Grenoble teste le covoiturage organisé : un modèle pour désengorger les villes ?

À Grenoble, des lignes de covoiturage incitent les automobilistes à partager leurs trajets domicile-travail. Un système qui séduit, mais peine encore à changer les habitudes.

Grenoble teste le covoiturage organisé : un modèle pour désengorger les villes ?
Photo de Jonathan Sanchez sur Unsplash

La France expérimente, innove et parfois trébuche sur les chemins de la transition écologique. Ce mardi 22 septembre 2026, l’actualité dessine les contours d’une société en mouvement, où les solutions locales côtoient les tensions politiques et les défis industriels. Entre une métropole qui tente de réduire la place de la voiture, des dirigeants politiques confrontés à leurs propres vulnérabilités, et des géants médiatiques en pleine recomposition, la journée offre un panorama des forces qui façonnent le pays.

À Grenoble, le covoiturage s’organise en lignes régulières

Géraldine, conductrice pour M Covoit’, s’arrête à l’arrêt de Voiron-Champfeuillet, en Isère. Comme chaque matin, elle embarque des passagers pour un trajet vers Grenoble, suivant un itinéraire et des horaires prédéfinis – une sorte de bus improvisé, mais avec des voitures particulières. Lancé il y a deux ans par la métropole grenobloise, ce système de lignes de covoiturage vise à désengorger les routes et à réduire les émissions de CO₂ en incitant les automobilistes à partager leurs trajets domicile-travail.

Le principe est simple : des arrêts dédiés, des horaires fixes, et une application qui met en relation conducteurs et passagers. Les premiers résultats sont encourageants : selon les données de la métropole, près de 15 % des trajets effectués sur ces lignes sont désormais partagés, contre moins de 5 % avant le lancement du dispositif. « On a réussi à créer une habitude, mais on est encore loin du compte », reconnaît un responsable de la collectivité. Le covoiturage peine en effet à s’imposer comme une alternative crédible à la voiture individuelle : les usagers restent attachés à la flexibilité de leur véhicule, et les trajets partagés ne représentent qu’une infime partie des déplacements quotidiens.

Pourtant, l’expérience grenobloise intéresse au-delà des Alpes. Plusieurs métropoles, dont Lyon et Bordeaux, étudient la possibilité de dupliquer le modèle. « L’enjeu n’est pas seulement écologique, mais aussi social, explique un expert en mobilité urbaine. En zone périurbaine, où les transports en commun sont souvent absents, le covoiturage organisé peut être une solution pour les ménages modestes qui n’ont pas les moyens de se passer de leur voiture. » Reste à savoir si les incitations financières – comme les primes à la mobilité durable – suffiront à faire basculer les habitudes.


Rachida Dati face à un témoignage accablant

Le procès de Rachida Dati pour « corruption » a pris un tournant décisif ce lundi. L’ancienne ministre de la Justice et actuelle maire du 7ᵉ arrondissement de Paris est accusée d’avoir perçu 900 000 euros entre 2010 et 2012 de la part de l’alliance Renault-Nissan, alors dirigée par Carlos Ghosn. Selon l’accusation, ces versements auraient été effectués en échange de « services rendus » dans le cadre de ses fonctions publiques.

Ce mardi, un témoignage a particulièrement ébranlé la défense de l’élue. Un ancien collaborateur de Carlos Ghosn a affirmé devant le tribunal que les paiements étaient « explicitement liés » à des interventions de Rachida Dati en faveur de Renault-Nissan, notamment lors de négociations avec l’État français. « Elle nous a aidés à plusieurs reprises, et ces versements étaient la contrepartie », a-t-il déclaré, précisant que les sommes avaient été versées via une société écran basée au Luxembourg.

Rachida Dati, qui nie toute malversation, a réagi avec virulence. « Ces accusations sont grotesques et mensongères, a-t-elle déclaré à la sortie du tribunal. Je n’ai jamais mêlé mes fonctions publiques à des intérêts privés. » Son avocat a annoncé qu’il contesterait la validité du témoignage, soulignant que le témoin était lui-même visé par une enquête pour fraude fiscale.

