Dou Al-Qiida : le Maroc entre dans le mois qui précède le Hajj
Le 1er Dou Al-Qiida tombe ce dimanche 19 avril au Maroc. Mois qui précède le Hajj, il s'ouvre sous un ciel contrasté, du Rif atlasien au Sahara.
Revue de presse du 18 avril 2026
Dernière mise à jour : 09:21
Le Maroc lit le ciel deux fois ce week-end. D'abord pour y chercher un croissant lunaire — et n'y rien voir. Ensuite pour y compter des nuages, des rafales et vingt-cinq degrés d'écart entre le sommet de l'Atlas et les confins sahariens. Deux lectures, un même pays.
Pourquoi Dou Al-Qiida commence-t-il dimanche ?
Le ministère des Habous et des Affaires islamiques a tranché vendredi 17 avril. Selon le communiqué relayé par Hespress, les délégués des Affaires islamiques dans le Royaume et les unités des Forces armées royales, contactés dans la soirée du 29 Chaoual, n'ont pas observé le croissant lunaire. Chaoual comptera donc trente jours, et le 1er Dou Al-Qiida de l'année 1447 de l'Hégire correspondra au dimanche 19 avril 2026.
Dou Al-Qiida n'est pas un mois comme les autres. Il précède Dou Al-Hijja, le mois du pèlerinage. Dans la tradition musulmane, il appartient aux quatre mois sacrés où le combat est proscrit. Pour les pèlerins marocains qui s'apprêtent à partir pour La Mecque, l'horloge vient de s'enclencher. Pour les autres, c'est un mois charnière entre la fin de Ramadan, passé depuis peu, et la grande mobilisation de l'Aïd Al-Adha.
Le communiqué ministériel est sobre. Pas de grandiloquence, pas de mise en scène. Juste la mécanique administrative et la formule d'usage adressée à Mohammed VI, Amir Al Mouminine. Un rituel millénaire qui continue de rythmer le Royaume, indifférent aux algorithmes et aux fuseaux horaires des marchés financiers.
Un pays qui tient en un bulletin météo
Selon la Direction générale de la météorologie, ce samedi 18 avril 2026 dessine une carte thermique presque caricaturale. Zéro à quatre degrés sur l'Atlas. Six à dix sur le Rif et l'Oriental. Dix-neuf à vingt-cinq au Sud. Douze à dix-neuf partout ailleurs.
Ajoutez les nuages bas et les formations brumeuses sur les plaines atlantiques Nord et la Méditerranée, matinée et nuit. Les gouttes éparses et le risque d'orage sur le Rif et les deux Atlas. Les rafales modérées et les chasse-sables locales sur le Tangérois et les provinces du Sud. Un temps assez chaud sur les provinces sahariennes, le Souss, Tadla et Rehamna. Tout le Maroc tient dans un seul bulletin.
Cette diversité climatique n'a rien d'anecdotique. Elle façonne l'agriculture, l'adduction d'eau, les circuits touristiques, jusqu'aux rythmes familiaux. Un habitant de Tata ne vit pas le même mois d'avril qu'un habitant d'Ifrane. Quand les experts parlent de transition climatique au Maroc, ils ne parlent pas d'une, mais de plusieurs — une par étage. La donnée est brute, mais elle raconte un pays qui doit penser l'environnement au pluriel, pas au singulier.
Que dit la cavale du loup Neukgu ?
L'histoire vient de Daejeon, en Corée du Sud. Un loup prénommé Neukgu s'est échappé d'un zoo. Neuf jours de cavale. Des centaines d'agents déployés, selon les autorités locales rapportées par Courrier international. Des drones. Des caméras thermiques. Plusieurs signalements, et un animal insaisissable. Finalement capturé vendredi 17 avril, examiné par un vétérinaire.
Pourquoi en parler depuis Rabat ou Casablanca ? Parce que cette histoire dit quelque chose d'universel. Un prédateur tenu derrière des barreaux, le moment où il franchit la clôture, la disproportion des moyens mobilisés pour le reprendre. L'échec partiel de l'humain à contenir ce qu'il a voulu exhiber.
Le Maroc n'est pas étranger à la question. Parcs zoologiques, jardins animaliers, programmes de conservation du singe magot ou du guépard saharien — les arbitrages se posent dans les mêmes termes. Quel sens à enfermer pour protéger ? Que fait-on d'un animal qui, neuf jours durant, choisit la clôture sautée plutôt que la gamelle pleine ? Neukgu a choisi. Ça mérite, au moins, qu'on y réfléchisse.
Ce qu'il faut retenir
Trois lectures de l'environnement et du temps ce 18 avril. Le calendrier lunaire qui enclenche Dou Al-Qiida dimanche, mois sacré qui précède le Hajj. Une météo qui déploie le Maroc entre zéro degré sur l'Atlas et vingt-cinq au Sud, rappel qu'il n'y a pas un climat marocain mais une mosaïque. Et un loup coréen rattrapé qui renvoie à nos propres contradictions sur la faune que nous enfermons. Le ciel marocain, cette semaine, ne demande pas à être regardé. Il demande à être lu.