Football : El Khannous porte Stuttgart vers la Ligue des champions

Bilal El Khannous claque un but somptueux en Bundesliga tandis que la Botola offre une course au titre à quatre, serrée comme jamais.

Football : El Khannous porte Stuttgart vers la Ligue des champions
Photo de Karsten Winegeart sur Unsplash

Revue de presse du 13 avril 2026
Dernière mise à jour : 09:20

Un international marocain qui inscrit un but de gala en Bundesliga pour propulser son club vers la Ligue des champions. Un championnat national où quatre équipes se tiennent en un point à l'approche du sprint final. Ce lundi, le football marocain a des raisons de bomber le torse — et de serrer les dents.

Bilal El Khannous peut-il emmener Stuttgart en Ligue des champions ?

La statistique parle d'elle-même : 56 points, troisième place, cinq journées à jouer. Le VfB Stuttgart est redevenu un candidat crédible à la Ligue des champions, et Bilal El Khannous n'y est pas étranger. Dimanche, face à Hambourg, le milieu offensif marocain a scellé un 4-0 sans appel d'une frappe lointaine à la 86e minute — le genre de geste qui imprime les rétines et fait taire les sceptiques.

Ce but n'est pas un accident. El Khannous, 21 ans, s'impose match après match dans le onze de Stuttgart avec une régularité qui force le respect. Là où d'autres jeunes talents marocains expatriés soufflent le chaud et le froid, lui construit patiemment sa place dans l'un des championnats les plus exigeants d'Europe. La différence ? Un positionnement hybride, entre création et percussion, qui correspond exactement à ce que le football moderne réclame de ses milieux offensifs.

Pour le Maroc, l'enjeu dépasse le cadre d'un simple match de Bundesliga. El Khannous qui joue la Ligue des champions la saison prochaine, c'est un Lion de l'Atlas supplémentaire au plus haut niveau européen. À un peu plus de quatre ans du Mondial 2030, chaque palier franchi par un international compte. La sélection de Walid Regragui dispose déjà d'Ezzalzouli en Liga, de plusieurs cadres en Ligue 1 — un El Khannous en C1 ajouterait une corde sérieuse à l'arc.

Stuttgart, qui avait déjà créé la surprise la saison passée en se qualifiant pour les compétitions européennes, semble prêt à confirmer. Stiller, Führich, Mittelstädt : les trois autres buteurs du jour forment avec El Khannous un collectif qui tourne. Cinq journées, c'est long. Mais c'est aussi le genre de dynamique qu'on ne freine pas facilement.

La Botola à quatre : qui craquera le premier ?

Pendant ce temps, à domicile, le suspense atteint des niveaux rarement vus. Selon Hespress, le Maghreb de Fès occupe désormais provisoirement la tête de la Botola Pro D1 avec 31 points en 15 matchs, devant le Wydad (30 points, 15 matchs), les FAR (30 points, 14 matchs) et le Raja (30 points, 15 matchs).

Quatre équipes en un point. Relisez ce chiffre. Un point.

Le championnat marocain offre une course au titre dont la densité ferait pâlir bien des ligues européennes. Le MAS, porté par des victoires régulières à domicile, a pris les commandes. Mais les FAR, avec un match en moins, détiennent peut-être la clé de la saison. Dans un tel embouteillage, chaque faux pas sera fatal — et chaque match en retard devient un avantage psychologique autant que comptable.

Ce qui frappe, c'est l'absence de favori clair. Wydad et Raja, les deux mastodontes casablancais, sont dans le coup mais ne dominent pas. Fès mène. Les FAR guettent. La Botola 2025-2026 pourrait accoucher d'un champion inattendu — et c'est précisément ce qui la rend passionnante.

Entre un El Khannous qui vise l'Europe et un championnat national qui refuse de désigner son roi, le football marocain vit un printemps sous haute tension. Les prochaines semaines diront si Stuttgart décroche son ticket pour la C1 — et si le MAS peut transformer son avance d'un souffle en titre. Dans les deux cas, il faudra du caractère. Ça tombe bien : c'est la seule chose qui ne se négocie pas sur un terrain.