Du ski nautique au Mondial 2026 : le sport marocain vise plus haut

Du ski nautique au Mondial 2026 : le sport marocain vise plus haut
Photo de Annie Spratt sur Unsplash

Revue de presse du 9 avril 2026
Dernière mise à jour : 09:20

Kamil Belmrah a 21 ans et vient de décrocher le titre de champion d'Afrique toutes catégories de ski nautique. En Namibie, face aux Sud-Africains qui règnent sur la discipline depuis des décennies, le Marocain a imposé sa loi au slalom avec une maîtrise qui n'a rien d'un coup d'éclat isolé. Pendant ce temps, Fox Sports classe les supporters marocains parmi les meilleurs fans de football au monde. Deux signaux différents, un même message : le sport marocain construit quelque chose de solide, à tous les étages.

Belmrah, la confirmation d'un prodige

Le championnat d'Afrique de ski nautique, disputé du 2 au 5 avril au Van Bach Dam en Namibie, a livré son verdict. Kamil Belmrah repart avec deux titres : champion continental toutes catégories et meilleur skieur africain de l'année. Le tout en détrônant les Sud-Africains sur leur terrain de jeu historique.

Ce sacre n'est pas sorti de nulle part. En 2021, à Madrid, Belmrah devenait le premier Africain à remporter l'or en slalom chez les moins de 17 ans aux championnats d'Europe et d'Afrique. Cinq ans plus tard, la promesse se transforme en domination continentale. Le ski nautique reste un sport confidentiel au Maroc, loin des projecteurs du football. Mais la trajectoire de Belmrah illustre un phénomène plus large : l'émergence d'athlètes marocains dans des disciplines où personne ne les attendait. Le travail de fond paie, même sans les moyens des grandes fédérations.

Le sixième homme du Mondial

À quelques semaines de la Coupe du monde 2026 — qui se jouera en partie sur le sol marocain —, Fox Sports a classé le public marocain sixième meilleure base de supporters au monde. Le vote, basé sur l'engagement numérique et la présence sur les grandes plateformes, confirme ce que le monde a découvert au Qatar en 2022 : la ferveur marocaine n'est pas un feu de paille.

Ce classement n'est pas qu'une question de fierté. Pour un pays co-organisateur du Mondial, la réputation de ses supporters est un actif stratégique. Les stades marocains seront remplis, l'ambiance sera au rendez-vous, et les diffuseurs le savent. Fox Sports souligne le caractère « constant et créatif » du soutien aux Lions de l'Atlas. Traduction : ce n'est pas juste du bruit, c'est une culture de supporters qui s'exporte et qui pèse dans l'image du pays à l'international.

Les Lionnes préparent leur avenir

Moins médiatisé mais tout aussi significatif : l'équipe nationale féminine est en stage à Maâmoura depuis le 7 avril. Deux matchs amicaux sont programmés au Stade Moulay El Hassan de Rabat — contre la Tanzanie le 13 avril, puis le Ghana le 17. Ces rencontres s'inscrivent dans un cycle de préparation que la FRMF maintient avec régularité depuis la percée historique des Lionnes au Mondial 2023 en Australie.

Le football féminin marocain ne fait plus de la figuration. Mais le défi reste immense : maintenir la dynamique sans les coups de projecteur d'une compétition majeure, professionnaliser les structures, attirer les sponsors. Ces amicaux contre deux nations d'Afrique de l'Ouest sont des tests de densité compétitive. Le Ghana et la Tanzanie progressent vite. Les Lionnes ne peuvent pas se permettre de stagner.

Abou Khlal, l'inquiétude

Côté moins réjouissant, Zakaria Abou Khlal a subi une arthroscopie du genou droit à Amsterdam. Le club de Torino n'a pas communiqué de durée d'absence précise. L'ailier marocain, absent des terrains depuis février et la 25e journée de Serie A contre Bologne, entame sa rééducation. À 24 ans et avec seulement 18 matchs disputés cette saison, cette blessure tombe au pire moment : la liste de Walid Regragui pour les prochains rassemblements se dessine déjà, et le Mondial approche. L'incertitude sur son retour est une mauvaise nouvelle pour un joueur qui avait besoin de temps de jeu régulier pour s'imposer dans la rotation de la sélection.

Ce qu'il faut retenir

Le sport marocain avance sur plusieurs fronts simultanément. Des disciplines de niche comme le ski nautique produisent désormais des champions continentaux. Le football féminin poursuit sa structuration. Les supporters imposent leur marque à l'échelle mondiale. Tout converge vers un rendez-vous : le Mondial 2026, où le Maroc ne sera pas seulement hôte, mais acteur à part entière. La question n'est plus de savoir si le pays est prêt pour la scène mondiale — c'est de savoir jusqu'où il peut aller.