nuisibles rendent le quotidien des habitants insupportable, selon l’association. Les espaces verts du quartier, déjà rares, sont également touchés, aggravant la dégradation du cadre de vie.

Cette crise des déchets à Marrakech n’est pas nouvelle. La ville, l’une des plus touristiques du pays, a longtemps peiné à gérer ses ordures, en raison d’une croissance urbaine rapide et d’un manque d’infrastructures adaptées. Les contrats avec les entreprises chargées de la collecte sont régulièrement pointés du doigt pour leur inefficacité, tandis que les habitants dénoncent un manque de transparence dans la gestion des fonds alloués à l’assainissement.

La plainte d’Askjour s’inscrit dans une série de mobilisations locales pour exiger des solutions durables. Mais face à l’ampleur du problème, les réponses restent souvent ponctuelles : nettoyages temporaires, redistribution des conteneurs, sans que les causes profondes ne soient réellement adressées.


Ce qu’il faut retenir

Ces trois sujets illustrent les défis auxquels le Maroc est confronté, à différentes échelles.

  1. L’emploi dans le Haut Atlas : Une initiative innovante, mais qui ne suffira pas à elle seule à résoudre les fractures territoriales. Le succès de ces caravanes dépendra de leur capacité à s’inscrire dans une politique plus large d’inclusion économique.
  2. La fin du PLACM en Andalousie : Une décision qui reflète les tensions politiques en Espagne, mais qui risque d’affaiblir les liens culturels entre les deux pays. Pour les jeunes Marocains d’Espagne, cette suppression pourrait compliquer leur rapport à leur double identité.
  3. Les déchets à Marrakech : Un problème récurrent, qui révèle les limites de la gouvernance locale. Sans une approche intégrée, combinant infrastructures, sensibilisation et transparence, les crises environnementales continueront de se multiplier.

Dans un contexte marqué par les changements climatiques et les recompositions géopolitiques, ces enjeux culturels et environnementaux prennent une dimension stratégique. Le Maroc devra trouver un équilibre entre préservation de son patrimoine, modernisation de ses infrastructures et réponse aux attentes de ses citoyens.