Maroc : crédit bancaire, équitation et formation gouvernementale, les signaux économiques du 12 octobre
Le crédit à l'équipement porte la croissance bancaire marocaine, l'équipe nationale d'équitation vice-championne de la Coupe des Nations, et Fatima Ezzahra El Mansouri finalise son gouvernement. Les enjeux du jour.
Le crédit bancaire marocain change de visage
À fin juin 2026, l’encours des crédits bancaires au Maroc a atteint 1.301,8 milliards de dirhams, en hausse de 127,5 milliards sur un an. Mais c’est la répartition de cette croissance qui retient l’attention : près des deux tiers des nouveaux financements ont été absorbés par le crédit à l’équipement, selon les données de Bank Al-Maghrib. L’immobilier et la consommation, traditionnellement moteurs de la demande, ont cédé du terrain face à cette dynamique industrielle.
Cette évolution reflète une conjoncture où les entreprises marocaines, encouragées par des dispositifs publics comme le plan d’accélération industrielle, investissent dans la modernisation de leurs outils de production. Les secteurs de l’automobile, de l’aéronautique et des énergies renouvelables, en particulier, tirent cette demande. Pour les banques, ce basculement représente un défi : les prêts à l’équipement, souvent assortis de garanties publiques, sont moins rémunérateurs que les crédits immobiliers, mais ils s’inscrivent dans une logique de long terme.
Reste à savoir si cette tendance résistera à un environnement économique encore marqué par des taux d’intérêt élevés et une inflation persistante, même atténuée. Les prochains mois diront si cette réorientation sectorielle du crédit annonce une transformation durable de l’économie marocaine, ou si elle n’est qu’un ajustement conjoncturel.
L’équitation marocaine brille à Rabat
L’équipe nationale de saut d’obstacles a décroché la deuxième place de la Coupe des Nations 2026, lors de la deuxième étape du Morocco Royal Tour organisée à Rabat sous le haut patronage du roi Mohammed VI. Cette performance, obtenue dans la catégorie quatre étoiles (CSIO4*-W), confirme la montée en puissance du Maroc dans une discipline où l’Europe domine traditionnellement.
Le résultat est d’autant plus remarquable que la compétition, disputée sur des obstacles de 1,50 mètre, a vu s’affronter des nations comme la France, l’Allemagne et la Belgique, toutes à égalité de points avant un barrage décisif. Si la France a finalement remporté l’épreuve, le Maroc a devancé des adversaires historiques, s’imposant comme un acteur crédible sur la scène équestre internationale.
Cette victoire s’inscrit dans une stratégie plus large de développement des sports équestres, portée par la Fédération royale marocaine d’équitation et soutenue par des infrastructures de classe mondiale, comme le Royal Complexe des sports équestres de Dar Essalam. Alors que le pays mise sur le tourisme sportif pour diversifier son économie, des événements comme le Morocco Royal Tour servent à la fois de vitrine et de levier pour attirer des investissements dans ce secteur.
Formation gouvernementale : l’Union constitutionnelle choisit le soutien sans participation
La formation du gouvernement marocain entre dans sa phase finale. Selon des sources proches du dossier, Fatima Ezzahra El Mansouri, cheffe du gouvernement désignée, aurait transmis samedi 10 octobre la liste de son équipe au Cabinet royal, en vue de son approbation par le roi. Cette coalition s’appuierait sur une alliance entre le Parti authenticité et modernité (PAM), l’Istiqlal, l’Union socialiste des forces populaires (USFP) et le Parti du progrès et du socialisme (PPS), réunissant 207 sièges sur 395 à la Chambre des représentants.
L’Union constitutionnelle (UC), qui dispose de 32 sièges, a opté pour un soutien sans participation, une décision qui pourrait compliquer la gouvernance. Son secrétaire général, Mohamed Sajid, a justifié ce choix par la volonté de « préserver une marge de manœuvre critique » face à un exécutif dont le programme reste à préciser. Le Mouvement populaire (MP), avec ses 15 sièges, n’a pas encore arrêté sa position, tandis que le Parti du mouvement démocratique et social (PMD) devrait rejoindre l’UC dans une opposition constructive.
Cette configuration politique, si elle est validée, dessinera un paysage parlementaire fragmenté, où la majorité devra composer avec des alliés exigeants et une opposition structurée. Les prochains jours seront cruciaux pour évaluer la capacité de ce gouvernement à mettre en œuvre les réformes promises, notamment en matière économique et sociale.