Le Diable s’habille en vert : quand Hollywood recycle ses mythes et ses forêts

Vingt ans après, le retour de Miranda Priestly sonne comme un aveu : le glamour ne sauve plus rien, pas même la presse. Pendant ce temps, les forêts brûlent moins — mais toujours trop. Analyse croisée.

Le Diable s’habille en vert : quand Hollywood recycle ses mythes et ses forêts
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Quand le glamour devient un plaidoyer (trop) sage

Vingt ans. C’est le temps qu’il aura fallu à Hollywood pour transformer Le Diable s’habille en Prada en fable écologique et médiatique. Dans ce second volet, Miranda Priestly (Meryl Streep) n’est plus la reine incontestée de la mode : elle incarne désormais une presse écrite en pleine débâcle, rattrapée par le numérique et les algorithmes. Le film, très attendu, fait le choix de la mélancolie militante plutôt que de la satire mordante qui avait fait le succès du premier opus. "Moins de méchanceté, plus de bons sentiments", résume Libération — comme si le cinéma, à force de vouloir éduquer, oubliait de divertir.

Pourtant, le sujet est là : la crise des médias, la précarisation des rédactions, l’urgence climatique qui s’invite jusque dans les pages mode. Mais le traitement, lui, reste timide. "Une suite qui fait le job, mais dilue la jouissance d’il y a vingt ans", tranche le même quotidien. Comme si Hollywood, après avoir ri de ses propres excès, préférait désormais les sermonner — sans jamais vraiment les remettre en cause.


Forêts tropicales : le recul ralentit, mais la victoire est loin d’être acquise

Selon Le Monde, la déforestation des forêts primaires a reculé de 36 % en 2025. Une bonne nouvelle ? Oui, mais à relativiser. Ces écosystèmes, essentiels pour la biodiversité et le stockage du carbone, continuent de disparaître sous les coups de l’agriculture intensive et du dérèglement climatique. "La perte ralentit, mais elle ne s’arrête pas", rappelle le journal, soulignant que les incendies géants de 2024 — comme celui qui a ravagé l’Amazonie — ont laissé des cicatrices profondes.

Le Brésil, souvent pointé du doigt, montre des signes d’amélioration. Mais pour combien de temps ? Les pressions économiques restent fortes, et les promesses des COP peinent à se traduire en actes concrets. "On célèbre une baisse, mais on oublie que ces forêts mettent des siècles à se reconstituer", alerte un expert cité par Reporterre. En 2026, la forêt tropicale reste un symbole de la lutte climatique — et de son échec relatif.


L’Europe surchauffe, et personne ne semble surpris

L’Europe se réchauffe deux fois plus vite que le reste du monde. C’est le constat accablant du rapport publié ce mercredi par Copernicus et l’Organisation météorologique mondiale. En 2025, pour la première fois, le continent a connu une "surchauffe quasi généralisée", des pays méditerranéens à la Scandinavie. "Des records effrayants", résume Libération, qui évoque des mégafeux d’une intensité inédite dans les Corbières ou en Grèce.

Pourtant, cette nouvelle ne semble plus choquer personne. Comme si l’urgence climatique, à force d’être répétée, avait perdu son pouvoir de sidération. Les gouvernements européens multiplient les annonces — neutralité carbone, transition énergétique — mais les actes peinent à suivre. "On sait, on mesure, on alerte… et on continue comme avant", déplore un climatologue interrogé par Reporterre. En 2026, l’Europe est devenue le laboratoire du réchauffement — et de l’impuissance politique.


Aliments ultratransformés : l’industrie joue avec notre santé (et s’en sort bien)

"Les méthodes sont les mêmes que l’industrie du tabac." L’accusation, portée par Reporterre et l’ONG Foodwatch, est lourde. Pourtant, elle résume bien la situation : malgré les preuves accablantes sur les effets des aliments ultratransformés (obésité, diabète, cancers), les gouvernements restent inertes. "Même les produits présentés comme sains — yaourts, céréales, carottes râpées — sont souvent des bombes de sucre, de sel et d’additifs", explique le média écologiste.

Pourquoi un tel laxisme ? Parce que l’industrie agroalimentaire, comme celle du tabac avant elle, a su noyauter les débats. Lobbying, études biaisées, marketing ciblant les enfants… Les techniques sont rodées, et les résultats parlent d’eux-mêmes : en France, 60 % des aliments vendus en supermarché sont ultratransformés. "Le gouvernement attend quoi ? Une épidémie de plus ?", s’indigne Foodwatch, qui lance une pétition pour encadrer la publicité de ces produits. En 2026, la malbouffe reste un fléau — et un business très rentable.


Ce qu’il faut retenir

  1. Hollywood recycle ses mythes : Le Diable s’habille en Prada 2 troque la satire contre un plaidoyer militant, mais perd en route sa verve. Comme si le cinéma, à force de vouloir être utile, oubliait d’être subversif.
  2. Les forêts brûlent moins, mais toujours trop : La déforestation recule, mais les dégâts sont irréversibles. Et les promesses politiques peinent à se concrétiser.
  3. L’Europe surchauffe, et c’est devenu normal : Les records climatiques s’enchaînent, mais l’urgence semble avoir perdu son pouvoir de mobilisation.
  4. La malbouffe, nouveau tabac : Malgré les alertes, les gouvernements laissent l’industrie agroalimentaire dicter les règles. Résultat : notre santé paie le prix de leur inaction.

En 2026, entre culture et environnement, une même question se pose : quand les alertes deviendront-elles enfin des actes ?