Diamond League et AS FAR : le sport marocain en ordre de marche avant la CAN

Soufiane El Bakkali en lice à Bruxelles, l'AS FAR sécurise ses cadres avant la CAN 2027 : deux signaux forts du sport marocain à l'approche des échéances continentales.

Diamond League et AS FAR : le sport marocain en ordre de marche avant la CAN
Photo de Dmitry Ant sur Unsplash

Le sport marocain aborde ce mois de septembre avec deux performances qui résument son ambition : une médaille d’argent en athlétisme de haut niveau, et une stratégie de stabilisation d’effectif dans le football professionnel. À quelques mois de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2027, co-organisée par le Maroc, ces signaux confirment une préparation méthodique, tant sur le plan individuel que collectif.

Soufiane El Bakkali, l’exigence du champion

Soufiane El Bakkali a terminé deuxième du 3 000 mètres steeple lors de la finale de la Diamond League à Bruxelles, samedi 6 septembre. Avec un temps de 8 min 10 sec 03/100, le double champion olympique et du monde a été devancé par l’Éthiopien Gemechu Godana (8 min 08 sec 67/100), tandis que le Kényan Simon Koech complétait le podium. Cette performance, bien que moins éclatante que ses précédents succès, s’inscrit dans une saison où El Bakkali a remporté trois des cinq courses de steeple disputées en Diamond League. À 30 ans, l’athlète marocain reste l’un des principaux prétendants au titre mondial, malgré une concurrence africaine de plus en plus dense.

Son statut de leader du classement qualificatif avant cette finale – où il totalisait 31 points – témoigne de sa régularité. Pourtant, cette deuxième place interroge : El Bakkali, souvent dominant dans les grands rendez-vous, a-t-il manqué de rythme en fin de saison ? Ou cette course s’inscrit-elle dans une stratégie de préparation plus large, à l’approche des Jeux olympiques de 2028 ? Une chose est sûre : le Maroc peut compter sur lui pour porter ses couleurs lors des prochaines échéances, à commencer par les Championnats du monde 2027.

L’AS FAR mise sur la stabilité avant la CAN

Dans un registre différent, l’AS FAR a officialisé la prolongation de quatre de ses joueurs cadres jusqu’en 2029. Le gardien Reda Tagnaouti, les défenseurs Marouane Louadni et Fallou Mendy, ainsi que le milieu de terrain Khalid Aït Ouarkhane sont désormais liés au club militaire pour trois saisons supplémentaires. Cette décision s’inscrit dans une logique de pérennisation, alors que l’équipe nourrit des ambitions sur les scènes nationale et continentale.

Pour l’AS FAR, il s’agit de consolider un groupe solide avant la CAN 2027, où le Maroc sera non seulement hôte, mais aussi favori. La prolongation de ces joueurs clés répond à un double enjeu : éviter les départs précoces vers des championnats plus lucratifs, et maintenir une cohésion d’équipe sur le long terme. Le club, qui a souvent servi de tremplin pour les talents marocains, semble désormais vouloir garder ses éléments les plus expérimentés, une stratégie qui pourrait s’avérer payante lors des compétitions à venir.

Cette démarche contraste avec la frénésie du mercato estival, marquée par des transferts records pour des joueurs comme Ayyoub Bouaddi ou Azzedine Ounahi. L’AS FAR, en misant sur la stabilité, envoie un message clair : la performance passe aussi par la fidélité.

Le Mondial 2030 dans l’ombre des tensions politiques

Si le sport marocain brille sur les pistes et les terrains, les préparatifs du Mondial 2030 – co-organisé avec l’Espagne et le Portugal – restent marqués par des tensions géopolitiques. La récente visite du président de la Fédération espagnole de football (RFEF), Rafael Louzán, à Sebta, où il a exposé le trophée de la Coupe du monde remportée par l’Espagne en 2026, a été perçue comme une provocation par Rabat. En choisissant l’enclave occupée pour cet événement, la RFEF a déplacé le débat sportif sur le terrain politique, instrumentalisant les enjeux migratoires et frontaliers.

Les déclarations de Louzán, affirmant qu’« il n’y a pas de problème migratoire à Sebta », ont été interprétées comme une tentative de minimiser les crises récurrentes dans cette zone. Pour le Maroc, cette sortie médiatique risque de compliquer une coopération déjà fragile, alors que les trois pays organisateurs doivent présenter un front uni pour convaincre la FIFA. Le Mondial 2030, censé symboliser un pont entre l’Afrique et l’Europe, pourrait ainsi devenir un nouveau champ de tensions diplomatiques.

Ce qu’il faut retenir

  1. El Bakkali reste un atout majeur : Malgré une deuxième place à Bruxelles, le Marocain confirme sa régularité au plus haut niveau, un atout pour les prochains Championnats du monde et les Jeux olympiques.
  2. L’AS FAR mise sur la continuité : En prolongeant quatre de ses cadres, le club militaire prépare activement la CAN 2027, avec une stratégie axée sur la stabilité plutôt que sur les transferts.
  3. Le Mondial 2030 sous tension : Les déclarations de la RFEF à Sebta rappellent que la co-organisation du tournoi ne sera pas exempte de défis politiques, au-delà des enjeux sportifs.

À quelques mois des grandes échéances, le sport marocain montre qu’il sait allier performance et préparation. Reste à savoir si cette rigueur portera ses fruits sur la scène internationale.