Football africain : les clubs marocains à l'assaut du continent

L'AS FAR prend une option sur la finale de la Ligue des champions CAF. En Botola, le choc MAS-WAC promet une lutte acharnée pour le titre.

Football africain : les clubs marocains à l'assaut du continent
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Revue de presse du 12 avril 2026
Dernière mise à jour : 08:19

Le football marocain vit une semaine qui compte. Pendant que le pays prépare le Mondial 2026 à grands coups de chantiers pharaoniques, ce sont ses clubs qui rappellent une évidence : la puissance sportive du Royaume ne se mesure pas qu'en stades neufs. Elle se construit sur le terrain, match après match, en Afrique et à domicile.

L'AS FAR frappe fort : pourquoi cette demi-finale change la donne ?

Deux buts, zéro concédé, et une demi-finale aller maîtrisée de bout en bout. L'AS FAR a livré samedi au stade Moulay Abdellah de Rabat une prestation qui fait plus que rassurer — elle pose les bases d'une qualification pour la finale de la Ligue des champions de la CAF.

Face à la Renaissance de Berkane, les Militaires n'ont pas tremblé. Ahmed Hammoudane a ouvert le score à la 58e minute, Khalid Ait Ourkhane a scellé le sort de la rencontre à la 80e. Le scénario est presque trop propre pour du football africain, souvent imprévisible à ce stade de la compétition.

Reste le match retour, prévu le 18 avril à Berkane. L'avantage est confortable, mais pas définitif. Le football continental a cette habitude cruelle de retourner les certitudes en 90 minutes. L'AS FAR le sait. Le piège serait de croire que c'est joué.

Ce qui frappe, c'est la dimension symbolique : un club marocain aux portes de la finale de la plus prestigieuse compétition africaine de clubs, au moment même où le Maroc s'apprête à co-organiser la Coupe du monde. La vitrine ne pouvait pas mieux tomber.

MAS-WAC ce dimanche : le match qui peut redistribuer la Botola

Pendant que les projecteurs se braquent sur la scène africaine, la Botola Pro D1 prépare son propre spectacle. Ce dimanche soir à 20h, le Grand stade de Fès accueille un choc qui pèse lourd : MAS contre WAC, match en retard de la 12e journée.

Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Au classement, le Wydad partage la tête avec l'AS FAR et le Raja à 30 points. Le MAS de Fès suit à 28 points, quatrième. Autrement dit : une victoire des locaux et tout se resserre au sommet.

Pour le WAC, la situation est moins confortable qu'il n'y paraît. Deux résultats ratés lors de ses derniers matchs de mise à jour — défaite face au FUS à l'extérieur, nul contre le DHJ à domicile — ont laissé des traces. Le club casablancais, habitué à dominer, traverse une phase de turbulences que ses supporters ne goûtent guère.

Le MAS, à l'inverse, surfe sur une demi-saison convaincante. Jouer à domicile à Fès, devant un public acquis, face à un adversaire en méforme : les Fassis ont rarement eu une meilleure occasion de bousculer la hiérarchie.

Le football marocain occupe-t-il vraiment le terrain en Afrique ?

La concomitance est saisissante. L'AS FAR en demi-finale de la Ligue des champions, l'Olympique de Safi en demi-finale de la Coupe de la CAF — deux clubs marocains au dernier carré des deux compétitions continentales majeures. C'est un fait rare, qui mérite qu'on s'y arrête.

Cette présence simultanée n'est pas un accident. Elle reflète une montée en puissance structurelle du football de clubs au Maroc, nourrie par des investissements croissants et une Botola de plus en plus compétitive. Le championnat national, longtemps considéré comme un cran en dessous de ses homologues nord-africains, produit désormais des équipes capables de rivaliser au sommet continental.

La question qui se pose maintenant est simple : le Maroc peut-il ramener un trophée continental cette saison ? L'AS FAR a les moyens d'y croire. Mais entre les moyens et le sacre, il y a encore deux matchs — et toute l'imprévisibilité du football africain.