Le procès, qui doit durer encore plusieurs semaines, s’inscrit dans un contexte politique tendu. Rachida Dati, figure des Républicains, est régulièrement citée comme une possible candidate à la présidentielle de 2027. Une condamnation, même avec sursis, pourrait compromettre ses ambitions.


Macron et Trump cherchent une issue à la crise pétrolière

À New York, où se tient l’Assemblée générale des Nations unies, Emmanuel Macron a rencontré Donald Trump pour évoquer la flambée des prix du pétrole. Depuis plusieurs semaines, les cours du baril atteignent des sommets inédits, alimentés par les tensions géopolitiques – notamment les frappes ukrainiennes sur des infrastructures russes et les attaques des Houthis dans le détroit de Bab Al-Mandab.

Le président français a proposé à son homologue américain un « moratoire » sur les frappes visant les infrastructures pétrolières, qu’elles soient ukrainiennes ou russes. « Il faut casser cette spirale qui alimente l’inflation et fragilise nos économies », a-t-il déclaré. Donald Trump, qui a récemment rétabli les sanctions contre l’Iran – accusé de soutenir les Houthis –, s’est montré ouvert à la discussion, tout en réaffirmant sa ligne dure : « Nous ne laisserons pas l’Iran dicter les prix du pétrole. »

La rencontre intervient alors que l’Europe, déjà fragilisée par la crise énergétique de 2022, voit ses coûts de production augmenter. En France, le gouvernement a autorisé ce mardi la vente de gazole « d’été » jusqu’au 15 novembre, repoussant de deux semaines l’obligation de commercialiser un carburant adapté aux basses températures. Une mesure exceptionnelle, justifiée par les « difficultés d’approvisionnement » et la crainte d’une pénurie.


Nicolas Mayer-Rossignol : la transparence comme arme politique

Diagnostiqué d’un cancer de la vessie, le maire socialiste de Rouen, Nicolas Mayer-Rossignol, a choisi de rendre publique sa maladie. À 49 ans, il rompt avec une tradition politique qui veut que les dirigeants cachent leurs vulnérabilités. « Je ne veux pas être un homme politique infaillible, a-t-il expliqué dans un entretien au Monde. Je veux montrer qu’on peut être malade et continuer à travailler, à se battre. »

Son annonce intervient à un moment charnière : alors que le Parti socialiste prépare sa primaire pour la présidentielle de 2027, Nicolas Mayer-Rossignol est régulièrement cité comme un possible recours face à la montée du Rassemblement national. « Sa transparence est un atout, estime un politologue. Elle humanise une fonction souvent perçue comme lointaine et technocratique. »

Pourtant, le pari est risqué. Dans un pays où la santé des dirigeants reste un sujet sensible – François Mitterrand avait caché son cancer pendant quatorze ans –, Nicolas Mayer-Rossignol s’expose à des critiques. Certains lui reprochent déjà de « politiser » sa maladie, tandis que d’autres saluent son courage. « Ce qui compte, c’est de continuer à servir les Rouennais, a-t-il répondu. Le reste, c’est du bruit. »


Ce qu’il faut retenir

La journée a été marquée par des initiatives concrètes, comme celle de Grenoble, qui montrent que la transition écologique passe aussi par des solutions locales et pragmatiques. Mais elle a aussi révélé les tensions qui traversent la société française : entre transparence et opacité en politique, entre dépendance pétrolière et nécessité de décarboner l’économie, entre justice et présomption d’innocence.

Demain, les regards se tourneront vers le procès de Rachida Dati, dont l’issue pourrait rebattre les cartes de la présidentielle, et vers les suites de la rencontre Macron-Trump, alors que les prix du pétrole continuent de peser sur le pouvoir d’achat. Une chose est sûre : les défis de 2026 ne se résoudront pas en un jour.