Maroc : déficit budgétaire en baisse et élections sous surveillance économique
Le déficit budgétaire marocain s’allège à 58,6 milliards de dirhams fin août, tandis que les législatives du 23 septembre 2026 sont scrutées par des observateurs internationaux pour leur impact économique.
Un déficit budgétaire en légère amélioration
Le ministère de l’Économie et des Finances a annoncé, mardi 23 septembre, un déficit budgétaire de 58,6 milliards de dirhams (MMDH) à fin août 2026, en recul de 900 millions de dirhams par rapport à la même période l’an dernier. Cette évolution s’explique par une progression plus rapide des recettes (+25,5 MMDH) que des dépenses (+24,6 MMDH), ainsi que par une amélioration du solde des comptes spéciaux du Trésor. Les recettes fiscales, qui représentent près de 80 % des rentrées totales, ont atteint un taux de réalisation de 66,3 % par rapport aux prévisions de la loi de finances, tandis que les recettes non fiscales, portées par les dividendes des entreprises publiques, ont dépassé les attentes avec un taux de 82,7 %.
Cette performance intervient dans un contexte marqué par des tensions régionales et une campagne électorale qui a mis en lumière les enjeux de pouvoir d’achat et de transparence financière. Les observateurs soulignent cependant que cette amélioration reste fragile, dépendante de facteurs externes comme la stabilité des prix des matières premières et la conjoncture internationale.
Législatives 2026 : un scrutin sous le regard des partenaires économiques
Les élections législatives de ce mercredi 23 septembre 2026 sont placées sous une surveillance accrue, tant sur le plan politique qu’économique. Près de 200 observateurs internationaux, représentant une trentaine d’organisations – dont le Conseil de l’Europe, l’Organisation internationale de la Francophonie et la Ligue arabe –, sont déployés dans les douze régions du Royaume pour suivre le déroulement du scrutin. Leur présence reflète l’importance accordée par les partenaires du Maroc à la stabilité institutionnelle, dans un contexte régional marqué par des crises géopolitiques et des incertitudes économiques.
Le nombre d’électeurs inscrits a reculé de plus de deux millions par rapport aux législatives de 2021, passant de 17,98 millions à 15,8 millions. Ce déclin, couplé à une participation souvent faible lors des précédents scrutins, interroge sur la légitimité des futurs gouvernants et leur capacité à mettre en œuvre des réformes structurelles. Les observateurs internationaux devraient publier leurs premières conclusions dès jeudi, avec une attention particulière portée aux conditions de transparence et à l’équité de la compétition électorale.
Parité en progression, mais des défis persistants
Les élections de 2026 marquent une avancée notable en matière de représentation féminine, avec 2 658 candidates sur un total de 7 288, soit 36,47 % des candidatures. Cette progression est particulièrement visible dans les circonscriptions régionales, où 1 783 femmes se présentent, un chiffre qui s’explique en partie par les quotas imposés par la loi électorale. En revanche, les circonscriptions locales restent un bastion masculin, avec seulement 875 candidates.
Si ces chiffres témoignent d’une évolution positive, des défis subsistent. Les partis politiques peinent encore à placer des femmes en tête de liste dans les circonscriptions les plus compétitives, et les inégalités persistent en matière de financement des campagnes. Par ailleurs, l’absence de mécanismes contraignants pour garantir une parité effective dans les instances décisionnelles limite la portée de ces avancées. Les observateurs internationaux devraient inclure ces enjeux dans leurs rapports, soulignant la nécessité de réformes plus ambitieuses pour atteindre une véritable égalité des chances.
Ce qu’il faut retenir
Le Maroc aborde cette journée électorale avec des indicateurs économiques en légère amélioration, mais des défis structurels persistants. Le déficit budgétaire, bien qu’en recul, reste dépendant de facteurs externes, tandis que la participation des femmes à la vie politique progresse sans encore transformer en profondeur les équilibres de pouvoir. La présence d’observateurs internationaux souligne l’importance de ce scrutin pour la crédibilité du pays sur la scène régionale et internationale.
Les résultats, attendus dans les prochains jours, devraient donner des indications sur la capacité du prochain gouvernement à répondre aux attentes économiques et sociales des Marocains, dans un contexte marqué par des tensions géopolitiques et des incertitudes climatiques.